‹ Les dessous du Congrés de VienneChapitre 82 sur 171 · Londres, 7 avril >81S (F. 9. 501.1709 ad · texte numérisé non relu

Londres, 7 avril >81S (F. 9. 501.1709 ad

l.IEVEN à NESSELRODE (/n/erce;5/a) (en français).

>ngiai>

»ngU«.

La duchesse d'Orléans a fait iosinuer ati MimsLère que duc demandait de revenir en Angleterre à bord d'un vaisseï anglais. Mais les ininistres anglais considèrent la présence i princes français sur le théâtre de?ï opérations comme si essen* (ielie au succès de leur cause, qu'une retraite du duc d'OrléaM en Angleterre ne pourrait faire qu'une impression très désaïM' tageuse tant en France que dans ce pays.

2191. Vienne. 13 avril 1815 (F, !. SOI.ITOB ad î).

SALMOUR à WESSNIG (I) (à Dresde} (analyse). \Soiis couvert Geradorffj (2) {Intercepla) (en français).

CondiLioiia mises parle Hoi de Saie a l'accepUtioii des propositiooi qui lui ont tlé failes.

II lui envoie le protocole de la séance du H miir9(3)îl ajoute : « On a décidé sur la eomraunicalion de la lettre M roi {de Saxe) par l'Autriclie que cette puissance se chargerai de solliciter une prompte décision finale pour, en cas d'oJM-

1. Pour iei lionneurs de ea table (celle du giniral de KhanibolT, de Ruiiie â Druadej il se faisait souvent aider en ISM, nous raconte 1c d valier de Cksbï (Souitfnin l,3S0), par M— de Wosïnig. femme d'iss|>ril.«i fort sur le retour et prisant sBiia ai-r^ler et Tort proprement du Ub« macouba. Elle cil Dlle du grand peintre Caaanova et nièce de l'ami do H quis d'Argens cl de CagliosLro. l'avi-nlurier Jean-Jacques Caaajiova.

M. de Wcuiiig. le mari.est un vifun chambellan du roi de Sue. Ci*; pavillon d'un Jardin appartenant h M. de Wcssnig que l'Empereur a dirigé la bataille de Dresde, cette immense victoire, dont Ja tr Leipzig lui a fait perdre tout le fruit.

î. Je ue peux cruire qu'il s'agisse ici de Gersdorfl i Emrst-CtiriM guste.baron de) (1781-tBS3t, r.^présentant i Vienne du duc de Stxe-W^afl Charles -Auguste, puis minisire de Saie A Londres et i La Hoye.qui' la politique on 184».

J'incline au contraire A penaer que cet le missive a plutAt ilt adrciste le couverl du g*n*rnl de Gcrsdorff (17flS-lBî9) chef d'EUt-M^or da l"* ■Bionne de 1800 A 1BI3 et qui jusqu'au dernier moment resta Ûdtle 1 1' pereur el A la France.

S. Siancc t]ui eut lieu le lendemain de la visite faite au roi de SaieiP*** bourg par Mottornioh, Tnilejrand et Wellington,

nu GOLFE JOUAN A LACTC F1>AL DU CO>T,BK'^ SOI

, dc-lier le plus tôt possible les sujets et l'armée du ser-

,t de (idélîté el accéder ensuite à l'alliance générale contre poléon ( 1 ).

Majesté a donné sur cela une déclaration dernière où t se réserve quelques points, dont voici les plus impor-

,'un est de ne délier de ce serment de fidiMîté les Saxons turtout les Varsoviene, dont l'armée n'a pas encore voulu Met serment de lidélité h la Russie, qa'après avoir été réta-

i) Dresde. Je crois qu'on Unira par passer sur cet article. L'autre est plus diFficile, Le Roi veut se réserver ses droits intuels sur la partie cédée en cas d'événements futurs. Les nasiens ne pourront guère admettre cette restriction qui

le du louche et entretiendrait dans la nation un germe

ipoir de retour.

