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CHAPITRE IV

ne l'iiistnietioii piil»lic|iie aux. Étatis-Uniis.

On doit attribuer une bonne part de la prospérité politique des Etats-Unis à l'immense développement de l'instruction dans ce pays.

Ce n'est pas seulement au point de vue de la situation actuelle de l'Union américaine que les bienfaits de l'instruction doivent être considérés comme une des causes les plus sérieuses du grand développement de cette nation. L'instruction y a été de tout temps répandue à flots, et a exercé une influence considérable sur le caractère des premiers colons; influence dont le passé de ces pays est en droit de se glorifier.

DE L'INSTRUCT[0N PLJJLlQUK AUX liTATS-UNlS. 79

Les Étals voués à la forme démocratique, y aspirant ou persistant à y demeurer, doivent donc, avant tout, se demander s'ils ont préparé les générations passées, présentes et futures au rôle diflicile qu'ils leur ont réservé ; s'il les ont façonnées moralement à l'accomplissement de devoirs pénibles quelquefois à remplir, et dont l'exacte intelligence échappe quand les passions primitives et les entraînements grossiers n'ont pas été préalablement domptés.

Nous allons voir comment le peuple américain a pratiqué l'enseignement à l'égard des masses, quelles applications il en a faites, et les avantages qu'il en a retirés.

Les besoins intellectuels des peuples peuvent très-bien différer entre eux, malgré la similitude, sympathique ou contrainte, des besoins politiques. Il n'est donc pas dit que partout les mêmes causes doivent produire les mêmes effets, et que les mêmes résultats s'obtiennent de la pratique des mêmes principes, — surtout en matière d'enseignement.

En France, par exemple, nous avons, de plus qu'aux Etats-Unis, un héritage littéraire glorieux à continuer; nous avons, de plus qu'eux, des loisirs qui demandent à être intelligents et cultivés, des traditions nationales qui obligent.

Si donc la pensée nous venait d'établir un rapproche-

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ment entre ia France et les Étals-Unis, sous ce rapport, nous devrions tout d'abord tenir compte des conditions morales des deux pays, — en dehors des conditions politiques ; — et cela seul suffirait pour écarter toute idée d'application absolue d'un même système. Je n'outrepasserai donc pas la limite de mon sujet.

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