Vienne, 10 février IBIS (F. î, WS.itî ad
Nota à II.A.GKR (en fronçais)
Bties dires d'Anslcll sur .ilcxandre. Los prcfjeli de constilulion | Pologno <l l'Allemagne. Son jugement sur Sleio, l'Autricha, Uell GenU et Mural).
Anstett m'a allirraé et prouvé que, quoi qu'on en ait i p malgré le mot de Talleyrand à l'empereur Françoia ■ « C'était là une nouvelle manière de faire la guerre », fpereur Alexandre n'a jamais eu l'idée de presser sur le l4a change aulricliicn.
Anstett a tous ces jours derniers travaillé à la rédaet ria Constitution de la Pologne, dont les bases lui avais [ fournies par Czartoryski et l'empereur Alexandre, 1 l'a remise hier et avec lequel il l'a discutée pendant I heures sans qu'on j eût changé un seul mot,
. Ivord Cnstlcrcagli quitta Vienne le mercredi 15 au matin
Anstett m'a ajouté que si on voulait le charger, lui et Stein, de rédiger une constitution pour TAlleniagne, ce serait fait en peu de temps et à la satisfaction de tous.
Mais l'Autriche a horreur de Stein qui est cependant, d'après le dire d*Anstett, le plus honnête et le plus désintéressé, le plus remarquable et le plus savant des hommes d'Etat.
J'ai contesté ces allégations afin de faire parler Anstett et aussi parce que je sais que ces deux hommes, ennemis déclarés de rAutriche,nele sont devenus à ce point que parce qu'on a froissé leur amour-propre et plus encore par haine personnelle contre Metternich et surtout contre Gentz.
Anstett parle peu du Congrès et c'est aujourd'hui seulement qu'il m'a dit : « Eh bien 1 On ne tardera plus beaucoup à voir si vous tenez toujours tant pour votre Murât ».
1636. Vienoe, 16 février 1815 (F. 2. 498.400 ad. 2).
Plaintes contre la société viennoise. Alexandre, l'Empereur François et Metternich. Alexandre et la comtesse Wrbna.
Le comte de Rechberg, le baron Spaen, le comte Rossi, la princesse d'Isenburg, et pas mal de petites légations au Congrès ainsi que nombre de solliciteurs au Congrès se plaignent du manque de prévenances des grandes maisons viennoiseSydont bien peu font quelques frais pour eux et leur ouvrent leurs portes.
D'après eux € Metternich ne reçoit que des élégantes et des incroyables ».
On affirme que l'Empereur Alexandre aencore dit ces jours-ci : « Je n'ai aucun ressentiment, ni contre l'Empereur, ni contre « la maison d'Autriche. Ma haine est personnelle et rien que « contre Metternich. »
Hier samedi, au souper chez Charles Zichy, Alexandre et 'a comtesse Wrbna-Kageneck ont discuté la question de savoir *^*il fallait plus de temps à sa toilette à un homme ou à une femme, et pour s'en assurer ils ont fait un pari et se sont retirés pour se déshabiller.
La comtesse Wrbna a gagné le pari.
Pendant ce temps le reste de la Société, qui devait juger I « chose, en a profité pour revêtir de vieux costumes allemandet Alexandre s'est énormément amusé de cette idée et dj cette farce.
1637. Vienne, 16 février 1815 (F. 2. 498 ad. 3).
Nota à HAGER (en français).
Alexandre et le roi de Prusse jugés par les aecréUires de l'ambassade de France.
Quand Alexandre arriva à Vienne, on le regarda d'abord avec admiration. Petit à petit on s'habitua à le voir. On K connut mieux et bientôt on oublia le Monarque pour ne plus voir qu'un homme soumis à ses passions, et quand il partira devienne, ce seront surtout les filles de joie qui le reg^etteroQ^
Quant au roi de Prusse, on le plaignait dans le principe et les Autrichiens avaient effacé de leurs cœurs cette haine iDnét> contre les Prussiens et la pitié avait pris sa place. Vu de près. on ne reconnut plus en lui qu'un hypocrite et dans ses sujets que des fanfarons.