C'est à ces deux questions que lient le sort de la dynastie, les seront certainement dé(?idéc^ sous peu de jours. »

i92. VUnne, IS Hvnl IBIS (F. î. 501.9611 ad 3),

HAGEU à lEMPEIîEUH Bordereau et rapport journalier dQ 15 avril.

U avril

IKIii (F 1. ÏA1.S68

Rap

o.r à IIAGER

,niUl.l„,

d«l2.a..l,oh,.

Wolkonsky

Conférence par ordre d'Alexandre, le 12 au soir, cbez Wol- Dslty, où l'on ne s'occupe que de questions militaires,

u Cf. Protocole de In séance du 31 mars.

IQ- Note du comLc de Sohulenburg du 6 avril. RipooM de la Pmsse el liltuMie an data du 10. Les plèaipolcatiaire> des cinq PuiasaDoe* ue n^- ■divnl t ]■ Dole de Scbulenbur^ que le leodemain du juur uù Salmour

tUUIt cell« lettre, donc le 13.

'Maord provï*oirBa'it*bliL le 10 avril, rnsïs le traité de païi avec laPrutie lutit^é que lelS mai.

402 LES DESSOUS DU CONGRÈS DE VIK?l.Ve

2194. Vienne, 13 avril nii iF. 3, tOl.BSK ad 3).

Rapport à HAGKR Dépari le U du prince hérilier do HeaBO-Dormiitadt.

Le prince héritier de Hesse-Darmstadt est parti, le H 5 heures après-midi, après avoir pris congé la veille au soir la comtesse Walîenberg.

2195. Vienne, 13 uvril 1B1& (F. 1.S01.MR ad 3).

RAi-roBT à HAGER PrÉpai'alira do départ de Ualberg.

Dalberg semble se préparer à partir. Il a déjà fiût porter partie de ses effets chez la comtesse Schœnbora.

1, 13 HTril ISIS (F. 3. ïoi.ses ad 1).

FREDDI à HAGER (Rapport de chez le Nonce) (en françaifl)

Montrond s'est permis chez le Nonce des manifestati aettoment hostiles aux Bourbons. Il a déclaré c]ue la Pn n'en voulait absolument pas.

On a parlé également de la déclaration contre Murât i venait d'être publiée le 12 (^).

r U conduiLe du Uoi da Kl

DU GOLFE JOUâN A L^ACTE FINAL DU CONGRÈS 463

2197. Vienne, 13 avril 1815 (F. 2. 501.068 ad 2).

TALLEYRAND à CLANCARTY (Intercepta).

Ce qu'il serait utile de faire. Les projets du Roi. 11 serait sa^e d'agir avant le Champ de Mai.

La lettre de M. de Jaucourt, que vous avez bien voulu m'envoyer hier au soir (1), ne me porte pas à croire qu'il soit utile de mettre de l'intervalle entre ce que Ton dît et ce que Ton fait. Il serait plus avantageux de ne parler qu'au moment même où Ton agira.

M. de Jaucourt me mande de nouveau que la partie jeune de Tarmée est chancelante et que la disposition du Roi est de mettre le pied sur la terre française, dès que cela sera possible. 11 voudrait fort que l'on pût agir avant ce Champ de Mai dont il craint que Bonaparte ne tire parti en prenant les forces jacobines qui prédominent à cette époque et dont il saura se défaire plus tard. Avons-nous conférence aujourd'hui (2) ?

2198. Vienne, 16 avril 1815 (F. 2. 50L1741 ad 3).

HAGER à TEMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 16 avril.

Il lui mande que depuis quelques jours le prince de Parme n*est de nouveau accompagné dans ses promenades à Schônbrunn que par des domestiques français.

1. Il s'agit évidemment de la dépêche de Jaucourt du 0 avril, qui figure (iaoji les InUrcepiM de la veille et dont pour les raisons indiquées ci-dessus Qous n'avons fait que reproduire la première phrase. Pièce 2184.

