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u. Le JuBl« que David voyait nocifier par lea imfMec inités de sa pitité, typifiait le Saint par excellence mis en croix sur Golgotha (1). L'agneau pascal était pour Esaïe l'image de Celui qui était conduit, muet, à la boucherie, et qui expiait tous les péchés du peuple (i). Enfin, àla fête des Expiations, des deux boucs, l'uo chargé des iniquités bumaines, les emportait au désert où Dim l'abandonnait à Betan; l'autre, de son sang pur nettoyait dans la sanctuaire le trAna de Dieu des souillures des en&nts disraël (3). Cependant, il ne suffisait pas que le Messie nous récondlilt avec le Dieu trois fois saint en nous lavant de nos impuretés, et satisfit à la justice divine en prenant sur lui la peine de nos iniquités. Ce n'était 1& que nous sauver de la condamnation en obtenant de IHeu notre pardon. Il fallait nous affranchir personnellement du péché et rendre possible la sainteté. Mais le péefaé étant tui acte de notre libre volonté, le remède doit nécessairement être de même nature. Or nous trouvons de telles jouissancet dans le mal que nous ne voulons pas y renoncer, et nous le vondrimis que nous ne le pourrions pas, tant est radicale la corruption de notre nature. Le Messie aur^t donc en vain offert le pardon et prêché la sainteté au monde ; quelques ftmes d'élite auraient à peine prêté l'oreille h sa parole; l'humanité se serait reftisée à le suivre. A quel agent plus puissant que sa parole devait-it avoir recours pour extirper de nos cœurs le péché 1
Dans le plan antélapsaire de rétemelle Sagesse, l'homme psydiique devait k un certain moment de son évolution être initié parle don de l'Esprit-Saint k la vie divine de la foi, de la prière et l'amour. Par la chute et par ta rédemption, la simple initiation est devenue un affranchissement de l'&me asservie b la chair, une résurrection de l'âme morte dans ses fautes, une nouvelle naissance de l'Ame dont la vieille nature corrompue fait place à une nouvelle et sainte nature. Mais l'tpuvre de la rénovation n'est posàble qu'à la condition que Dieu ait accordé auparavant son pardon k l'humanité coupable et souillée , et ce pardon suppose la purification et l'expiation du Messie. Aussi dans les prophéties de Jérémie et d'Ezéchiel (p. 106} ce don de l'Esprit-Saint est-il indissolublement lié b la rémission des péchés, et dans l'histure Golgotha est de trës^rèa suivi de la Pentecàte. Le Messie et l'Esprit-Saint ne se peuvent séparer.
Ainsi s'expliquent les révélations prophétiques relatives à l'ail) Pl UIL - » UU. - n Uf. ITI.
nité dtfsitire du genra humain. L'EsprU da Disu, «a rigénérant l'homme déchu, fera prévaloir en lui sur l'égoïsme U fraternité et la charité qui doivent an jour faire de toutes lei oatioiu un seul peuple. Hais cet Esprit n'agira sur l'huœanità que pir la foi au Messie, et la Meute deviendra l'unique roi de la terre entière.
Toutefois la parole du Messie et l'aotîon de l'Esprit laissent i llHHOme sa pleine liberté. La résistance du monde à Dieu sera longue et terrible. Dieu frappera de ses plus rudes cbAUments les nations rebelles pour les contraindre en quelque sorte k se laisser réconcilier avec lui; il détruira entièrement oellea qui s'endurciront dans leur impénitence. Aussi dans tous les livres des prophètes hébreux le Messie e^-il aussi bien le juge des nations que leur «aoveur, le seigneur qui les luiae avec un sceptre de fer {!) qne leur miaéricordieux libérateur. D'après l'historiosoidiie lùbUque 11 Cité de Dieu ne s'édiAe que sur les ruines de l'universelle et redoutable Cité de Satan.
