LA TUBERCULOSE PLEURALE ET LE MAL DE BRIGHT
Les premiers auteurs qui s'occupèrent des maladies des reins ne furent pas favorables à l’idée d'une association possible avec la tuberculose. Brigth était trésiexphete sur ce point Enri827etenwres2 il écrivait: « La phthsie et Îles affections rénales sont « si loin d’être liées entre elles que la condition du « corps, dans les maladies rénales, est défavorable à « la phthisie et que la constitution tuberculeuse ne « prédispose pas aux affections du rein ». Mais, peu de temps après, Christison, en 1830, Tissot, en 1833, Solon, en 1838, admettaient la coexistence des deux maladies.Rayer, en 1840, insiste sur la néphrite albumineuse qui vient se développer sur une phthsie et affirme son caractère de haute gravité.
Depuis, de nombreux travaux ont été publiés sut ce sujet : citons Lascombe (1) et Durand-Fardel (2). Lécorché et Talamon, en 1888, étudiant les lésions du mal de Bright, y rangeaient [a pneumonie; la pleurésie ou la péritonite se rattachaient à des trou-
(1) LascouBe. — Th. Paris, 1874.
(1) Düuraxp-FarpeL. == Th. Paris, 1886.
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bles de voisinage ou à des causes générales dont la plus fréquente est la tuberculose : « Si, disent-ils, la « pleurésie est regardée comme fréquente dans le « gros rein blanc, c'est que cette lésion rénale est « ordinairement associée à la tuberculose ».
Lenoir, dans sa thèse sur l'albuminurie de Îla phtisie confirmée,attribue ce symptôme à des lésions organiques par infection bacillaire, sous forme de tuberculose rénale du type granulique ou de néphrite tuberculeuse ou par lésions non bacillaires ; dans ces cas le bacille semble créer la lésion puis disparaitre, laissant après lui soit de la néphrite aiguë, soit de la néphrite chronique ou des dégénérescences du rein.
L’albuminurie peut encore tenir à la dyscrasie et survenir à la suite de troubles variés du côté du cœur, de la respiration, du tube digestif. ... Mais quel est le rapport chronologique entre les deux maladies : la lésion rénale succède ordinairement à la maladie pulmonaire; le malade, tuberculeux d’origine, a la première localisation au poumon, ou bien la néphrite peut être ancienne et accessoirement s'accompagner de complication pulmonaire de nature tuberculeuse. Quoi qu'il en soit, la première modalité est toujours celle qui se présente le plus souvent : le diagnostic, très difficile de sa nature, donne un intérêt tout particulier aux méthodes nouvelles du séro et du cyto-diagnostic. A la suite de Lenoir, Borie (1) insiste sur l'influence de la tuber-
(1) Lenoir. — Th. Paris, 1890.
(2) Bone. — Th. Lyon, 1892.
Roue culine avant la phthisie confirmée pour donner des lésions parenchymateuses du rein. Cette substance aurait aussi une action vaso-dilatatrice sur le rein comme sur les autres organes; nous signalerons enfin les travaux de Daunic (1), Pissavy (2), Landouzy et Bernard (3), de Labbé et Castaigne (4), d'Hirtz et Salomon (5). Avec eux s'établit la distinction entre la lésion tuberculeuse du rein et la lésion rénale, épisode au cours dela phthisie pulmonaire : cette dernière pouvant provenir seulement de l'irritation par la tuberculine, elle est alors précoce ou d'infections associées (Henriquez Pissavy), il s'agit alors du streptocoque ou du staphylocoque et la néphrite est tardive.