2. Les Cinq tinrent séance le 13 et signèrent le 27* protocole et décidèrent d'envoyer le lendemain le prqjet de réponse aux notes du Roi de Saxe adopté dans cette séance.

LES DESSOUS DU CO.VGBès DE VIEXSE

1815 (F. î- Sflt.nd ad 31.

11 semble probable que Radzîwill partira le 15.

!200. V[eniic, U avril IBIS (F. 3. 50l.iîli eJ î).

RAPM.RT à HAGER Lb déiiarl de Wrede est Encore incorUin.

Rien de ùxé encore pour le départ de Wrede.

2201.' Vienne. U avril ISia (K. 2. SOI. 17*1 ad 3)

Nota à HAGKR (en français).

Cariiliiie Murât. Ses elTofU infrucliiouii pour ompiohcr le d*p«rl de Ml

RufTo a raconté hier au soir en ma présence chez l'andùi chessc Béatrice (1) que Caroline Murât a fait tout son possS pour empêcber le départ de Murât, mais que rien n'a pu ei cher le grand traître de suivre sa destinée.

avril 1815 (F. 2. 301.1741 u

S... a HAGER

La plupart des personnes qui iipprocbeot Marie.LouÏM* remarqué qu'elle est beaucoup plus triste et préoocapi*i]

1. Veuve de l'archiduc Perdiuand. gouverneur du MUanais.et l'Empereur François qui avail *pou»É aa fille Maria Ludovic».

DU GOLFE JOUA.N A LACTE) FI.NAL DU CONGRÈS 4li3

pw le passé. Sommer, l'un des conseiller de l'Ordre Teulonique, a eu l'occasion de s'entretenir avec elle ces jours derniers. Elle se plaignit delà sévérité et de l'injustice desjugements que les Viennois portaient sur elle. Elle dit qu'elle cherchait quel pouvait être le motif de cette animosité et combien elle voudrait au contraire leur faire connaître ses véritables sentiments.

On vint à parler de la France. Elle déclara qu'eu aucun cas (lie n'y retournerait et qu'elle aimerait mieux passer le reste it ses jours dans un couvent que vivre de nouveau avec Kapoléon.

Elle ajouta que son (ils était sa seule consolation; que rien ne serait plus cruel pour elle que de se voir obligée k se sépatti de lui, mais que pareille chose n'arriverait certainement tant qu'il serait conGé aux soins des femmes.

Vienne, 13 avril 1813 (F. 3. 601 .1741 ad 3).

LŒWENHIELM au colonel ACKERSTJELM (à Bruxelles) {inlercepla) [en suÉdoia),

Hwhe gtntraie vert la froolièrc française. On ne traitera pas avec ta France taal que Napoliou sera sur le trdDe.

Tout est en marche et Idans six semaines il y aura M.OOO hommes sur la frontière française. L'accord est cornai. S'il se maintient, on dictera de nouveau des lois à la tance. Mais si la coalition se dissout, la force, la trahison, 'immoralité subjugueront de nouveau l'Kurope. Mais oe qui «l certain, c'est qu'en aucun cas, on ne traitera avec Napo- Hon ou même avec la France, tant que la France le tolérem 4 le subira.

Vienne, 17 avril 1815 (F. 3. &03.I780 ad I). HAGER à l'EMPEREUR

Bordereau et rapport journalier du 17 avril. T. 11.

2205. Vienne, 15 «vril 1815 (F, 2. SOI. 1780 sd î).

Rapport à HAGER

Lb nouvoUi: llummc du grand-duc de Bado.

La Qouvelle flamme du grand-duc de Bade a nom Jo»epl Kronsteiner et est la liUe d'une marchande de citrons d'oranges, dont la boutique est à l'entrée du Gundelhof.

i If. :. soî.ngo Bd :).

. k n.UlER (en français).

