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IX. — LE OOCTEMEMEaT DIVIN DE L'HUMiSITE ET SES LOIS

Le Messie, écrasant la tète du serpent qui avait séduit Adam, naissant de la race d'Abraham, réconciliant avec Dieu, par un sacrifice d'expiation, l'humanité déchue, la renouvelant intérieurement par l'effusion de l'Esprit de sainteté, et, après de sévères jugenients,la constituant en un organisme spirituel par une même foi dans la justice et dans la charité : telle est, en ses traits généraux, l'historiosophic antélapsaire et infralapsaire des prophètes hébreux. Voyons maintenant quelles lois le Dieu d'Israël et des nations suit dans le gouvernement ou la rédemption de l'humanité, et comment sa sagesse et sa justice concourent à l'exécution de ses desseins de miséricorde.

1" Jéhovak Dieu de l'univers.

Jéhovab,qn est le seul vrai Dieu, a fait des Hébreux son peuple élu. Non-seulement du haut des deux il les a choisis- et formés, il les béait, tes chfitie, les délivre ; mais il a fait habiter au milieu d'eux, dans le sanctuaire du tabernacle et du temple, son nom (3)

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ou s» gloire {i ) ; maïs il s'est révélé à leurs yeux par son nnge (2} ou l'ange de sa face f 3) ; mais il leur a démontré sa présence par des mervptlles, des miracles,' des actes de puissance, des signes s)'mbolîques et typiques (i) ; mais il se communique à eux par son Esprit, qui se pose sur certains hommes d'élite (sans habiter encore dans les cœurs {5], et qui fait d'euxdescrtistes(6), des juges, des sages [7), des chantres, des prophètes.

Cependant Jéhovah, malgré les faux dieux qu'adorent les nations païennes, et les puissants empires qu'elles fondent sans lui et contre lui, n'eu est pas moins le « Seigneur des seigneurs (8) ■ et a le Roi de toute la terre (9). * Il juge (10), et révèle à l'avance ses jugements à ses prophètes (M j. Il donne les royaumes à qui il lui plaît, même au plus abject des hommes (12), et n'a de compte à rendre à personne. aQui dirigerait l'Esprit de l'Eternel, et qui serait son conseiller? Voici, les nations sontdevant lui comme l'berbe des prés qui fleurit un instant et se &ne, comme (des nuées) de sauterelles (qui passent et disparaissent), comme ta menue poussière répandue sur une balance, comme un néant (13). >

L'Eternel agit en toutes choses avec une souveraine liberté. Sa loi, c'est de n'en reconnaître aucune. Il est sa propre règle h luimême. Mais le bon plaisir de Dieu n'est jamais un arbitraire caprice. Ses décrets, quelque incompréhensibles qu'ils soient pour nous, sont tous saintâ, c'est-à-dire souver^nement miséricordieux, justes, sages et puissants. Tous ils tendent à sa gloire (11). Sa gloire, c'est la félicité -de ses enfants, et, comme pour une race coupable et malheureuse telle que la nôtre, il n'y ade félicité possible que si Dieu pardonne et délivre, la rédemption est le but du gouvernement divin de l'humanité.

L'amour, qui s'est posé ce but, demande k la sagesse les moyens de l'atteindre, use de sa loute-puissance pour exécuter son plan, et respecte en plein les droits de la justice.qui concourt à l'œuvre commune sans rien sacrifier de sa rigueur infinie.

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Noue éludierons d'abord lea lois qui manifestent tout spécialeoient la sagesse de Dieu, puis cellesqui nous révèlent plus particulièrement sajustice.et enlin celles très-complexes delà solidarité.

2" Lois de la sagesse divine,

La sagesse a conçu le plan de riiistoire de l'humanité ou de sa rédemption et en a réglé les moindres détails. Elle le peut parce que h matière ne lui oppose aucune résistance. Dieu l'a créée en vue dos créatures intelligentes; il l'a faite ce qu'elle devait être pour répondre auii desseins de sou amour. Aussi le nom même du destin oe se lit pas dans la Bible. Ii'opposition entre le Destin des païens et la Providence des Hébreux creuse entre eux un fossé dont on ne saurait exagérer la largeur et la profondeur.

