‹ Les dessous du Congrés de VienneChapitre 44 sur 171 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Le vol de l'aigte. Du golfe Jouan à l'acte final du Congrès.

1821. Vienoe, 9 mars 181S (K. I. ISe-MOad 2).

HAGER à l'EMPEnEUR Bordereau et rapport journalier du 9 mars 1813.

laZZ. Vienne, S mars 1815 {F. 2. i99.SD0 aJ !).

GŒHAUSEN h IIAGEH

L'évasion de l'Empereur ignorée à Schœnbrunn le T.

La nouvelle du départ de Napoléon n'était pas parvenue jusqu'à Schœnbrunn, où Montesquiou, Méneval. Mihaud (!) Foresl,ier(l)s'amusèrent àfairedea couplets et de mauvais v< sur le Congrès.

1833. Vienne. 8 mar» 1815 < F. 2. iB9.nt9 «dï).

Rafi>oht à HAGEH

Surveillance du priuce Eugène.

Le prince Eugène continue k se promener avec l'Etnperet Alexandre de midi à deux heures.

1 SocréUirfîile Marie-Loiii du Riiime genre, peu l ttrs ei ■ Diuur chei Laurefla

unejnm!.,. k Leipzig, i

DU GOLFE JOUAN A l'aCTB FINAL DU CONGRÈS 297

1824. Vienne, 8 mars 1815 (F. 2. 499.1139 ad 2).

WEYLAND à HAGER

La nouvelle du départ de Napoléon arrive à Schœnbrunn.

On vient seulement d'apprendre maintenant à Schœnbrunn le départ de Napoléon de Tîle d'Elbe.

SCHOSALAN à HAGER

La visite de Talleyrand au roi de Saxe. Son indifférence affectée devant le monde à la nouvelle de l'évasion de Napoléon et la colère de Noailles.

Talleyrand avance d'un jour sa visite au roi de Saxe et doit partir pour Presbourg le 8 au soir.

La nouvelle de la fuite de Napoléon n*a pas eu Fair de lui causer la moindre émotion tant qu'il a été dans le monde. II n'en a pas été de même lors de son retour chez lui.

Noailles a fait une sortie violente contre les Anglais.

1826. Vienne, 8 mars 1815 (F. 2. 499.590 ad 2).

0 0 à HAGER (en français).

On i^ore encore la direction prise par Napoléon. Projets qu'on lui prête. Mécontentement général contre les Anglais. Mesures auxquelles on songe. La mise hors la loi de Napoléon et le partage éventuel de la France.

On ignore toujours où Napoléon a débarqué. Il en est qui cpoyent à Toulon. Ce qui parait certain, c'est que ses plans ne ^ni pas petits et qu*il compte sur des soutiens, des ressources ^t sur l'attachement de Tarmée à sa personne. D'autres crojent qu'il s'est dirigé vers Tltalie où il y a un si grand nombre de mécontents.

Tous sont furieux contre les Anglais, auxquels sa garde était coaBée et qui sont impardonnables d'avoir été si négligents. Beaucoup de genscroyent déjà Napoléon sur le trône de France et prédisent un bouleversement général. Tout le monde dit

1831. Vienna, 8 mai'S 1S15 (F. ;. <99.590 a.l ï

NoT.v à IIAGKR (en françaÎB).

Appriciations

i RuITq i^t iV

I d'Ilalie. Lei

! sur l'évasioD Je Napoléon. Ce que Talleyrand cl ndre. L'Etal de l'tlalie, la recoiisttlution du Tofi iL do popularité de Betlegarde.

