Vienne, 19 novembre 1814 (F. 4. 4441 ad
Nota à HAGER (en français).
Bruits de départ de Gasticreagh et d'Alexandre. Diatribe de Kozlowski sur l'Autriche, Langenau, la Prusse et la Saxe ; ce qu'en dirait Napoléon. La retraite do HoumiantsofT et la situation faite à Nesselrode. Préparatifs militaires de la Prusse. Un mot du prince royal de Bavière.
On parle de plus en plus du départ d'Alexandre, qui aurait lieu le 12 ou le 13 et de celui de lord Castlereagh^qui va avoir un vilain moment à passer avec le Parlement, qui le rend responsable de tout ce qui se passe et des difficultés actuelles.
Le prince Kozlowski a dit à ce propos, hier chez Narischkine, en s'adressant à moi : « Vous, messieurs les Autrichiens, vous commencez à être les plus difficiles. C'est votre Langenau qui, par haine personnelle contre les Prussiens, et parce qu'il s*agit de sa patrie, cherche à embrouiller les choses. 11 paraît qu'il cherche l'occasion de déployer ses talents et c'est pour se faire un grand nom^ qu'il brouille tout le monde et échauffe les têtes. >
1. La belle comtesse Laure de Fuchs, dont le salon était alors l'un des plus brillants et des plus recherchés de Vienne.
3. La duchesse ne se tint pas parole, puisque cinq ans plus tard elle épousa Schlulenbourg.
l'ouverture du congrès. — LA SAXE ET LA POLOGNE 561
Puis il dit au comte Golovkine (1). « Connaissez-vous le libelle Pretissen und Sachsen. On dit que c'est par le fameux avocat du roi de Saxe, traitre à la chose sacrée de l'Europe et surtout de l'Allemagne. »
Comme j'essayais de calmer le prince, il me dit : « Je souhaite que vous, les Autrichiens, vous n'ayez pas à vous en re. pentir. Je donnerais quelque chose pour entendre à présent Napoléon donner son opinion. Il a eu raison de dire : €Tai tel' lement embrouillé les choses que je suis curieux de voir com^ ment ils s'arrangeront. »
Un peu plus tard, comme on parlait de la retraite de Roumiantsoff (2;, Golovkine a dit en français à Kozlowski : € Ce n'est pas Nesselrode qui a pris la place de Roumiantsoff, c'est l'Empereur lui-même qxii fait tout ; il est capitaine étant ministre de la Guerre, ministre des Affaires Etrangères ; Nesselrode n'est que son secrétaire privé ».
Des discours tenus dans l'entourage du roi de Prusse par le lieutenant-colonel Thiele, chef du bureau militaire, et le major Hedemann, il résulte manifestement qu'ils considèrent la rupture avec l'Autriche comme inévitable et qu'on prend en secret, en Prusse, des mesures pour s'y préparer. Mais l'opinion publique, et même celle de l'armée, y est nettement opposée.
En visitant hier le bureau topographique, le prince royal de Bavière n'a pu s'empêcher de donner le conseil d'envoyer des officiers faire des levés en territoire russe.