1a Providence s'étend, comme nous l'a déclaré Jésus-Christ, jusqu'au moindre passereau, jusqu'aux cheveux de notre tête. Le hasard existe aussi peu que le destin pour les prophètes hébreux. Même dans le.cas de l'homicide involontaire, c'est <t Dieu qui a fait renoontrer l'un sous ta main de l'autre (1). »

Le plan de la rédemption, où brille « la sagesse infiniment variée de Dieu (3), » s'exécute lentement et progressivement dans le cours des âges. Pour bannir du cœur des Hébreux toute idée d'accident et d'aveugle fatalité, le Seigneur, l'Eternel (ainsi que le déclare formellement Amos (3) } , k ne fait rien) qu'il n'ait aupars' vaot révélé son secret aux prophètes zm serviteurs, d Cela est vrai, en petit, des événements de quelque importance de l'histoire d'Israël. Cela est vrai, en grand, du salut de l'humanité par le Messie. Les faux dieux gardaient à peine la mémoire du passé, surveillaient le présent sans le maîtriser, ignoraient l'avenir et vivaient esclaves du destin. Aussi attendaient-ils dans leurs temples fatidiques qu'on vint les consulter sur une affaire toute spéciale, ou se bornaient-ils à donner par le vol des oiseaux, par les coups de tonnerre, par les entrailles des victimes, des signes que l'on interprétait plus ou moins arbitrairement. Mais Jéhovati prédit et explique oe qu'il se propose de feire, et chacun de ses actes se relie à un plim étemel.

Il) La loi du progrès. — Ce plan embrasse dans une même pensée l'histoire de la terre et celle de l'humanité, Nous devrions, à

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l'aide de la tradition des sî\ jours cosmogooiquos, montrer notre Dieu du progrès (p. 101} partant du chaos pour s'élever par le minéral, la plante et l'animal, à l'homme. Mais l'objet de nos recherches est ici la loi que Dieu a suivie dans le gouvernement et la rédemption de l'humanité.

Cette loi, nous la connaissons déjà (p. HO), c'est celle que saint Paul a formulée en ces mots ; a D'abord le psychique, puis le spirituel. »

Le spirituel, c'est la piété, c'est ta foi, l'espérance des choses invisibles et l'amour de Dieu ; c'est l'Eglise et ses œuwes multiples de mission et de charité. Le psychique , c'est la vie de l'homme avant la foi ; c'est la famille, la société, l'Etat ; ce sont les travaux manuels, les beaux-arts, les sciences. Or quel ordre le Dieu créateur avait-il donné au premier homme î a Assujettissezvous h terre (i) » ou la nature par la culture de la terre et l'élèvp des troupeaux, par l'industrie, par le commerce. Et quel est l'homme le plus illustre du premier monde dans la tradition humanitaire? Tubal-Caîn, le père de cette méttiUurgie, qui enfante constamment de nos jours de nouveaux prodiges. Puis, après le déluge, quel ordre nouveau reçoit de Dieu l'humanité issue de Noé! Celui de punir le meurtre (2), c'est-à-dire de créer le tribunal criminel, et de fonder ainsi l'Etat, qui est la condition du plein épanouissement de la civilisation, des sciences et des beaux-arts. Et quel spectacle nous offre l'histoire de l'antiquité, si ce n'est celui d'une foule de nations qui, constituées en États, essayent de toutes les formes possibles de gouvernements î Enfin, quel est l'ordre suprême que Jésus^hrist a laissé à ses disaples? Celui de convertir toutes les nations. Et l'Eglise n'est-elle pas, en effet, le caractère distinctifde l'histoire moderne? Voilà donc trois paroles divines qui, prononcéescn quelque sorte àvingt siècles de dislance, divisent l'histoire de l'humanité en trois périodes de deux mille ans chacune ! D'abord le travail manuel, puis la vie politique avec le travail manuel, enfin la vie religieuse avec le travail manuel et la vie politique. Ou, en d'autres termes : le monde primitif avec ses {{rands ouvriers; le monde ancien avec ses héros et ses ouvriers ; le monde chrétien avec ses saints, ses ouvriei's et ses héros, ^'ailleurs la formule en deux termes de la loi du progrès s'enrichit d'un troisième par le dédoublement du premier. Nous dirons : du corps, par l'ôme, à l'esprit. Peut-on imaginer une loi plus sini-

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pic, plus plausible, plusféconde? Gomment la philosophie ne l'at-elle pas découverte, et comment se trouve-t-elle depuis deux et trois mille ans cnchée dans la Bible ? {!) L'hisloriosopliie vient de l'en défrayer à demi par le Père Gratry .