Cet événement, qui prouve évidemment que la Provide a voulu réparer les méprises des hommes les plus haut plafl occupe tout le monde. Fort peu de gens sont de mon a Quand j'ai appris la nouvelle, je me suis écrié : < Vive E nous sommes sauvés ! ■

J'ai su depuis que Ruffo pensait comme moi et regard chose comme très favorable à la bonne cause. Il m'a dit Talleyraod, avec lequel il avait passé quatre heures hier, o» avait pas paru du tout décontenancé. Au contraire, il était gai et répétait à tout instant : «c J'ignore où il compte B mais certainement pas en France. Chei nous, c'est fini. H est rendu impossible et n'a plus rien à v faire. »

Hier soir, Tulleyrand a été k la Cour et a causé longtel avec Alexandre et le roi de Prusse. Une dame l'a eat« elle-même dire, comme il lui fallait élever la voix pour faire entendre par l'Empereur de Russie ; « Voilà ce que é que les discussions inutiles et la lenteur du Congrès. »

Mais le public ne voit pas la chose d'une manière i rante. A ce que j'en puis savoir dans le peu de temps s'est passé depuis l'arrivée du courrier et la diffîusioa dt nouvelle, le public en est très agité. On craint que Nap<di .■lit des intelligences en France, en Lombardie et avec Moi Il est vrai que sa direction vers le nord indique plutAti vues sur la France ou la Lombardie que sur Nnpios. Mu> pourraient, dit-on, être d'accord et que Bonaparte essayU faire insurger l'Italie supérieure dans le temps que Ml avancerait de son calé.

Tout cela me parait un rêve et je parierais ma tète i Napoléon ne réu-ssira pas à réunir un corps de 13.000 homi armés dans toute l'Italie Supérieure en dépit du mécoDtei ment qu'on y a laissé naître. Heureu^iemeiit pour totti monde, la nouvelle, que Sa Majesté va proclamer Je Rofai

DU GOLFE JOUAN A l'aCTB FINAL DU CONGRÈS 301

d^Italie (1) et conservera à Tltalie un Tribunal Suprême, diminaera le nombre des partisans de Napoléon.

Il faut encore ajouter que le 19 au soir, Béllegarde, ayant paru au grand théâtre, y a été reçu avec des applaudissements réitérés. On en attribue la cause aux manières du Maréchal et au brait qui s'est répandu à Milan qu'il avait appuyé le désir des Italiens d'avoir un tribunal suprême chez eux auprès de notre Cour et à l'idée qu^on avait généralement adoptée que le Maréchal fût en tout favorable aux justes demandes de cette population. Tout ceci doit détourner les plus exaltés qui pourraient prendre du courage par l'arrivée sur le continent de leur Dieu protecteur.

1832. Vienne, 10 mars 1815 (F. 2. 499.1139 ad 2).

HAGER à lEMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 10 mars 1815.

11 lui signale la correspondance secrète de Lucchesini (2) qui se sert à cet effet du nom de son secrétaire Schiazzi et une lettre interceptée adressée à Saint-Marsan et établissant qu'on connaissait dès le 2 mars à Gênes la nouvelle de la fuite de Napoléon.

1833. Vienne, 10 mai 1815 (F. 2. 499.1139 ad 2).

Rapport à HAGER et HAGER à TEMPEREUR

Intercepta des lettres apportées à divers diplomates par un courrier anglais. Liste des plis et paquets remis par courrier

t. Ce fut en effet le 7 avril que fut signé et promulgué Tédit qui érigea le 'oyturae Lombard- Vénitien et annexa les provinces italiennes à la monarchie autrichienne.

2. Pour Lucchesini, Cf. Jaucourt à Talleyrand, Paris, 2 février 1815 (Jau- '^«''»T,Corref/>Oftdance,p.l88 et la Garde Chambonas, Souvenirs du Congrès de ^'•««ii€, p. 86-87). Fils du marquis Lucchesini, l'ancien ministre de Prusse à Paris, distmgué par Elisa Bacciochi qui avait fait de lui son « grand *cuyer • puis son favori et, dit-on, son amant, le comte Lucchesini était venu « Vienne pour se concerter avec Aldini sur les réclamations que la grandertvichcsse comptait faire valoir sur la' Toscane et sur la principauté de I-ucqucs.

anglais et destinés à Canning, Clancartj, Cathcart, Munster, GentZy Stackelberg, Nesselrode, Nagent^ Palmella et Sidney- Smith, plus divers intercepta du 8 mars provenant de chez Stewart^ Nesselrode, Bethusy et la Tour du Pin.

