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LES MISSIONNAIRES AU PAYS NOIR

terre belge (i). Pensez aux millions d'hectares qui ont été cédés à des entreprises d'exploitation lucrative; aux décrets sur les aliénations de terres qui supposent des exploitations agricoles de deux mille, de cinq mille hectares : Ton se convaincra que ces cent hectares constituent tout au plus le terrain nécessaire à un établissement sérieux. Pour les accepter à des conditions onéreuses et qui prêtent le flanc à des interprétations abusives, les missionnaires se seront inspirés de leur vif désir de promouvoir le bien des indigènes; et ils auront compté, d'autre part, sur la bienveillance et la modération des employés de l'État.

Nos missionnaires belges réclamaient, pour leur action évangélique et civilisatrice, quelques arpents de terre qu'ils achèteraient soit à l'État, soit aux indigènes (2). Faut-il rappeler qu'ils tenaient aussi,, et à bon droit, à une réparation d'honneur? Celleci ne leur est pas encore donnée. Il est vrai, la convention et la lettre aux secrétaires généraux

(i; Le peu de valeur de terres qui ne furent jamais bien cultivées «t qui se trouvent éloignées de marchés européens, saute aux yeux de tout le monde. Mais nous ne saurions donner des indications précises. Jusqu'à présent, nous ne connaissons que des estimations légales, qui fixent arbitrairement des prix de vente ou de location, suivant le but ou l'étendue de l'acquisition. Pour une exploitation agricole, le prix n'a jamais dépassé cent francs l'hectare; il descend à dix francs pour une surface considérable. Les terrains engagés à M. de Browne de Tiège le furent à raison de 33 centimes l'hectare, et ce prix passe encore pour trop élevé pour des terres à mettre en valeur.

(2) La cession est gratuite, mais subordonnée à de multiples conditions. Et dans leur souci de respecter les droits des natifs, les missionnaires se verront plus d'une fois obligés, pensons-nous, de conclure avec ceux-ci un arrangement subsidiaire.

estiment, louent leur action bienfaisante. Au début de la convention avec le Saint-Siège, l'État déclare « apprécier la part considérable des missionnaires catholiques dans son œuvre civilisatrice de TAfrique centrale ». Et l'auguste signataire de la lettre ajoute ces paroles expressives : « Je ne dois pas vous recommander de faciliter Tœuvre de nos missionnaires. Vous savez avec moi tout le bien qu'ils font au Congo. Notre devoir est de les soutenir dans la poursuite de leur noble tâche (i). » Ces déclarations, voilées et occasionnelles, les montrent dignes d'être formellement vengés d'imputations malencontreuses, articulées par erreur ou à la suite de calomnies. Elles font d'autant plus souhaiter une pleine et plus solennelle réhabilitation.

La convention dont nous nous occupons se termine par une clause bilatérale ainsi conçue : « Il est convenu que les deux Parties contractantes recommanderont toujours à leurs subordonnés la nécessité de conserver la plus parfaite harmonie entre les missionnaires et les agents de TÉtat. Si des difficultés venaient à surgir, elles seront réglées à l'amiable entre les autorités locales respectives, et, si l'entente ne pouvait s'obtenir, les mêmes autorités locales en référeraient aux autorités supérieures. »

Espérons que l'accord sur le but civilisateur

(i) Bulletin Officiel, p. 292

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