I. — L'épanchement
Quelques particularités spéciales à ce mode d’apparition de cet accident au cours du mal de Bright, nous entraineront dans des développements sur ce sujet.
Ce sont, d'abord, les symptômes d'hydropisie qui l'ont précédé : l’œdème blanc, très rapidement constitué des membres inférieurs, des membres supérieurs, de la face, chez un sujet atteint d’une néphrite aiguë ; le scarlatineux en convalescence, le syphilitique à la période secondaire devront faire porter les investigations du clinicien du côté des cavités séreuses, particulièrement de la plèvre. Les œdèmes qui s'étendent progressivement chez le sujet âgé dont le cœur est déjà atteint de myocardite, dont les troubles respiratoires vont croissant devront également faire penser à un épanchement pleural. A côté de ces signes, tirés de l'état général, les lésions antérieures de l'appareil respiratoire au cours d'une néphrite chronique, Îes pneumonies, bronchopneumonies, les congestions pulmonaires, enfin, et surtout, les infarctus sont une des causes Îles plus fréquentes de pleurésies. Enfin, lorsque le sujet était précédemment prédisposé, du fait de ses antécédents héréditaires ou personnels, à la tuberculose, une localisation pleurale peut toujours aisément se produire. Toutes ces notions doivent ainsi faire soupçonner l'épanchement ; si l'examen physique vient s'y joindre, le diagnostic est vite confirmé.
LASDE
Rappelons seulement la rapidité de la déformation thoracique, la voussure très accusée et l’immobilité de tout l’hémithorax du côté atteint. La matité, l'abolition des vibrations vocales, étendues très vite sur une hauteur considérable, enfin les autres signes, tels que : souffle, égophonie, pectoriloquie aphone, viendront confirmer ce diagnostic. Nous insisterons aussi sur {a fluctuation, presque toujours très sensible ; mais, dans certains cas, au début surtout des hydrothorax, le diagnostic est beaucoup plus difficile, du fait du peu de liquide caché au fond des tissus costo-diaphragmatiques et qu'une exploration minutieuse, seule, pourra déceler.
Mais, de tous les moyens le plus sûr et le plus simple est la ponction exploratrice ; en même temps qu’elle affirmera la présence du liquide, elle permettra d’en déceler les caractères et, le plus souvent, la cause.