Celte mémo loi s'applique à l'histoire d'Israël. Le miracle qui p:ii' la vue fait ou quelque sorte violence k la volonlé, est moins spirituel que la prophétie qui par la parole et la persuasion a^t sur la conscience. Aussi la précède-t-il dans le cours des siècles, déploie-t-il toute sa puissance par Moïse alors qu'elle existait à peine, et disparait-il eu Israël au temps d'Ezéchias et d'Esale où elle était dans toute sa (leur.

L'histoire de la prophétie est piiieillement régie par la même loi. D'abord, d'Abraham ft Samuel, des voyants à qui Dieu apparaît sans les inspirer; ils sont muets. Puis, de Samuel à Joël, des luibi qui sans théophanic ni révélation sont saisis par l'Esprit de Dieu et épanchent à flots des paroles surhumaines. Enfin, les prophètes écrivains (les Khozeh du Talmud), en qui s'unissent et s'harmonisent l'objective révélation et l'inspiration subjective '■%).

Il y a progrès enfin de la Loi psychique de Moïse à l'Alliance spirituelle du Messie, A leur sortie d'Egjpte, les Hébreux, comme tous les autres peuples contemporains, n'auraient pu adorer Dieu n en esprit et en vérité; » car l'humanité entrait à peine dans son adolescenceetpoursb faire comprendre d'elle il fallait parler iison imagination. Aussi le culte lévilique est-il tout symbolique et cérémonial. Comme le dit l'auteur de l'épttre aux Hébreux, ces rites étaient empruntés aux éléments du monde matériel (3), » La Loi, d'après saint Paul, n'était que u le pédagogue " qui élevait Ipra^'l u pour le Christ (-1) . » Il y a donc un fond de vérité dans l'idée ip Lessiiig que Diru a fait par ses révélations progressives l'éducatioa de l'humanité. U n'a pas soumis les patriarches sélhites à l'austère discipline de la loi lévitique ; il n'exige pas d'un Gédéon la piété d'un Esaïe, ni d'Esaîe le zèle missionnaire d'un saint Paul, et nous l'avons vu dérober aux regards des Hébreux les mystères de la Trinité, des puissances de l'enfer et des destinées des ombres.

Itlais les Hébreux n'étaient pas seulement psychiques et infirmes; membn's d'une race déchue, ils entraient dans l'Ailiance avec un esprit charnel et les mœurs viciées de leur siècle. Leur divin Educateur, dans sa sagesseet sa bonté, a tenu, compte de leur état

dlrrémédiable corruption. Tout en leur ordonnant d'être sftints comme loi et en se résenant de les sanctifier un jour par son Esprit et le Messie, il tolère pour un temps la polygamie, le dî- Torce et l'esclavage, autorise la vengeance et la guerre, limite ses promesses comme ses menaces à la vie présente et ne fait pas un devoir de la prière ni du renoncement.

Les prophètes avaient fort bien compris le caractère transitoire de la Loi et en particulier des sacrifices (1 }. Aussi l'épitro aux Hébreux ne fait-elle certainement qu'exprimer leurs sentiments en déclarant la Loi ■ faible, défectueuse (3). » L'Eglise chrétienne a méconnu ce caractère psychique de l'ancienne Alliance : le moyen Ige cherchait dans le culte lévitique la légitimation de son sacerdoce et de ses rites symboliques ; la Réforme croyait ne pouvoir assez exalter l'autorité absolue de la Itihie tout entière. IJi libre pensée s'est emparée de nos erreurs pour nier l'origine surnaturelle de la Loi, que nous ne pouvons défendre, à l'aide de la doctrine du progrès, qu'en rompant avec la tradition de l'Eglise.

Cependant au progrès du bien doit nécessairement correspondre le progrès du mal. Quand la piété devient de plus en plus spirituelle et intime, il ne se peut que l'impiété ne soit de plus en plus subtile, raisonneuse, systématique, haineuse. Aussi voyons-nous les Hébreux au désert du Sinaï ëlrc sensuels et idolâtres, sous les derniers rois de Judatuer les prophètes, et lors de la domination romaine crucitler le Messie lui-même.