18S4. Vienne, 9 mars 1815 (F. 3. 199.1139 ad 2).

Rapport à HAGER

Surveillance du grand-duc de Bade.

Le grand-duc de Bade a passé toute la soirée du 8 en compagnie des princes de Hesse-Darmstadt et de Hesse-Hombourg chez M"* Morel.

1835. Vienne, 9 inars 4815 (F. 3. 499.1139 ad 9)

Rapport à HAGER Surveillance de Loe>vcnhielm

Lœwenhielm est allé chez la Werzer les 5, 6 et 7 mars.

183 3. Vienne, 9 mars 1815 (F. 2. 499.1139 ad. 2).

©©à HAGER (en français) (analyse).

Remarques au sujet du prince Eugène et de Talleyrand.

Un mot de Noailles.

11 lui fait remarquer à propos de l'évasion de Napoléon que le Prince Eugène n'est pas venu la veille (le 8) à la Cour et que Talleyrand faisait une vilaine grimace.

Quant à Noailles il a dit : « C'est ce qui pouvait arriver de plus heureux. A présent voilà Bonaparte hors la loi ».

BU GOLFB JOUAN A l'aCTE FINAL DU CONGRÈS 303

1837. Vienne, 9 mars 1845 (F. 2. 499. 1139 ad 2).

GCEHAUSEN à HAGER

La nouvelle du départ de Napoléon apportée le 8, au matfn, à Schœnbrûnn par Montesquiou. L'attitude de Marie-Louise. Les ordres qu'elle donne. Bruit du départ prochain de Méneval.

Le jeune Montesquiou est celui qui, hier 8, à 9 heures du matin^a été le premier à apporter à sa mère à Schœnbrûnn la nouvelle de l'évasion de Napoléon. M"^ d^ Montesquiou a aussitôt porté la nouvelle à Marie-Louise qui l'écouta et apprit la chose sans mot dire et sans marquer la moindre émotion.

Marie-Louise rentra alors dans sa chambre et j pleura si fort qu'on l'entendit jusque dans l'antichambre. Elle en sortit un peu plus tard et (it défendre aux domestiques, ainsi qu au cocher qui conduit généralement Neipperg en ville^ de souffler mot de ce qu*on venait d'apprendre.

Montesquiou a raconté que Napoléon s'est échappé de Tile d'Elbe dans la nuit du 24 février, que les Anglais ne se sont aperçus de son évasion que le 26(1), enfin qu'on prétendait qu'il faisait voile pour l'Amérique, suivi par la plus grande partie, mais non pas par la totalité des soldats de sa Garde.

Marie- Louise s'est rendue à midi en ville à la Burg. Elle en revint à 2 heures, fît ensuite une longue promenade dans le • jardin avec M»* de Montesquiou et M"* Hurault et dîna vers sept heures avec ces deux dames. A 9 heures 1/2, Marie- Louise s'est retirée dans sa chambre à coucher avec M"* Hurault et n'en n'est plus sortie.

On dit que Méneval (2) ne tardera pas à être remplacé auprès de Marie-Louise par le baron Mihaud.

1838* Vienne, 9 mars 1815 (F. 3. 499.1139 ad 2).

Nota à HAGER (en français).

La joie des gens de Marie-Louise et de Talleyrand. Le prince Eugène voudrait pouvoir partir. M*** de Montesquiou et les critiques que lui inspire la conduite de Marie^Louise.

Les gens de Marie-Louise se conduisent déjà fort mal et ne

1. Ce fut dans la nuit du 26 que l'Empereur quitta Tllc d'Elbe et Camptell o'arriva à Porto-Ferrajo que le 28 au matin (Cf. Marcbllin Pbllbt. Napoléon à Vile d'Elbe, Le journal du Marchand d*huiles, pages 167-169).

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