‹ Les deux AmeriquesChapitre 5 sur 26 · LE PASSE ET LAVENIH · texte numérisé non relu

LE PASSE ET LAVENIH

entre deux Etals étendus, impuissant à s'agrandir, et môme peu prospère, il était évidemment destiné à disparaître tôt ou tard, convoité par le Mexique ou par les Etats-Unis.

Par le iMexique, c'était difficile, il s'en était détaché.

Les Etats-Unis s'emparèrent donc du Texas, non point par la conquête, mais par une lente et laborieuse absorption, qui amena l'annexion de celte province à l'Union.

En apparence, le Mexique était respecté; un cours d'eau important, le Rio-Grande, formait la frontière naturelle qui devait le proléger. Mais la neutralité du Texas qui en faisait une sentinelle avancée pour l'indépendance et la sauvegarde du Mexique, disparaissait.

Un pareil acte ne pouvait donc s'accomplir sans que le Mexique réclamât au point de vue de son intégrité et de sa politique, comme au point de vue de ses propres intérêts.

C'est ce qui eut lieu.

De là des différends profonds entre les Etats-Unis et le Mexique; de là aussi, en grande partie, cette guerre qui tourna tout à l'avantage de l'Union, et qui lui valut la Californie et le territoire du Nouveau-Mexique.

Les Etats-Unis s'établissaient donc sur le Pacifique d'une manière complète et avec des chances d'avenir, que le hasard a rendues immédiatement splendides.

De ce moment, le Mexi(jue a été entamé par les Etals- Unis. La frontière du Hio-Grande n'a pas servi à le protéger;— les Etals-Unis sont entrés par une porte imprévue.

La guerre entre les deux républiques, non-seulement a

donné gain de cause à l'ambition de l'Union, mais a préparé et décidé, pour ainsi dire, la ruine du Mexique.

La triste situation pécuniaire de ce pays, les troubles incessants qui l'ont dévoré et le dévorent encore, l'ont désigné naturellement pour être la proie des Etats-Unis. A l'heure oii nous écrivons ces lignes, le Mexique se débat contre ce que l'on appelle l'esprit américain ; mais il aura beau lutter, il succombera ; et rien au monde ne l'empêchera de succomber.

Ce dernier fait accompli, fait inévitable, j'y insiste, les Etats-Unis seront les maîtres dans l'Amérique du Nord, moins les possessions anglaises, et moins encore les cinq petits Etats qui forment la Confédération connue sous le nom d'Amérique centrale.

Sur les possessions angkises, les Américains lenteionlils quelque. coup de main?

Ce n'est pas présumable; ils savent qu'ils échoueraient.

Arrêteront-ils les yeux sur les cinq petits Etats de la Confédération centrale?

C'est indubitable.

Le Mexique est la route qui les y conduira; mais déjà ils ont jeté les fondements de leur domination future par le passage ouvert à travers le Nicaragua. Hâtons-nous

Page 1