Si nous anticipons les révélations de la nouvelle alliance, nous dirons que le Messie est non-seulement le rédempteur, le juge, le monarque des nations et, à ces divers titres, l'accomplissement de la loi et de la prophétie, mais le dernier Adam, l'Esprit vivifiant) l'slpba et l'oDoéga de l'humanité, en quelque sorte le fnvot de l'histoire.
Nous n'avons point è raconter ici coounent d'Adam è Malaohie TuDage pro^diétique du Messie s'est d'un Age à l'autre complétée par l'addition de traits nouveaux. Il devait naître pour Adam de la femme, pour Noé de la race de Sem, pour Abraham de la postérité disaac, pour Jacob de la tribu de Juda, pour Nathan de la famille de David (i). Les théophaniea de Jébonb sous les premiers patriarches hébreux, préparaient de très-loin son inoamation; la loidu Sinaï le préfigurait; de pieux héros présageaient ses vertus, ses Boufi&anoas, sa mort, ses triomphes; Joël annonça le premier l'einisioo de son Esprit; Michée son éternité et sa naissance à Bethlébem; Esale toute son histoire; Daniel l'année de sa venue; Zacharie sa passion; Melachie son précurseur. Il est d'ailleurs fort étrange qu'Esale lui-même ut k peine entrevu confusément sa rémrrection et son ascension. Ici encore nous croyons qu'un tel nlence s'explique par la réserve que commandaient les fables prennes des nations voisines, il ne fallait pas que ta multitude
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grossière et charnelle en Israël prit le Messie promis poav un noavel Horus ou pour un Adonis.
L'attente du Messie fait de l'hisloira d1sra£l une histoire unique et incomparable. Les Guëbres ont leur Sosiosnh, les Ifindous leur Vichnou, les bouddhistes leur Matreya, les Chinois leur Saint; mais ces espérances que nulle prophétie n'alimente et que dément d'âge en âge la réalité, s'évanouissent comme de vains rtves. L'espérance des Hébreux au contraire fut leur vie jusqu'à son accomplissement en Jésus^hrist, et cette nation est morte le lendemain du jour où elle a méconnu et crucifié son Messie.
Mais comment ces Hébreux, à qui Dieu révèle l'histoire future de l'humanité, ont-ils été maintenus dans une ignorance complète sur le sort des âmes après la mort? Il y a là pour plusieurs une occasion de scandale. Opposons d'abord l'ignorance modeste et patiente d'Israël aux vaines imaginations des Egyptiens qui avaient de leur Amenthès des cartes aussi détaillées que de leur pairie, et rappelons qu'on ne découvre pas chez )e peuple élu la moindre trace d'un culte des mânes et des héros à un âge oii ce culte florissait SUT toute la tene. Puis, il est hors de toute cmiteslatioD que les Hébreux savaient, comme les nations païennes, que l'âme ne meurt point avec te corps(l). Ils croyaient que les âmes descendaient toutes, sans distinction, dans un lieu souterrain où elles vivaient dans les ténèbres, muettes, inactives et tristes (2), attendant l'heure de la délivrance ou du jugement. Or, on peut supposer que tel était en effet l'état des ombres avant la mort et la résurrection du Messie. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, an moins est-il évident que ces sombres perspectives du Schéol devaient faire soupirer avec ardeur les Hébreux après ces beaoz temps où le Messie ferait régner sur la terre restaurée la justice et la joie. Ils auraient sans doute (ait preuve de plus de spiritualité en élevant vers Dieu, vers le ciel, vers les demeures des auges leur cœur et leurs espérances. Hai^ ils étaient infirmes, psychiques, et les biens terrestres avaient à leurs yeux plus de charmes que les choses invisibles. Un David même, un Ezéchias vojBÎent dans la terre le séjour des vivants (3) . D'ailleurs, à cet âge de l'humanité, l'individualité n'était encore qu'à demi dégagée des liens de la solidarité, et ce qui préoccupât les Hébreux, c'était bien moins leur résurrection personnelle que celle de leur nation :
toutes les générations passées devaient un jour sortir des tombeaux pour gcfiter ensemble sur la terre les joies dont le Messie comblerait Israël et les nations (I). Cette espérance n'était peutùtre point une vaine imagination; car dans les Révélations de saint Jean il est fait mention d'une première résurrection qui ouvrira sur la terre le règne de mille ans (2).
