‹ Les dettes publiques européennesChapitre 39 sur 47 · GRÈGE · texte numérisé non relu

GRÈGE

Le budget du royaume de Grèce, pour l'année 1886, a été fixé, par prévision, à 82,674,000 fr. de recettes et 88 millions 048,000 fr. de dépenses. Dans ces dernières, le service de la dette publique figure pour 33,062,000 fr., soit 37,50 0/0 de l'ensemble des dépenses budgétaires.

La dette publique actuelle de la Grèce s'élève, en capital nominal, à 348 millions de fr. Les emprunts de l'indépendance, à savoir : les emprunts de 1824 et 1825, réduits à 19.567.000 fr. par une convention passée en 1878 avec les porteurs anglais de titres, et l'emprunt de 1832, garanti par les trois puissances protectrices, la France, l'Angleterre et la Russie, représentent 39.567.000 fr. 11 est dû, comme indemnité aux îles de Hydra, etc., 17.857.000 fr. ; aux héritiers du roi Othon, 3 millions de fr.

Quant aux emprunts publics, il a été émis :

1862 Emprunt intérieur de 6 millions à 6 0/0

1867-68 -- — de 25 — 9 0/0

1871 — — de 4 — 8 0/0

1874 — — de 26 — 6 0/0

1876 — — de 10 — 6 0/0

1879 Emprunt extérieur de 60 — 6 0/0

1881 - — de 120 — 5 0/0

1884 — — de 170 — 5 0/0

1885 Emprunt de 9 — 7 0/0

Le total de ces emprunts, figurant aujourd'hui au passif budgétaire de la Grèce, a été ramené par l'amortissement, et par le non placement d'une partie plus ou moins considérable des émissions décrétées, au chiffre de 348 millions, dont 78 millions datent d'emprunts antérieurs à 1870. L'augmentation de la dette grecque inscrite, intérieure et extérieure, a été de 270 millions depuis 1870.

Il faut ajouter aux 348 millions de dettes inscrites environ 80 millions de dette flottante, englobés sous U désignation d' « emprunts divers »,

Le papier-monnaie émis pour le compte de l'État, avec cours forcé, par les trois banques d'émission, la Banque Nationale, la Banque Ionienne et la Banque d'Epire et Thessalie, représente une autre dette flottante, sans intérêts, de près de 28 millions de francs.

Les emprunts extérieurs de la Grèce ont été contractés avec des établissements de crédit et des banquiers, et émis sur le marché par leur intermédiaire.

Les emprunts émis au dehors depuis 1870 ont tous une garantie spéciale qui leur est affectée sur certains revenus.

Les emprunts helléniques admis à la cote officielle de la Bourse de Paris sont l'emprunt extérieur de 1879, et les emprunts

5 0/0 de 1881 et de 1884.

L'emprunt de 60 millions de 1879, dit « National Extérieur

6 0/0, » a été émis sur le marché français par le Comptoir d'Escompte les 8 et 9 mai 1879, en 120,000 titres de 500 francs, au prix de 392 fr. 50, rapportant 30 fr., remboursables à 500 fr. en quarante ans. L'intérêt de 30 fr. est payable par trimestre, les 1" février, 1»' mai, 1« août et 1'=' novembre. Le capital et les intérêts sont exempts d'impôt. Ces titres sont admis à la cote au

comptant et à terme depuis le 21 juillet 1879. Ils sont cotés 370 francs.

V Emprunt 6 0/0 de 1881, au capital de 120 millions, en titres de 500, fr. portant 25 fr. d'intérêts payables par moitié les l^r janvier et le"- juillet, émis à Paris à 375 fr. en juin 1882, par le Comptoir d'Escompte, est admis à la cote au comptant et à terme depuis le 27 septembre 1881. Les cours fln décembre 1886 sont de 305 fr.

L'Emprunt 5 0/0 de 1884, pour 170 millions de francs, en titres de 500 francs émis à 346 fr. 50, par le Comptoir d'Escompte et la Société Générale, semblables à ceux de l'emprunt de 1881, a été admis à la cote au comptant et à terme le 14 janvier 1885. Les cours sont de 300 francs.

A ces trois emprunts sont affectées des garanties diverses : l'impôt du timbre, celui des tabacs, des douanes, des divers ports principaux, etc.

D'après une note que l'honorable M. Spiridion Spiliotakis, ancien député, ancien directeur du bureau de l'économie politique au Ministère de l'intérieur à Athènes, a bien voulu nous adresser, le capital nominal de toutes les dettes contractées par la Grèce, depuis son indépendance, s'est élevé à 778 millions de francs. Le total des dépenses faites a monté jusqu'à près de 2 milliards. En déduisant le total des dettes publiques, il reste plus d'un milliard que le pays a dépensé en travaux productifs.

Par suite du consentement des créanciers de la Porte à la conversion de la dette ottomane en une dette consolidée et unifiée, l'iradé du Sultan de décembre 1881 avait décrété l'émission de nouveaux titres de dette au montant de 92.225.827 livres sterling. Il faut y ajouter le capital réduit, mais non convertible de l'emprunt des chemins de fer Rouméliens (lots Turcs) du montant de 14.211.407 livres sterling, ce qui donne un total de 106.437.234 livres sterling, au lieu de 190.997.980 livres sterling de la dette primitive.

Jusqu'à fin décembre 1885, il a été amorti 1.540.017 livres sterling. Il reste donc une dette de 104.897.217 livres sterling,

soit en francs 2 milliards 622 millions 430.400 francs. Dans le budget de 1884, lintérèt et l'amortissement de cette dette, y compris les frais de recouvrement des revenus affectés au paiement de la dette (25.167.591 piastres turques de 0,225 pour une recette spéciale nette de 200.818.728 piastres], sont évalués à 55,435,645 francs.

D'après le projet de budget pour l'année financière 1399 (du 13 mars 1883 au 13 mars 1884) les recettes sont évaluées à 1.631.300.000 piastres (le piastre = 0,225) soit en francs 36T millions 042.500 francs, et les dépenses à 1.622.301.600 piastres soit en francs 364 millions 962.860 francs.

Nous ferons remarquer que la Turquie n'a rendu publics qu'une seule fois, en 1880, ses projets de budget. On ne peut rien connaître de l'état officiel de ses finances publiques, et nous ne pouvons que reproduire, à titre de renseignement, les chiffres de son budget unique et éphémère. Les chiffres que nous venons de donner plus haut sontempruntés, en grande partie, à YAlmanach de Gotha et à l'étude de M. P. Boiteau dans le Dictionnaire des finances. Mais les évaluations sont bien différentes dans ces documents. M. Boiteau a évalué la dette nominale Turque à 2 milhards 328 millions 702.112 francs alors que YAlmanach de Gotha l'évalue à 2 milliards 622 millions. Les dépenses militaires de la Turquie sont évaluées à 200 millions, d'après le projet de budget de 1880-1881.

La principauté de Bulgarie n'a pas encore émis d'emprunt en Europe. D'après le budget de 1885, la dette publique extérieure exige 2.105.004 M par an, soit 2.105.004 francs (l le'i = 1 franc). Les recettes budgétaires s'élèvent à 34.899.900 fr. et les dépenses à 35.780.324 fr., soit un déficit de 880.424 fr. Le budget de la guerre réclame 11.675.161 fr., soit 33 0 0 des recettes totales et près de 6 fois plus que le montant de la dette publique.

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