Voilà ce que les deux souverains ont gagné à se faire voir de près.
1638. Vienne. 14 février 1815 (F. 2. 498.406 ad. 2)
ZERBONI di SPOSETTI au Landrath RAVIDOFF (à Trebnit/
(analyse).
Les grandes affaires sont arrangées. On ne tardera pas à organiser
les districts cédés à la Prusse.
Il lui confirme l'arrangement des grandes affaires et espère qu'on va pouvoir procéder à loccupation et à Torganisation des districts polonais attribués à la Prusse.
1639. Vienne, 18 février 1815 (F. 2. 498.412 ad 2).
HAGER à rEMPEREUR
Bordereau et rapport journalier du 18 février.
II lui transmet entre autres pièces interceptées : 1* Un chiffon (en date de Vienne, 11 février) du comte Solms à Stein, auquel il adresse des observations et des critiques sur le projet prussien de Constitution de TAUemagne. i Le chiffon suivant en date de Vienne le 15 février 1815.
1640. Vienne, 15 février 1815.
Général RICARD (1) à X... (2) (Chiffon),
Je rouvre mes lettres pour prévenir Votre Excellence que M. Bresson, informé que le moment est venu de redoubler d efforts et d'activité, est convaincu, d'après les nombreuses f^onférences qu*il a eues avec les ministres de Prusse et de Hussie, que les Souverains ne voulaient admettre aucune dis- 'ussion pour les droits des dotés en Pologne, « ce qui les mè- Q&rait, disent-ils, trop loin », mais sont cependant disposés à accorder quelques exceptions.
1. • Le général Ricard vous est envoyé, écrivait Jaucourt à Talleyrand, le
* février (Cf. CorrespondAUce, page 179) non pour ce qu'il vous dira, mais P-mrce qu'il ne vous dira point. » Cf. Talleyrand au Roi, Vienne, 8 février, l^péchc n» 26 à propos de l'arrivée du général à Vienne et dépêche n* 32 bis '^u '* mars relative au départ de Ricard et aux réponses qu'il avait faites « aux Souverains et aux Ministres sur la situation de la France et en parti-
• Mlicr de l'armée ». Cf. pour la mission de Ricard, Jaucourt à Talleyrand, Oand. 4 avril {Correspondance, page 263).
Ricard (Ëtienne-Pierre-Sylvestre) (1771-1843), engagé volontaire lors de la '«.'voiation, aide de camp de Soult, général de brigade en 1806, se distingua ** Wagram, la Moskowa, Liîtzen et Montmirail. Rallié aux Bourbons, il con- "^illa pendant son séjour à Vienne de former, pour arrétsr Napoléon,un camp '^ observation dont les soldats furent les premiers à se rallier à l'Empereur. n *c rendit de Vienne à Gand et prit sa retraite pour raisons de santé en
'• Probablement Jaucourt.
, DESSOUS DU C0NGBÈ3 DE VIENNE ne. « tivrior ISIB (K. 1. «8J1S ad î). RA.TOBT à HAGER
Surveillance de Lti\veilhiFlni.
Lôweabielm continue à consacrer la plus grande part son temps à la Werzer, qui a couché chez lui le 15.
1642. Vienne, Ifl février ISIS |K. t. 108.41! ad 3>.
Rapi-obt à HAGER
SurvcilUnce de Dalberg.
Dalber^ est venu aujourd'hui à Schônbriinn avec le mai ^tte Brignole pour rendre visite à sa belle-mère sériauM Imalade.
Vienne, 17 février IBlï (F. 3. tlS.tllad 3).