Vin. — l'état et la sociétés
Si l'historiosophie emprunte ses premiers et grands principes k la religion, elle ne peut d'autre part résoudre certaines questions de détail sans le secours des sciences politiques et sociales. Nous ilevonsdonc indiquer ici très-brièvement la solution que les prophètes et les sages hébreux donnent du problème de la prospérité des nations.
Cette solution est en opposition directe avec celle des philosophes anciens et modernes. A les en croire, le bonheur d'un peupi:' dépendrait de sa vie politique et de la forme de son gouvernement. Le salut viendrait ainsi des législateurs, Esaïn, au contraire, disait avec une précision toute philosophique : n La pais est l'effet de la justice (3). » Soyez justes, c'est à-dire croyez au seul mi Dieu et i» son Oint, obéissez à sa parole, et, quelque forme de gouvernement qu'il vous plaise d'adopter, vous vivrez dans la paix. Vous serez en paix avec Dieu, avec vous-mêmes, avec vos concitoyens, avec les peuples voisins, justes et heureux comme vous. Ici la condition du bonheur national, c'est la foi personnelle au ilieu vivant, premier auteur de tout bien.
Salomon et Moïse nous disent que les effets delajustice, dansie domaine spécial de la politique, sont : pour le roi {l) l'afTermissement de son propre trône (5) ; pour la nation sa prospérité et son élé\Tition, tandis que le péché est l'opprobre des peuples (6); pour la famille la vie paisible sous sa vigne et son figuier (7); pour les pauvres et les malheureux la délivrance (8); pour tous la bénédiction de Dieu, abondantes récoltes, domination sui; les peuples voisins et éloignés, et gloire éternelle (9).
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Ce serait aller directement Ei l'encontre des textes el de l'esprit de nos saints Livres que de chercher dans la monarchie dlsraël des arguments eh faveur de la royauté élective et tempérée avec Algemon Sidney, ou du despotisme d'un Louis XIV avec Bossuet. Les Hébreux avaient la forme de gouvernement qui convenait le mieux il y a trois mille ans à un peuple oriental et sémitique. Cette forme ne leur avait point été imposée par une révélatiou divine, et elle l'aurait été qu'encore elle n'aurait pas obligé les races latines et germaines d'Occident; car la Loi tout entière a été abolie par l'Alliance de grâce qui en a transformé les préceptes psychiques et nationaux en des vérités spirituelles et humanitaires.
Nous dirons toutefois aux disciples ds Bossuet que la royauté asiatique d'Israël était moins illimitée qu'on ne pourrùt le penser à première vue. Elle avait été établie à ses origines par le peuple même (4). Elle avait laissé subsister à cAté d'elle les anciennes instititutions patriarcales et démocratiques [i). Il s'était formé autour du ti-âne une aristocratie qui dans les derniers temps était plus puissante que le roi [3). Enfui et surtout, le despotisme des mauvais rois devait compter avec l'opposition des prophètes auxquels nous pouvons comparer les sages de la cour impériale chincùie. David adultère se trouve subitement en face de Nathan; Sçemahja défend à Roboam d'envahir Ephraïm (4) ; un prophète renverse d'un mot l'autel où Jéroboam offrait son premier sacrifice au veau d'or (S) ; Hanani reproche en face au roi Asa son manque de foi et est jeté en prison (6) ; Elle rencontre Acbab dans la vigne deNaboth{7).
L'économie nationale, comme la politique, a d'après la Kble pour unique fondement la justice, la piété de tous, la charité des riches, la tempérance et la probité des pauvres. Faites naître et régner ces vertus dans les Ëœurs, et les problèmes les plus difficiles de l'organisation sociale se résoudront cx)mme d'eux-mêmes.