Propos flatli porte BUr MaoBÏeur

rrs de l'Empereur Ale:(andrc lur les Viennois. JugemcDl ip' a coQduil« du duc de Berry, sur l'altitude cl loa prop« ' t dea èmigréa, cauae» des événements qui vienaonl d'irHver.

L'Empereur Alexandre, qui parcourt et fait parcourir loi» les coins de Vienne et des faubourgs, fit à son coucher un élog* flatteur des Autrichiens, parmi lesquels, dit-il, on peulMiD^leT incognito sans avoir rien à appréhender. Il a dit en hadinuiti lorsqu'il revint d'avoir été conduire son régiment aux lignes(l| que s'il n'étiût pas empereur de Russie, il n'ambitionDcni rien autre qu'une place de général en Autriche.

M. de Willie m'a dit que l'Empereur de Russie, dansa conversation qu'il eut avec Talleyrand, lui avait dit quel conduite du roi et du duc de Berry était au-dessus de l reproche, mais que celle de Monsieur et des autres prînow' la Maison royale, plus encore que celle des grands ém" était la cause des troubles qui valaient à l'Europe oett«> Telle secousse, que ces Messieurs avaient toujours marqaéM mépris impolitique envers les nouveaux dignitaires de I France, auxquels te roi avait sagement conservé et assuré k état; que le dnc de Gmmmont (i) avait dit à haute vois da l'antichambre du roi en présence des anciens maréctunzi

1. Lîgnea. On nppelail ainsi Ips anciennei btirières el lr« inci«nnr do l'octroi de Vienne. lïUe» n'ont disparu que depuis quelque! uit '"■*"■ > .. . . . imunc» Buburbainai.

Mnrie, duc de)iniSS-)gS8) EnU^f. r de France du 4 juin 181*.

DU GOLFE. JOUAN A l'aCTE FINAL DU CONGRÈS 467

des ministres de Bonaparte, que ces Messieurs jouiraient encore pendant une couple d'années du fruit de leurs rapines, mais qu'une fois le gouvernement bien établi, on les ferait rentrer dans le néant d'où ils n'étaient sortis que pour le malheur du monde. « Voilà, ajouta TEmpereur, ce qui fournit les aliments à Tespoir ambitieux de Napoléon et voilà la cause de la défection de Tarmée. »

L'empereur Alexandre fait partir pqur Francfort des affiliés en grand nombre qui sont chargés de se répandre dans les sociétés afin qu'il soit toujours au courant de tout ce qui se passe dans les lieux qu'occupe la Cour. Il espère que TËmpereur d'Autriche usera de la même précaution.

2207. Milan, 8 avril 1815 (F. 2. 502.1780 ad 2).

POLAKOWSKI (1) à OTT (Intercepta) ,en français),

NouveUes d'Italie. Les effectifs de l'armée napolitaine.

Les premières rencontres.

Nous sommes arrivés ici il y a quelques jours et nous partons demain pour le quartier général du baron Frimont qui est à Piadena sur l'Oglio.

Le Pape, la reine d'Etrurie^ la princesse de Galles sont à Gênes, le duc de Modène à Mantoue.

Les hostilités entre les Napolitains et les Autrichiens ont commencé le 30 à Cesena.

Masséna a toujours son quartier général à Marseille et ses soldats portent encore la cocarde blanche. Un corps de 6. 000 Marseillais royalistes s'est porté sur Gap.

L'armée de Murât est divisée en quatre colonnes, dont trois ont suivi la route des Marches et la quatrième, celle de Foligno. Il a à peu près 35 à 40.000 hommes, 25 canons, 11 obu-

1. Probablement le pseudonyme d'un ag^ent de Czarloryski. Dans un rapport du IS février (F. 2. 495.856 ad 3) il est question d'un certain individu &e faisant appeler PoUkowski qui aurait été chargé de répondre énergiquementi un article paru dans le Morning Chronicle el attribué À Jomini. D'après ce rapport, cette réponse aurait été écrite sous les yeux de Czartoryski par Szaniawski, un patriote polonais, grand ami de la vieille princesse Lubomirska, la tante de Czartoryski.

