‹ Les destinées du Congo BelgeChapitre 5 sur 20 · CRITIQUE ET RÉPONSE II · texte numérisé non relu

CRITIQUE ET RÉPONSE II

Il nous sera plus aisé encore de réfuter notre anonyme en ce qui concerne les prix moyens du caoutchouc.

C'est à peine, prétend-il, si pour igoS notre chiffre primitif de lo francs est admissible. « Si certains lots ont obtenu des prix dépassant 12 francs par kilo, ce ne sont là que des exceptions se rapportant à des lots de minime importance, tandis que, au contraire, de fortes parties n'ont trouvé acquéreurs qu'à des prix inférieurs à lo francs.

« En ce qui concerne 1904, le prix moyen de tous les caoutchoucs vendus sur le marché d'Anvers pour l'État ou pour le D. C. n'a pas été supérieur à 9 francs le kilogramme (i). »

Opposons, à ces nouvelles affirmations les statistiques du marché d'Anvers publiées par la maison Grisar et C**^, et dont l'exactitude n'offre de doute pour personne

Voici, pour 1904 et igoS, les prix extrêmes du caoutchouc de l'Equateur, de l'Uelé, de l'Aruwimi (2) :

ÉguATEUR Uelé Aruwimi

(i) Il insinue également qu'il aurait pu, en outre, envisager les thimblés rouges ou caoutchouc des herbes, dont le prix atteint rarement 8 francs le kilo. Cette générosité n'a pas grand mérite : les thimbles rouges proviennent presque tous du Bas Congo; l'État n'en récolte guère.

(2) On sait que le Domaine de TÉtat (D. P. et D. C.) s'étend sur ces régions. [Voir notrt catte.)

D'où il suit que notre adversaire nous propose , pour 1904 comme pour igoS, une moyenne notablement inférieure aux prix minimum de ces années.

Et où sont ces fortes parties qui, en igoS, n'ont trouvé acquéreurs qu'à des prix inférieurs à 10 francs?

La Revue annuelle de MM. Grisar n'en porte pas de trace. Mais nous désirons ne rien cacher d'une vérité qui nous est accessible.

Une investigation minutieuse nous a fait réellement découvrir des lots vendus au-dessous de 10 francs.

Mais quels lots ? Des lots avariés par manque de soin, vice d'arrimage, eau de mer, etc. La carte officielle des prix n'en tient pas compte, et leur quantité n'atteint pas, pour igoS, ^10 p. c. de l'ensemble, quantité d'autant plus négligeable que les pertes provenant de pareilles avaries ont coutume d'être compensées par l'assurance ou la responsabilité des tiers en faute.

En résumé :

i^ Notre contradicteur anonyme a formulé contre notre procédé un reproche ou plutôt une accusation dont la fausseté saute aux yeux de quiconque daigne ouvrir notre livre;

2® Il a forcé à son avantage tous les chiffres dont la vérification nous fut possible;

3° En acceptant, pour le reste, ses données, la quantité à déduire de nos chiffres de recettes n'égale pas la quantité qu'y feraient ajouter la moyenne réelle et les recettes omises : notam-

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ment celles du café, du copal et de plusieurs arrivages d'ivoire ;

4° Lui-même n'a jamais nié notre conclusion.

Et dès lors, tant que Tabsence de comptes justifiés nous laissera dans l'ignorance des vrais résultats, nous nous croyons loyalement en droit de maintenir, avec le D^" Anton, que les recettes effectives sont de loin supérieures aux prévisions budgétaires.

Là-dessus, laissant notre contradicteur anonyme s'embarrasser dans ses sacs et paniers, nous allons aborder l'examen impartial des décrets de réformes.

Collection

Nous venions de mettre ces lignes sous presse^ quand nous parvint un nouveau fascicule du Bulletin Officiel de l'État Indépendant.

Beaucoup de lecteurs partageront la surprise que nous avons éprouvée en y découvrant, pages 332-343, un compte général des recettes et des dépenses de l'exercice igoS. Depuis 1893, plus rien de semblable n'avait vu le jour. Voici les chiffres du Bulletin concernant les rentrées effectives et les dépenses :

Recettes ordinaires :

Prévisions ....... fr. 29,936, 65o »

Réalité constatée 31,456,841 »

Dépenses ordinaires :

Prévisions fr. 29,936, 65o »

Réalité constatée 28,272,596 66

Excédent des recettes. . . . 3,184,24520 Recettes extraordinaires :

Prévisions (sauf 129,420 fr. portés aux recettes ordinaires) . . fr. ?

Réalité constatée 1,237,1 56 21

Dépenses extraordinaires :

Prévisions fr. 4,864,000 »

Réalité constatée 4,008,472 58

Plus, à reporter de l'exercice précédent 2,523,58i 43

Soit, au total . . . fr. 6,532, 054 »

La récapitulation générale donne, par conséquent :

Pour le service ordinaire, un excédent de recettes de 3,184,245 francs ;

Pour le service extraordinaire, un excédent de dépenses defr. 5,294,897.80;

Soit fr. 2, no, 65 2. 60 de dépenses à reporter à Texercice 1906.

En ce qui concerne les produits du Domaine privé de l'État, des tributs et impôts payés en nature par les indigènes, les prévisions étaient de i6,5oo,ooo francs; les recettes constatées au Bulletin s'élèvent à fr. 16,667,417.22.

Les recettes du Domaine de la Couronne demeurent inconnues.

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