A la loi fondamentale du progrès s'ajoutent les lois particulières des privilèges, des plus humbles moyens et de la conversion du mal en bien.

6). Loi des privilèges, ou de l'élection, ou de la prédestination. — Celte loi est universelle ; elle a présidé à la création de la terre oomme elle préside à l'histoire de l'humanité. Dans toutes ses œuvres Dieu attribue à certains éléments ou ii certains êtres des qualités d'un ordre supérieur, parce qu'il les prédispose àde hautes fonctions en vue du bien de l'ensemble. Dans la nature la terre est mieux partagée que la lune, l'oxygène est bien plus puissant que fazote, le fer est plus utile que le platine, l'Europe plus avantageusement constituée que l'Afrique. De même dans l'iiistoire,

t'MilIB. W. a.tl. L, t; Li. 1»; trot. IV, f; Am. V, 31; Uich. VI, I; El [, II; LUM.»; lfr.<1.m:vii.xi.

B) vil. Il; ril[.T; IX. « iqq. Cami]. RoiD. 1\. I;GU. JV, 3. t. - V. La dhilnlM (« nMm"* «< r.<»cini rufamnl ft diDf C*riit rtif nnHliu lileltrt Ul nr lu r#T«liU«ii te* deni •lilani. |« MtTEi un-IIlT nr flupInUoa piTcUiiae cl ifirtiotU*. <t II KItn IV rat In

Sem et Ja[èet sont mieux doués que Gam; dans toute société il est des familles plus saines, plus intelligentes, plus riches que d'autres. L'Ancien Testament qui repose tout entier sur l'élection d'Israël, nous enseigne à voir dans les élus de l'Etemel les ioslruments d'une œuvre de charité plus ou moins étendue. C'est ainsi qu'Abraham a été choisi non point en vue de son propre salut ou de celui de sa nation seule, mais pour que de lui sortit le Sauveur de toutes les nations(l). Quand donc l'Eternel semble souverainement injuste en rejetant les païens pour élire Israél, il ne lait que préparer de très-loin la rédemption de tous par le moyen d'un seul.

c). loi dei plut humbles moyeni.^l)ie\i,doai]&pvissaoceestà'ant absolue intensité, se plaît à opérer sur la terre les plus grands événements par les causes qui ont le moins d'apparat et qui semblent aux hommes cbarnels les plus impuissantes. 1^ Sauveur de l'hu* manité sera le plus méprisé des Hébreux(3], et les Hébreux seront le plus méprisé des peuples (3). C'est un pauvre esclave étran- ((er qui nourrit pendant sept années de sécheresse le peuple des Pharaons. C'est un berger venu de Madian qui délivre le peuple é)u des majuis des Sésostrides. Gédéon était le plus petit de la mai* son de son père (4), et c'est avec une poignée d'hommes qu'il met en déroute une armée innombrable. Un enfant sans armes ter rasse le géant Goliath ; te berger de Bethléhem devient le plus grand roi d'Onent. Une petite ville investie par un grand roi est délivrée par un homme pauvre et sage, car la sagesse vaut mieux que la force (5). En choisissant ainsi ce qui est faible pour confondre le fort, ce qui n'est pas pour anéantir ce qui est, Dieu ne permet à peraonne de se glorifier devant lui (6). Cette loi des plus humbles moyens n'est à tout prendre qu'un corollaire de celle de la moindre action ou de l'économie qu'a découverte Maupertuis, et qui était à ses yeux la preuve la plus évidente de l'existence de Dieu,

d} . Loi de la conoeriion du mal en bien, — l^eu tire le bien du mal et fait travailler les méchants à l'accomplissement de son œuvre dans les circonstances les plus diverses.

a Ce que vous aviez pensé en mal, disait Joseph i ses frères, Dieu l'a pensé en bien(7}. > Ici le juste arrive au comble de la

m C*B. XII. *. l! IllI, It-lliHV: lTn;IVUI. IS; XMI, IT. t»; UVt. »4, Mi tlTO, «,■: IXVni, »-»; ItlV, U. <t! ILVIII. *.

m Bl un, I. - m it. IVI, Il El. I, II. - 41 )I(M Tl. M. I« E«L II, 14, <l, CmbT,! Mot. ». IMI'. tHt. 1X1, Hi un, «, - |« t (M. I, tl-|l.

prospérité et de U gloire par la voie des souffrances oti l'avaient jeté les enoemis.