4ft8 LES DESSOUS DU CONGRES DE VrENMB

siers et un millier de chevaux. Le 3, il y a eu une alTairt^ conM le général Bianchi et le corps napolitain du général Filu gieri qui u été battu et tué. 200 hommes ont été f:ittspns0B

niers(l).

DALBEHG au Baron COTTA (2) Untercei>la) (sous couvej |baronne Lerchenreld} (3).

Sinsulitre apprécialioD lur la France eL lur Napoléon. Pourquoi U eat, iuAvitablc. Les Taules des Bourbons et les Chances du duc d'OrlJtU des JacoNne. Cumpuraisou enLro lea forças de Napoléon el Qelleidndi Il viendra plaider ea cause A Munioh. Un mot de l'impératrice d'Aolr

sur Montgelus.

J'ai tardé, mon cher baron, à répoudre fi votre lettre^ le contenu avait pourtant de l'intérêt pour nous. Les événeniM ont été tellement prompts que tout le monde en a été iUmri Mais je m'y suis attendu dès que Bonaparte a pu arriver Ji Lj% qu'il y avait réuni les premières troupes et que personaBO* osé s'y opposer.

Nous avons des nouvelles de France. C'est RobeapienC ceint d'un sabre et prêt à monter à cheval. Toute la n ' croyez-moi, le repousse. Mais l'armée est enragée. K.Ue esttt guée du repos. Elle veut la guerre, mais elle ne pourra f résister à l'union fpie présente l'iiurope. Les scènes, qui on représentent Mahomet k la tête d'une armée de fanali^ celles des gardes prétoriennes peuvent se renouveler. ■

1, Il s'agil lA du combal du Panaro du 4 iTril. qui se Irrmlna I l'Haï non pas dca Autrtctiiens, mais de Mural, Filanfieri, qui ne fut p*a UAV griévemonl blessé, ne communilail pas lei Nupolituios, maïs éloll wP' CBropdo JoachiiTKjui diriiçeaen personne le combat (Cl Whil /û«M(n«I '.a derniire ann^e de retint, tome III, pages SOfi-SKl.

1. ÇoUe vou Cotteudorr ( Jean- t'rédério, baron) il»t-lg3Z),l'ua dM H sealaDls dea libraires allemands au CoQ);rËs i^t le cheT ds la grand* ■■ de Stuttgart.

3, U l'agil vraisemblablement ici de la femme de Mii i iiiiilimi ITiiimW François, baron de Lerchcnfetit <tT7a-lSt3), ministre de Bavière «a Wl hBFg IlSOflj. Commissaire général é Ansbach (IHOS), à Nuremb«r| (iWk' Innabruck (IKll), é VVûrtburg HUi), mmialre d«« Finance* |iaiT-U'**^ minislro auprès de la DiéLe (t^lB-f^S), de nouveau mlnisUro dM tiB» (tl3I-IS)5) et à partir de lïsï minialre à Vienne, l'un des prinoipaux W*!" de tSIi i IKIM de la C<>nililijiion bavaroiie.

DU GOLFE JOUAN A l'aCTE FINAL DU CONGRÈS 469

unité d'action et constance et on viendra à bout d'écraser le dernier mouvement d'une trop dangereuse révolution (1). La guerre est inévitable, parce que personne ne peut se fier aux "paroles de Bonaparte et son armée même ne peut être sans guerre.

La Cour a fait d'énormes fautes et le Roi ne peut retourner sans signer de fort dures conditions. Nous le sentons. Il j a même des chances pour le duc d'Orléans, dont nous ne sommes pas les maitreSj et si le duc d'Orléans avait voulu se laisser conduire à Melun, il était roi et Bonaparte ne vivrait plus. C'est un fait.

