SCÈNE U
DILAZAL, ABUBEF, AZINA, VAZ1POURS.
dilazal, à part.
O ciel ! me voir traiter comme un Colin Tampon !
abubef, à scs femmes.
Mes chaussettes ! mes bas !
dilazal, à part.
La fureur me boursoufle.
abubef , à scs femmes.
Mon pet-en-l’air, cherchez ma seconde pantoufle. (Au prince Dilazal.)
J’ai soupé, j’en conviens, avec votre rival ;
Mais vous ne defez pas m’en vouloir aucun mal : C’est pour mieux déguiser à ce roi si barbare Le coup que ma fureur aujourd’hui lui prépare :
Tu verras en ce jour l’effet de mes projets;
Tu verras, contre lui, s’armer tous ses sujets :
Ta naissance, pour eux, cesse d’être un mystère.
Et tu vas remonter au trône de ton père.
DILAZAL.
Et pour mieux déguiser vos desseins et vos pas,
Vous souffrez tous ses soins, madame, entre deux draps Qu’il se serve de vous comme d’un cheval barbe?
ABUBEF.
Vous osez soutenir à mon nez, à ma barbe,
Que ce monstre est venu pondre dans votre nid? Ah! j’atteste le ciel!...
dilazal, ironiquement.
Le ciel de votre lit.
ABUBEF.
Arrêtez, et songez, dans votre humeur jalouse, Que dans peu je serai peut-être votre épouse. Quelle preuve avez-vous d’un semblable forfait?
DILAZAL.
Le tapage indécent que votre lit a fait.
ABUBEF.
Voyez comme il défend sa vision cornuê !
Il est cocu, dit-il, parce qu’un lit remué.