Le temps tiendra où l'on avouera avec l'homme de génie méconnu qui est l'auteur des harmonies économiquei, BasUat, que i Dieu n'a pas déployé dans le mécanisme social moins de bonté touchante, d'admirable simplicité, de magnifique splendeur que dans la mécanique céieste.nAlorsaussiàl'exempIeduPèreGratrj-, on découvrira dans les saintes Ecritures des trésors de sagesse pratique auxquels personne n'avait pris garde. Je ne toucherai ici
(Il Dent. \\n, n: t Sun. VI. i;i;aStm. Il[, (Siin \«,M:is.ni.lll,(Ii V.ï " ' - OHBoijItlI. B. -|:<)»fd., MU.
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qu'aux deux graves questions de l'inégalité des conditlona et des fortunes.
la loi de Moïse n'a pas supprimé l'esclavage. Hais au temps d'Abraham les esclaves ae nommaient encore des initié» (1) parce qalls participaient en hommes libres et responsables à tous les actes du culte patriarcal. Aussi sont-ils circoncis avec Abraham et son fils Ismsôl (2), et dans Iti loi léviliqufl non-seulement ils 90Dt incorporés per oe rite bu peuple élu (3), mais ils avalent leur place aux sacrifices (4) . Les esclaves n'étaient donc nullement des choses en Judée comme ils l'étaient en Grèce et à Rome, et l'on peut dire qu'en fait, au temps de Jésus-Christ, il n'y avait plus parmi le» imtttiue des iervitturt, des domettiques. L'esprit de la loi mosaïque en cette question vitale se manifeste dans un des passages les plus remarquables et les moins remarqués des pro' pbètes. Jotïl annonce qu'un jour l'Etemel répandra son Esprit sur les esclaves des deux sexes comme sur les personnes libres (S). Les uns comme les autres prophétiseraient, et Dieu accorderait à tous sans distinction te plus beau, le plus précieux de ses dons. Il est bien évident que l'esclavage est aboli de droit par l'efîusion de l'Esprit-Saint sur les esclaves.
Quant à l'iuéffalité des fortunes, Moïse y avait remédié selon la justice et dans les limites du possible, en partageant les terres conquises entre les tribus- dlsraél et leurs familles proportionnellement 1 au nombre des noms » ou des têtes (G), et en ordonnant par rînstitution de l'année sabbatique te retour aux familles ap* pauvries, de leurs terres temporairement aliénées(7}. Pendant la période des Juges, les invasions des peuples étrangers auront certainement causé de profondes perturbations dans la société Israélite. Mus elle se relève de Samuel à Salomon, et > durant toute la vie de ce roi, Juda et Israël habitèrent en assurance, chacun sous sa vigne et son figuier (8). » C'est en ces mêmes termes que Micbée dépeint le bonheur à venir de toutes les nations sous le règne de l'Etemel et de son Oint (9). Pour que chaque famille ait sa vigne et son figuier, il faut que les pauvres ment renoncé aux vices qui
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I l'bélitea, ■ cité Intl il'dprt* lo LW (icin II, m. el ii« iraduciviin i
sont la cause presque unique de leur misère, et que les riches ne soient plus les seuls propriétaires de vastes districts. Celte révolution tout & la fois sociale et morale, que notre siècle athée et matérialiste veut opérer par la législation et par la guillotine, sera l'œuvre de Dieu. 11 est le protecteur des opprimés et des pauvres; il les délivrera des mains des riches iniques i qui les consument, i et sur lesquels « il répandra sa colère comme un torrent (I). » Le jour du Messie est en même temps celui de la vengeance de Dieu et Tannée de sa grâce et de sa bienveillance. Il ouvrira la prison à tous les débiteurs, et personne ne nuira plus à son prochain (2) .
Le Messie réalisera donc un jour le rêve de nos socialistes. Ils désirent ce que Dieu a promis et ce que malheureusement a oublié l'Eglise. Mais c'est en crucifiant leur Sauveur qu'ils prétendent arriver à la paix et au salut.
La pais est la lille de la justice et non de l'impiété.