Les scandales servent à éprouver les Ames fidèles qui aunnon* tent la tentation et s'enracinent ainsi dans le bien. La corruption de tout un siècle rend d'autant plus glorieuse et plus inébranlable la piété d'un Noé, d'un Samuel, d'un Ëlie, d'un Jérémie. Comme il ne se peut que rien puisas séduire les élus (i), Dieu ne craint pu de les exposer aux plus rudes épreuves. C'est ainsi qu'il permet parfois aux faut prophètes de prédire quelque événement aliaôrdioaire, qui en effet arrive (3j et qui semble prouver une dirine mission.

L'endurcissement d'un Pharaon oblige en quelque Borte la sagtstedima à inventer, pour en triompher, des miracles de plus «0 plus éolatants, qui la glorifient aux yeux de tous les peuples n»iiis(3).

Gomme dans notre race déchue chaque individu est exposé à la ■Dédnnceté de ses frères et aux fléaux de la nature, et quo les géoéntioDs sont toutes solidaires les unes des autres, il ne se peut qnll n'y ait tûen des souffrances imméritées. La sagesse et l'amour de Keu en font ou des moyens de purification spirituelle poar un David exposé penduil huit ans aux persécutions de SaQl, on l'oocasion pour un Job de glorifier Dieu devant Satan.

Les souffrances méritées servent aussi au hien spirituel des cou- (iiblet; mais elles relèvent de la justice de Dieu plus que de sa

3" Lois de In Jtistîce dioitie.

U JQstioe infinie de Dieu riimmère avec une rigoureuse exaciilode l'obéisaancepar le bonheur et par le malheur la transgression.

Snr une terreoù chacun transgresse la loi, la justice a rarement l'occasion de récompenser et constamment celle de punir.

la punition, c'est l'impitoyable vengeance (4) selon la loi du ttiim[6). Mais, la justice concourant avec la miséricorde à l'exé- CQ&ondu grand décret de la rédemption, la punition fait phtce (fordinaira bu châtiment qui devient la règle.

Comment s'opère ce concours de la justice et de la miséri"

D,a,i,z.dbïG00gIc

corde? Or suppose communément que la premîàrc cède le pas à la seconde et renonce à tous ses droits pour lui complaire. Il n'en est point ainsi selon les Ecritures. Ces deux attributs divins s'unissent sans que leur intime essence en soit le moins du monde altrrée. Ils ne se tempèrent pas l'un l'autre et ne se limitent pas: car, en cessant d'être infinis, ils cesseraient par là même d'être divins. On ne peut pas davantage dire qu'ils se combinent; cardia leur synthèse naîtrait une autre perfection qui les absorberait totalement et dont le nom serait encore à trouver. Mais selon l'admirable expression du psalmiste(l), «ils s'eiitre-baisent. n Tels quf deux amis de même âge et de force égale, ils travaillent à unr œuvre commune en associant leurs volontés, mais en ne sacnfiant rien de leur divine nature. Ainsi la justice, qui a l'éternité devant elle, peut par égard pour la miséricorde différer de siècle en siècle la punition d'un peuple et jusque dans le monde à venir celte d'un individu; mais ses délais ne diminuent pas d'un brin la rigueur de la peine. Ainsi encore pour que la punition devienne un simple moyen de correction, il faut que la loi ait été absolument satisfaite par une expiation.

La justice divine était pour les Israélites une énigme pour ainâ dire insoluble. Comme Jéhovah ne leur avait point révélé les destinées contraires des bons et des méchants par delà le tombeau, les peines et les récompenses ne pouvaient être à leurs yeux que terrestres et temporelles. Or les rémunérations présentes ne sont que la première ébauche d'une œuvre qui s'achève dans le monde invisible. Aussi l'histoire des peuples ou du moins celle des individus devait sembler aux Israélites en une constante opposition avec la loi de la divine justice. De là cette question qu'ils adressaient sans cesse à l'Eternel : i Jusques à quand laisseras-tu te crime impuni et la piété souffrante? (2) d Ce n'était que par un suprême effort qu'ils parvenaient à comprendre que le tout de l'homme, u c'est d'aimer Dieu ■ et de l'aimer assez pour ne plus lui demandrr compte de la douleur. Le problème devait être bien plus difficile encore pour des païens tels que Flufarque et Proclus qui, longtemps après Asaph (3), le LivreâeJob et l'Ecclésiaate, ont cherché à comprendre les délais de la justice divine et les souffrances imméritées des gens de bien. La lumière ne s'est feîle que par Jésus-Christ mous croyons à un dernier jugement qui complétera tous les jugements antérieurs.

