‹ Les deux abbés de Fénelon [microforme]Chapitre 9 sur 13 · MM · texte numérisé non relu

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eux-mêmes (1). Ils s'étaient empressés de lui

écrire pour lui exposer la vérité des faits, et l’assurer de leurs regrets de l'intention irrespectueuse qu'ou prêtait aux paroles de leur confrère.

M. de Frontenac demanda aussitôt le sermon, et il dépêcha son secrétaire à Montréal pour le lui rapporter dûment authentiqué et certifié par le supérieur et les autres prêtres de la communauté. Etait-ce la simple curiosité ? La supposition n'est pas impossible. Il semble en effet que, du moment qu’il croyait son ancien ami coupable, s'il ne lui pardonnait pas, il devait ou exiger que ses supérieurs le punissent convenablement, ou faire luimême instruire son procès (2). A la demande du gouverneur, M. de Fénelon répondit qu'il n'était pas obligé de donner par écrit ce qu’il avait diten présence de plus de deux cents

(1) Lettre du comte de Frontenac au ministre, 14 nov. 1674.—Archives du Parlement, Ms., 2de série, II vol.

(2) M. de Frontenac ne se montrait pas toujours aussi sévère qu’on serait d’abord tenté de le croire. Un jour une femme lui présenta une requête en langage burlesque, moitié vers, moitié prose : le gouverneur y répondit sur le même ton. II s'agissait d’un procès avec les RR. PP. Jésuites, contestation de propriété. La femme eut la malice de glisser 1 la requête et la réponse parmi les pièces du procès. Qu’on juge du scandale ! M. de Frontenac la

fit condamner à uné amende de quelques __.n reversible sur ses enfants : elle était pauvre.

personnes : on pouvait les interroger. “ Si je suis'innocent, ajoutait-il, on n’a rien à me demander, et si j'étais coupable, ce que je nie formellement, on ne doit pas prétendre que je travaille à ma propre condamnation (1).”

S'il s’en était tenu là, tout était bien, et l’on pouvait espérer de voir bientôt les difficultés s'apaiser. Mais il eut le malheur d'écrire au comte deux lettres que celui-ci trouva extrémement injurieuses. (2).

Le procès fut commencé.

Assigné deux fois devant MM. de Tilly et Dupont, que le Conseil Supérieur avait envoyés à Montréal pour l'affaire de Perrot, M. de Fénelon répondit par un refus absolu, réclamant le privilège des ecclésiastiques d’être jugés par une cour ecclésiastique. Deux fois également, il recusa l'autorité du Conseil qui l'avait fait sommer de se présenter devant

lui, : |

M. de Frontenac agissait avec une lenteur pleine d’égards et où l’hésitation n'entrait pour rien, il faut le reconnaître : on le voit

(1) Réponse de M. de Fénelon, en date du 12 mai 1674, transmise par le Séminaire à M. de Frontenac. : (Document copié à Paris par M. l’abbé Ferland.)

(2) Lettre de Frontenac au ministre, déjà citée.

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plus tard garder la même mesure dans des circonstances analogues à celle-ci. (1)

Dans le même temps, il faisait poursuivre

avec vigueur et avec éclat les procès de Perrot, de De Carion et des trois coureurs de bois,cause première de toutes ces difficultés. Les principaux citoyens de Montréal par leurs charges ou par leur naïissance, avaient été mandés à Québec pour y donner témoignage. Du haut du château Saint-Louis, Perrot put voir l’appareil déployé pour l’exécution de la sentence prononcée contre deux des derniers accusés.

Yvelin, la corde-au cou, une torche ardente au poing, agenouillé devant la porte du Chiteau, demandait à haute voix ‘pardon à

(1) Par exemple dans le procès de M Morel, prêtre du séminaire de Québec, qui ne voulait pas non plus reconnaître la compétence du Conseil. Comme il s’agissait de l’arrêter, le gouverneur fit donner aux huissiers des instructions très détaillées sur la manière de se conduire à son égard. Malgré les nombreuses citations qui accompagnent ce travail, je me permettrai de faire celleci, par justice pour M. de Frontenac.

‘© Le Conseïl.... sans avoir aucun désir de blesser la considération qui est due au caractère de la prêtrise dont Je Sieur Morel est revêtu, a trouvé à propos de dresser la présente instruction pour servir de règle aux huissicrs qui seront commis pour l'exécution du dit arrest, et afin que dans icelle, ils ne fassent rien qui puisse apporter du scandale et blesser la considération qu’on doit avoir pour l’ordre de la prêtrise.

‘6 Il est donc ordonné aux dits huissiers de se trans-

porter demain au Séminaire de Québec, lieu de la rési-

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