WEYLAND à HAGER (en français)-
Survoillanoe de Marie -Loniïe,
Marie-Louise a reçu aujourd'hui la visite de l'Archidai [ latia, du duc de Dalberg et du prince Antoine de T 1 Palatin va partir pour Bude où la grande -duchesse Catfa I doit aller passer queltiues jours,
Marie-Louise s'est promenée dans le jardin à 2 hetii l 4 heures, Dalberg est revenu avec deux secrétaires ( t dépouillé les papiers apportés de Paris par Montesquioa 1 ^ont surtout Irait à des comptes relevant les sommes que a jXiOuise a déjà reçues et celles qui lui resleni î'i recevoi Btravaîl dura jusqu'à 6 heures, heure à laquelle Dalberg i l tvec ses secrétaires, A 7 heures, on se mit îi dîner, auquel lièrent M"" de Montesquieu, son lils, M"'Hurault, M"" ~" l«t Ménpval. Après dîner, Marie-Louise resta quelque I ' dans sa chambre h coucher avec M°" Hurault.
LES QUESTll1>S DR SAXE ET DE POLOGNE
Vienne, 17 férrint 1815 (F. 3. 488.412 ad 3).
GŒHAUSEN à HAGER
DifScullis Icrritodales avec la Bavière. Lua causes de la disgrAce de Slein.
On prétend que la Bavière fait des dil'ficultés. En échange de urgetde rinnviertel,elle veut des iodemnités sérieuses, it si on attribue Deux-Ponls au prince Eugène. Tel serait au.ssi l'avis d'Alexandre et ce serait aussi la cause b dis^àcc de Stein, qui lui aurait dit le 15 : « Qu'il se ibonorerait et se donnerait âlui'itiéme un démenti eo proeant un membre de la famille de Napoléon et en lui obteit un établissement en Allemagne. »
nnc, n février 1S15 (F. S, 498.412 ad î).
Nota k HAGER (en français).
Cest à présent que le prince Eugène espère plus que jamais une partie de l'Italie. 11 est gai et de très bonne
M. d'Amay dit que la Bavière ne veut pas céder le Salzbourg fÂntriche sans une compensation qu'on est fort embarrassé ■r Inî procurer et que par conséquent on ne pourrait lui ôter nx-Ponts, car on n'aurait pas de quoi la dédommager de Ue perte ; Que le prince Eugène doit avoir une principauté, roa la lui a promise et l'Empereur Alexandre le veut, et • se pouvBDt pas obtenir Deus-Ponts qu'on ne peut détair de U Bavière, on ne voit d'autres moyens de le satisfaire Ibde lui donner une souveraineté en Italie. Au reste, d'Ary affirme que les points principaux du Congrès sont arrangés qu'au commencement du mois de mars les souverains par-
A regard de Naples il dit qu'il parait y avoir une rupture le Pape ; que celui-ci semble disposé à aller en France, qœ ce pourrait être pour le sacre de Louis XVIll.
Le général d'Ambrosio se moque de la rupture de son roi avec le Pape. Il dit qixon n'a pas peur de rien, que rAutriche ne démentira pas sa loyauté et que les autres Puissances ne pourraient faire que des efforts inutiles, car Murât a assez de forces pour résister.
1646. Vienne, 17 février 1815 (F. 2. 498.412 ad 2).
FREDDI à HAGER (en français) (Rapport de chez le Nonce). Les députés de Lucques chez le Nonce. La restitution des Légations au Pape
Les trois députés de Lucques(l) ont été hier chez le Nonce. Il leur annonça avec une joie apparente la nouvelle que les trois Légations seraient incessamment rendues au Pape.
« Nous devons beaucoup, leur dit-il, au sublime dévouement manifesté en faveur du Saint-Père par l'Empereur Alexandre et par les Souverains protestants. Ce sera une époque, que le pinceau de l'histoire consacrera dans les Annales de ce fameux Congrès, que de voir les droits du pape appuyés par les hérétiques contre les desseins avides et ambitieux de ceux qui devraient en être les plus zélés défenseurs (2).
1647. Vienne, 16 février 1815, soir (F. 3. 498.412 ad 2).
@© à HAGER (en français) (Analyse).
Bruits relatifs aux cessions de la Bavière à l'Autriche, à celle de Fulda à la Bavière qid obtiendrait en outre Ulm et la rive droite du Danube jusqu'au lac de Constance et renoncerait à Mayence, si cette ville devenait place fédérale (d'après une lettre du comte de Rechberg à Tagent, jointe au rapport fait à Hager).