ACTE I, SCENE II
s. JEAN.
Oh! oui mais il n'en est pas plus fier; et moi
donc ! la gloire , les honneurs. . . . fumée que tout cela !
Si je voulais pourtant comme un autre me vanter
n'a-t-on pas, il y a trois ans, parlé de moi dans un journal, dans les Petites Affiches .î'JMonsieur croit peutêtre que cet article m'a rendu bien glorieux ; ah! mon Dieu ! je n'y songe pas seulement , je ne le montre
jamais à personne. ( il tire de sa iioche les Petites AfHches presque
«u lambeaax.) Tenez , lisez.
DERC Y, après y avoir jeté les yeux.
Voilà , certes , un brevet de célébrité !
s. JEAN.
Et je n'en répète pas moins avec mon maître : Qu'est-ce que tout cela? Vanité des vanités, et tout est vanité.^ Mais , si je ne me trompe , c'est à M. l'avocat Dercy , électeur éligible , neveu de ce riche marchand demeurant à quelque distance de lu ville, qxie j'ai l'honneur de parler ?
DERCY.
A lui-même. Vous êtes fort bien instruit, mon ami.
s. JEAN.
Et poli : je prie monsieur de l'observer.
DERC Y.
Comment donc "^
s. JEAN.
C'est que M. Hautinval m'a tant recommandé lu
politesse et l'humilité avec tout le monde Il m'a dit,
avant de partir, qu'il ne m'attachait à sa personne qu'à cause de ma figure honnête et prudente : vous conviendrez que cela est flatteur.