a). Lee chatihents. — Dans le cours des choses et uvaattle recourir à la punition, Dieu fait servir à son amour infini son infinie justice. ■ Ce n'est pas volontiers qu'il afflige et contriste les fils des hommes (l),» et sa pensée a été formulée par Ezéchiet en ces termes : a Je ne prends point plaisir à la mortdu méchant, mais à ce que le méchant renonce à sa voie et qu'il vive (2). n Parla verge à l'obéissance, par la douleur à la repentance, par la mort spirituelle à la vie : tel est le grand principe du gouvernement divin de notre race pécheresse. Ce sont les souffrances de la captivité «lui ont ramené à leur Dieu les Israélites : en Egypte, avant leur €iode; en Judée, à plusieurs reprises, pendant la période des Juges; en Babylonie, sous le sceptre de Nébucadnésâr et de ses

La repentance de l'hùmme et le repentir de Dieu. — Ia loi mémo (lu châtiment suppose que l'homme peut, par sa conversion, le différer ou même l'écarter entièrement. Le décret divin dépend donc dans de certaines limites de la liberté humaine, et d'absolu devient conditionnel. Sans doute Dieu, ayant une parfaite prescience de l'avenir, ne suit point dans ses volonlés les fluctuations (lèses infirmes créatures. 11 est l'immuable, il n'est pas « fils de lliomme pour changer et se repentir (3). n Mais il ne peut nous parler le langage qu'il se tient à lui-même : nous vivons dans le temps et dans l'ignorance de nos futures destinées, et s'il nous disait tout ce qu'il sait, nos forces morales seraient brisées par sa prescience, qui serait pour nous une nécessité fatale et désespérante. Aussi, pour ne pas porter atteinte à notre liberté, se donnet-il, dans les écrits des prophètes hébreux, l'apparence d'une ignorance semblable à la nôtre, et même d'une certaine versatilité. ■ Si la nation que je me déclare prêt à détruire se détourne du mal qu'elle avait fait, je me repentirai aussi du mal que j'avais pensé de lui faire. >> Mais, « lorsque j'aurai parte de fonder un royaume, que ce peuple fasse ce qui est mal, et je me repentirai du bien que j'avais dit vouloir lui faire (i).» Dieu a retiré ou plutôt suspendu une sentence de destruction à la prompte conversion des Kiniïites, effrayés par les menaces de Jonas (S), et à celle d'Ezéchias et de son peuple, à qui Michée avait annoncé que Sion serait un champ labouré, Jérusalem un monceau de ruines, la

m. ». conp. oi. II. I. - B) unir, h. comp. itui, -aux. h. Miii. I». mi. «i. •; rt.cji,i.~ (41 tir. ïviH, ^^^a. conp. I' ul, »-». - (S) >ot. Ul ei IV.

montagnedu temple une haute forêt (1 ) . Au Sinal, l'Eternel était au moment de laisser libre cours b son courroux et de consumer tout Israël; mais ici ce fut à l'intervention de Moïse qu'il se repentit du mal qu'il avait projeté (et non encore décrété (2)). Ailleurs, c'est spontanément qu'il a pitié du peuple et qu'il lui remet une partie de sa peine (3). Le cas contraire, oîi Dieu est comme forcé par l'ingratitude, l'aveuglement, l'impiété des hommes, à leur retirer les biens qu'il leur avait donnés, est très-rare dans l'Ancien Testament. C'est SalllkquiDieu reprend le sceptre d^s^a^;l (t). Ce sont les antédiluviens, dont In malice devint si grande, que « Dieu cul un grand déplaisir dans son cœur d'avoir fait l'homme sur la terre (5) . » Mais ce déplaisir ne prouve pas que Dieu ait renoncé h son plan miséricordieux de rédemption. C'est bien au contr^re pour en rendre possible l'exécution qu'il détruisit dans les flots du déluge toute la primitive humanité, qui était absolument morte à la foi et à la repentance.

