LE PASSÉ ET LAVENIR
tion enfin dont les gouvernernonis mélropolilains couvraienl, et avaient intérêl de couvrir leurs possessions américaines, répondaient assez du respect qui entourait le principe de la nationalité.
Peut-être n'y avait-il pas dans tous les rapports une égalité suffisamment équitable. Mais l'oppression prétendue au nom de laquelle s'opérèrent les soulèvements qui arrachèrent violemment à l'Espagne et au Portugal les plus beaux fleurons de leurs couronnes, ne fut qu'un prétexte.
La cause véritable de ce besoin et de cet amour subit de l'indépendance a été l'exemple donné par les Etats de r.Amérique du Nord, dont la grande et rapide prospérité troubla les esprits, échauffa les cœurs, enflamma les ambitions d'un bout à l'autre du Nouveau-Monde.
Je le répète, je ne prétends point m'appesanlir sur le point de départ. Voilà le fait de l'indépendance des colonies accompli; négligeons d'en savoir le pourquoi, et oublions les luttes sanglantes. Mais ce qu'on ne saurait méconnaître et passer sous silence, c'est l'influence positivement fatale que le triomphe éclatant des institutions républicaines et démocratiques de l'Union du Nord exerça sur le reste de l'Amérique.
Toutes ces nations nouvellement écloses, enthousiastes
du développement si prodigieux de la république fédéralive, acclamèrent les mêmes principes, — en aveugles, — sans s'inquiéter de rechercher préalablement si elles portaient dans leurs mœurs, dans leur origine, dans leurs antécédents politiques, les germes qui ont fait la fortune et la sécurité sociale des États-Unis.
Elles n'ont pas tardé à payer bien cher cette précipitation et cette imprévoyance.
Je n'insisterai pas ici sur les phases déplorables qui ont marqué les diverses étapes des républiques américaines. L'histoire de chacune d'elles est un drame lugubre, où le sang se mêle au ridicule quelquefois. Mais en fin de compte, ce sont des Etats civilisés, intelligents, constitués en société sur des bases morales et sur des principes de source divine, qui ont leur destinée à accomplir, leur rôle à jouer sur la grande scène humaine. C'est donc de leur avenir qu'il faut s'inquiéter désormais.
Cet avenir se présente soumis aux conditions et aux influences qui dominent la politique générale des deux Amériques, et que je vais tâcher de résumer.