Le parti militaire et les Jacobins, dans ce moment, se disputent le pouvoir et sa durée. Je ne serais pas étonné que les derniers ne l'emportassent. D'ici à quelques semaines, nous connaîtrons mieux la force de^ partis. Ce qui est sûr, au reste, c'est que Bonaparte n'a pas 90.000 hommes à opposer sur la frontière, qu'il manque d'artillerie et de munitions et que la fièvre révolutionnaire ne se donne pas une seconde fois.

Nous finirons ici vers les premiers jours de mai. Les opérations militaires commenceront avant le 15. Alors 350,000 hommes se trouveront en ligne et les mouvements du Midi auront pris quelque consistance.

Je passerai le temps de la guerre à Munich pour solliciter de M. de Montgelas de ne pas être plus opposé que ne le sont le roi et le prince royal. Le prince royal, à ce que m'a dit M. de Wrede, reconnaît que ma demande est fondée et qu'à la réversibilité du fonds près, on ne peut pas me refuser équitablement les résultats de l'acte de vente signé avec nous. Le résultat tient uniquement à la décision du Ministère et je ne vois pas quel intérêt il peut y avoir à ruiner complètement des familles qui possèdent avec autant de droit les domaines de Ratisbonne que le Gouvernement possède tout ce qui a été acquis par lui à cette époque.

Wrede vous reviendra assez guéri de son Aiistromanie, Il a souvent déploré avec moi que la situation de nos propres affaires ait empêché que nous n'ayons pu le soutenir autant qu'il était dans nos intérêts et notre conviction.

Cependant nous avons fait ce qui a été possible et il ne faudra

1. Cf. Lettre du lendemain A la duohesse pour l'idenlité des termes employé» ici.

470 LES DESSOUS DU CONGRÈS Dfi VIENNE

pas beaucoup d'énergie de votre part pour vous placer fort indépendant dans tout ce qu'on nomme fédération allemande.

Quant au territoire, vous conservez à peu près la force que vous aviez sous le rapport de la position et vous gagnez en revenu et en population.

Savez-vous Tanecdote de l'Impératrice d'Autriche qui a dit à son mari cpie : « S'il avait eu un ministre tel qu'avait le roi de Bavière dans la personne de M. de Montgelas, il se serait mieux tiré du Congrès. »

Je sais que le roi en a été instruit. Dites cela à M. de Montgelas.

2209. Vienne, 11 avril 1815 (P. 3. 502.1780 ad 2).

DALBERG à la Duchesse {Intercepta),

Les mouvements militaires commenceroni du 10 au 13 mai. Nécessité de l'union pour renverser Napoléon. Le Congrès tire à sa fin. Ses insignifiants résultats. Difficultés de la situation de Dalberg. Séquestre de sa fortnne.

Kesselstadt (1) vous porte un mot de ma part. Les grands événements se préparent. Du 10 au 12 mai, j ai lieu de croire que les mouvements militaires commenceront sur tous les points. Les chances sont incalculables si la plus forte union subsiste. Elle est jusqu'ici entière.

Bonaparte a jeté le masque. C'est Mahomet à la tête d'une armée de fanatiques. C'est Robespierre ceint d'un sabre et se faisant le souverain de tous les Jacobins du monde.

On termine les tristes affaires du Congrès qui par ses résultats est le plus mesquin ouvrage qu'on ait jamais vu.

La Bavière aura sa frontière au delà de Neckargemùnd et aux portes de Hochst.

Bade a donné de beaux cadeaux pour garder le Palatinat.

La France n'est plus rien au Congrès. Elle laisse faire et pleure sa destinée.

Je m'arrêterai à Munich. Je suis émigré dans toute la force du terme. Tout ce que j'ai à Paris a été séquestré.

1. Kesselstadt (Comte de^repréventant de Mayence et de la noblauft d'outre- Rhin.

2210. Vienne, 15 août 1815 (P. 2. 502.1780 ad 2).

TALLEYRAND à LABRADOR (InUrcepta).

Explications relatives à la divergence d'opinions entre eux au si^et du projet de déclaration. Objet de cette déclaration.