Intercession. — Si la conversion du pécheur arrête le hraa de Dieu prêt à châtier, la prière du Juste pour son frère coupable peut avoir le même effet. Nous venons d'en citer un exemple, celui de Moïse au SinaT.

R S'il se fdt trouvé à Jérusalem, dit Jérémie, un seul homme faisant ce qui est droit et cherchant la vérité, » Dieu aurait épargné la cité (6). Mais lorsqu'il vint pour la renverser, 11 ne rencontra personne qui se tint devant lui sur la brèche, intercédant pour le pays. Aussi laissa-t-il un plein cours à son indignation (7). Un seul fidèle plein de zèle, de foi et de charité aurait donc sauvé Jérusalem; 11 aurait fallu dix hommes probes et honnêtes pour que Dieu fit gr&ce à Sodome. En effet, il suffit d'un seul fruit sain et savoureux pour attester que la sève de l'arbre n'est pas entièrement viciée, et d'un petit nombre de justes pour arrêter les progrès de la corruption sociale. C'est la pensée qu'exprime Jésus- Christ en appelant ses disciples le sel de la terre (8), et l'historio- SDphe doit reconnaître dans les hommes pieux la vraie force des peuples. Sans eux, les institutions politiques les plus habilement pondérées et les armées munies des meilleurs fusils ne retarderont pas d'une seule heure la chute des trAnes et la fin de l'indépendance nationale. Eux seuls sont les colonnes des Etats : dons les batailles, par leurs mains levées vers le ciel (fl), ils donnent la

victoire k leurs concitoyens; par leurs prieras d'intfiowesaioo, ils détournent de leur pays les foudres des vengeances divines. Le monde ne s'en doute pu, mais le ciel le voit et le sait(l}.

L'intercession, pour être efficace, doit partir d'un membre da peuple coupable (i). Ainsi Moïse, se tenant sur la brècbe dennt l'Etemel (3},3auva d'une destruction totale leslsraélîtes.parce qu'il était leur conducteur, leur législateur, leur général, leur jage, en un mot leur ftme et leur vie. D'ailleurs, ils n'élaîent qu'à l'eDtrée de leur carrière, et c'eût été bien sévère de les faire périr à leur premier crime. Mais au temps de Sédécias, ni Moïse at Samuel (4), ni Noé, Job et Daniel (5) n'auraient pu par leurs sapplicAtions délivrer Jérusalem; car leur présence dans cette Tille aurait été un simple accident. Jérémie lui-même avait été renié de sa nation, et ses prières pour les Juifs ne pouvaient avoir IVlBcRcité de celles qui seraient montées h Dieu du sein même de la génération condamnée k mort.

IVature des eh&Hments. — Si nulle intercession et nulle conver' sion n'ont modifié son décret, Dieu chfttie les nattons par les néaiix du monde physique, la maladie, la famine, les pestes; ou par l'homme, la guerre, l'asservissement, l'oppression.

Voici quelle est, dans le code pénal des nations, l'échelle des peines que Dieu leur inflige à mesure que s'accroissent leur démunlisetion et leur impiété. Cette échelle nous est donnée par HoTse (6), et les prophètes de la décadence y font fréquemment allusion (7) .

Ce sont d'abord les incursions dé l'ennemi, qui pille et se retire. 1a période des Juges ofl^ plusieurs exemples de ce premier genre de chfttiment.

Puis « le ciel est de fer, la terre d'airain, » C'est la stérilité el la bmioe comme au temps d'Acbab et d'Eue, au temps d'Amos, au temps d'Aggée (8).

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Les campagnes qu'ont rendues désertes la famine «t les incursions de l'ennemi, voient se multiplier les bétcs sauvages, qui se jettent sur Les hommes et sur les troupeaux.

Le peuple coupable s'obstinant toujours plus dans ses péchés, et le grand jour de sa condamnation approchant rapidement, Keu le frappe à la fois de ses deux plus rudes fléaux : l'épée sanglante de l'ennemi, dont les attaques et les victoires vont se multipliant, et au dedans la mortalité, l'épidémie, la peste.

