‹ Les deux citésChapitre 36 sur 92 · IV. — LA NATOEE · texte numérisé non relu

IV. — LA NATOEE

Ce qu'ils saTaient de 1k nature, les Hébreux le devaient à li Tison pnmordiale des Six Jours, dont ils BTSient seuls conBerré le texte authentique.

Créés de Dieu, les deux et la terre dépendent absolument de lid. « 11 commande et la chose a comparu (l). > « Il retire son esprit et elle rentre dans le néant, v

U créature glorifie son Auteur : l'immensité des oieux, ta ^lendeur du soleil, les terreurs de la tempête et du tonnerre (3), n tonte-puissance et sa majesté^ l'abondance des récoltes (3), sa bonté; les mystères de la vie or^nique (4) et les harmonies de la nature (S), sa sagesse. Sur la terre, dont la beauté n'est ternie que par la présence des méchants (6), tout a été créé l'un pour râiitre; tout a sa cause finale. Mais ces fins, qui sont devenues depuis Socrate, pour les philosophes doutant tous de Dieu, ta meilleure preuve de son existence, étaient pour les Israélites un simple corollaire de leur foi en Jéhorah.

Des causes finales les prophètes se sont élevés à la notion des bis de la nature. C'est à leur foi et non à ta science qu'ils sont rederables d'une découverte dont notre siècle use et abuse étrangement. Ils concluaient de la législation du Sina! k celle du monde l^ysique , des saintes ordonnances d'Israël à celles, non moins permanentes, des choses inanimées. D'ailleurs, s'ils n'avaient pas su la nature régie par des lois immuables, comment auraient-Ils pu distinguer si nettement du cours ordinaire des événements les rares interventions de Dîeuî Le miracle, qui est l'exception, suppose at»olument la règle. Rappelons que, dans la vision cosmogoràque, le repos de Dieu au septième jour disait assez que l'ordre établi à cette date dans le monde resterait identiquement le même jusqu'à quelque nouvel acte de création. Ainsi s'explique comment le terme scientifique de lois physiques se lit dans Job, dans les Psaumes et dans Jérémie, tandis que les Grecs et les Romains ne voyaient partout que l'aveugle destin. Jérémie étaitméme û convaincu de l'immutabilité de ces ordonnances des cieux et de

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la terre, qu'il en tire un ai^jxtment en faveur de la perpétuité de l'alliance que Jéhovah a contractée avec Israël par une intervenlion miraculeuse. Ce qui dans notre âècle doit démontrer l'impossibilîté du miracle, en attestait pour les prophètes la réalité et la permanence [1}.

A la régularité des lois de la nature s'oppose l'indéAnie diversité desa&tres, des minéraux, des plantes, des animaux. Le plus grand des sages d'Israël et son seul naturaliste, Salomon, y voyait, par une saiut« inspiration, les libres jeux de l'étemelle Sagesse (p. 99}.

Ces jeux eux-mêmes glorifient sans réserve l'Etemel; car « toutes choses, » sans exception, ont été s faites avec pinds. nombre et mesure (i).

Cependant, le monde physique et le monde moial , piY>cédant d'un même Di^u, doivent être pleins des mêmes idées et offrir de nombreusesanalogies(p. 40). Aussi les grands événements de l'histoire se présentaient à l'espnt des prophètes sous des formes empruntées à la nature (3).

Ces mêmes prophètes (et ici nous rentrons dans le champ de l'historiosophie) annoncent que vers la fin des temps la nature qui, depuis la chute, est sous le poids de la condamnation divine, sera restaurée et purifiée : les déserts recouvreront leur première fertilité et la vie humaine sa longue durée (4).

Mais ce qui éveille en nous un intérêt tout particulier, ce sont les vues des prophètes sur les rapports de la géographie et de l'histoire. Ils laissent à Hippocrate et à Montesquieu l'étude de l'influence fatale du climat sur l'homme. Leur foi en Dieu leur apprend à discerner, trois mille ans avant C. Bitter, la conélatiou providentielle de la configuration de la surface teiTCstre avec la vocation et les destinées des peuples. On ne peut comprendre eu plein les prophéties de Jacob et de Moïse sur les doUxe tribus d'Israël sans une connaissance très-exacte de la Terre-Sainte. Pour n'en citer qu'un exemple, les délices de la haute GaUlée ont fait d'issacar une tribu paciâque, toujours prête à sacrifier son indépendance à son repos (SJ.Exéchîel nous montre Jérusalem placée de Dieu, comme au centr-e du monde civilisé, pour que le peuple

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saint pût servir d'exemple à tous les paya cîrconvoisins (1). La fertilité des plaines du Tigre rend compte des vastes dimensions qu'avait prises le cèdre assyrien (2). Le prophète Nahum connaissait assez bien l'Assyrie pour savoir quelles étaient les c poilcs du pays (3J , ■ c'est-à-dire les gués du Tigre et de ses aftluenu et les défilés des montagnes, il y avait de secrets raiforts entre Torgneilleuse présomption de Tyr et les hautes cimes, les richesses et la magniâcence du Liban (1). Comment méconnaître dans ces aperçus les premiers linéaments d'une science qui n'a été fondée que dans notre siècle ?

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