Vous savez que ce n'est nullement par opposition de mon opinion avec la vôtre que j'ai insisté auprès de Votre Excellence pour que vous voulussiez bien adopter la déclaration telle qu'elle était à peu près arrêtée (Ij. Les raisons, qui vous y faisaient désirer quelques changements, ne m'avaient pas échappé. Mais vous connaissez aussi celles qui m*avaient porté à la faire telle qu'elle est. Il n'y a, à vrai dire, qu'un seul obstacle au rétablissement de l'autorité en France, et cet obstacle, un nombre infini de personnes désireraient, quoique avec des vues diverses, de le renverser. Qu'a-t-on donc cherché ? A faire tendre toutes les opinions en France vers un seul et même but : la destruction de Bonaparte. Du reste, la publication de cette déclaration se trouve pour le moment ajournée, mais lorsqu'on s'en occupera de nouveau, je désire fort qu'elle soit discutée dans ime conférence des Huit Puissances, parce qu'il me parait aussi convenable qu'utile que chacun puisse dire son sentiment et ajouter ses idées à ce que je dis ici au sujet de la Déclaration. J'en dis autant de tout ce qui est de quelque importance.

2211. Vienne, 8 avril 1815 (F. 2. 502.17^7 ad 2-.

HAGER à rExMPEREUR Bordereau et rapport journalier du 8 avril.

2212. Vienne, 16 avril 1815 (F. 2. 502.1787 ad 2).

.... à HAGER

La Harpe est seul à croire au succès de Napoléon.

Un général russe a dit hier chez M. de Willié que La Harpe seul croit que Bonaparte réussira à se maintenir.

1. Cf. Talleyrand au roi, Vienne, 13 avril, dépêche n» 50 (Pallain, Corresponda/ice de TaUeyrand avec le Roi, page 380). « D'accord sur le fond de la Déclaration, on n'a pu encore s'entendre sur la forme, et la publication s'en trouve pour le moment ajournée. »

472 LES DESSOLS DU CONGRÈS DE VIESSK

2213. Drûnn, li avril 1815 (P. 2. S0I.1797 ad t).

LUCCIIE3IM à ALDINI {InlercepU) (en italian) (an»!jf»8).

Sans réponse à la lettre qu'il lui a écrite le 7, tout ea sacl que cela ne dépead pas de lui (Aldini), il le prie de ue négliger pour obtenir un changement de résidence indispeûsable à la santé de la princesse Elisa, Qu'il voie Wessenbetg, s'il ne peut voir Metternich. En tout cas qu'il écrive à l«t les deux et fasse porter ses lettres par Schiazzi (le secféUii* d' Aldini), qui attendra les réponses. ■ L'empereur est t loyal, trop humain, pour vouloir la mort de la princesse ne peut vivre dans ce climat. >

££XA. Vienne, 19 svril 181S (F. 3. iOî.lî»! «d î).

HAGER à lEMPEKEUR

Bordereau el rapport jouruHlior du 19 arril.

Il signale à l'Empereur la saisie d'un courrier anglais « tenant des dépêches de Wellington, qui insiste sur la oéo site d'entrer au plus vite en campagne contre Bonaparte.

12215. Vienne, Ifl avril 181Ï (P. 1. 503.1T0I ad 1).

Rai-port à HAGER Oiminulioa du pertaiiael de la missioD franciUe.

Le personnel de la Légation de France diminue de jour jour.

DU GOLFE JOUAN A l'AGTE FINAL DU CONGRÈS 473

2216. Vienne, 17 avril 1815 (F. 2. 502.1791 ad 2f.

.... à HAGER

Campochiario. Son désir de rester à Vienne. Le départ de Cariati.

Campocbiaro espère toujours être autorisé à rester à Vienne. Cariati a reçu ses passeports et partira le 19. Son secrétaire Pescara restera jusqu'à la fin du mois.

2217. Gand, e avril 1815 (F. 2. 502.1792 ad 2).

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