Enfin, ta peine capitale, la mort de la nation, la perte de soa indépendance, le renversement de sc^ palais et de ses temples, les horreurs de la famine dans les villes assiégées, les cités en ruines, les campagnes désertes, les habitants emmenés en captivité, dispersés en tous lieux, livrés sans défense à leurs impitoyables oppresseurs, exposés, en un mot, à toutes les exactions, les persécutions, les traitements barbares qu'ont endurés les Juifs, pendant le moyen Age, dans notre Europe, et que Moïse leur avait prédits deux ou trois mille ans d'avance avec une effroyable vérité {i) .

Instiianents des châtiments. — Les rois et les peuples que Dieu a choisit, appelle, sacre (â), » pour exécuter ses sentences de mort, et dont il fait ainsi « les instruments de son indignation (3), » prennent par exception l'épithète de u justes,» parce que l'œuvre qu'ils ont ordre de faire est une œu*Te de justice. Assur devient ici, tout païen qu'il est, a la verge et le b&ton de l'Eternel (i), d et Nébucadnésar a son épée, son marteau, n l'arme de guerre avec laquelle il a mis en pièces toutes les nations (5). Cyrus est pareillement le pasteur de Dieu et même son oint ou messie, qu'il a pris par la inain droite pour renverser les trônes païens et pour rebfitir Jérusalem [G] . 11 y a folie et surcroît de péché, de la part des races condamnées, à tenter de résister les armes àla main aux exécuteurs des décrets divins {7).

Cependant le peuple qui est chargé de chfttier les autres, ne comprenant pas sa mission, at cruel, féroce, quand il ne devrait être que sévcre. 11 aggrave ainsi, contrairement aux intentions divines, la peine qu'il devait infliger. En outre, il s'attribue à luimême tous ses succès, et attire sur lui les vengeances d'un Dieu Jaloux de sa gloire. Aussi sera-t-il à son tour chfttié et puni de mort (8).

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JUgamuse jutticedes châtiments. — D'ailleurs JéhoTah, dans tous ses jugements, proportionne ii la coulpe le ch&timent et la punition. Comme la coulpe s'accrott avec la connaissance de la loi morale et de la vérité divine (1), Jérusalem, qui a commis la moitié plus de p^és que Samariej et qui même est plus criminelle que la famease Sodome (2), sera châtiée plus sévèrement qu'aucune autre dté. C'est d'après ce même principe que dans les limites de la Terre-Sainte, Dieu s commence son œuvre de jugement par son anduaire, « c'est-à-dire par les a vieillards du temple, n les lé- TÎleset les sacriScateurs (3).

Dans les ch&timents que l'Etemel inflige aux Israélites sous leurs derniers rois, il prend les exécuteurs de ses sentences, Qoo-setilement parmi les ennemis de la nation élue, mais tout spécialement parmi ses complices et ses indignes amis, parmi ceux à qui elle s'étùt honteusement livrée en trahissant son divin époux (4).

Tous les écrivains inspirés mettent en relief la rigoureuse juslice des décrets divins. L'Etemel abandonne Israël, qui l'a ihandonné (S), Israël a dans la terre de l'Etemel servi les faux dieux : il ira les servir, captif, sur la terre étrangère (6). Assur, qui agit pofidement, sera traité avec perfidie (7). Les Chaldéens, qui ont dépouillé plusieurs nations, seront à leur 'tour dépouillés par le reste des peuples (8). Edom, qui, dans son inimitié mortelle contre les Israélites, a fait couler à flots leur sang au temps de Sédérâs, sera mis tout en sang, et le sang le poursuivra, parce qu'il n'a point haï le sang (9). Tous ceux qui oppriment et dépouillent, et dévorent Israël, seront dévorés, dépouillés, réduits en capfîfiié (f 0). C'est dans l'intime conviction que Dieu suit dans ses jugements la loi du talion, qu'un psalmiste a pu s'écrier : a Fille de Bsbylone, qui vas âtre détroite, heureux qui te rendra la pareille de ce que tu nous as fut 1 Heureux qui saisira tes petits enfants et les écrasera contre les pierres 1 (11) p

i). Lks pumnons — 8i Dieu châtie en père {12), il punit en vengeur (13). Il mei d l'interdit, c'est-à-dire il voue sans rémission à

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