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II.S

430 — Ift mort un homme (1), à la deitniction totale une villa, un peuple, une race (2).

Cas jugemeota semblent cruels ii uoM bon o«ur. Mais nous ne devons pas en a^^raver la dureté en y ajoutant U pensée d'une damnation étemelle qui jusqu'à Daniel eii complètement étrangère à l'Ancien Testament. D'ailleurs l'Evangile lui-même noas autorise à croire que l'eminre des ombres a son histoire ofa b miséricorde de Dieu reprend son cours pour qui n'a pas connu sur la terre Jésus-Christ et l'action intérieure de l'Esprit-Saint (3i. Ayons donc confiance en l'amour et en la justice de Dien, et soyons certains que Dieu ne met à l'inteidit que de grands criminels qui ont mérité une telle peine. La charité même ne lui impose-t-elle pas d'ailleurs le devoir de faire périr jusqu'au demisr homme les peuples gangrenés qui ne comptent plus une arale famille honnête et pieuse, et qui sont pour tous leun voisina det foyers d'infectionT Telles furent Sodome et les autres ville» de la Plaine; tels les Cananéens au temps de Josué; tels les Hamalé. cites (4) dont l'extermination, décrétée déjà du vivant de Hohe, ne fut exécutée que quatre siècles plus tard par SaM.

La pumtion est d'ordinaire précédée de fendurdmemetit. S tous les peuples cananéens contre qui Josué fit la guerre, « endurcissaient leur cœur pour sortir en bataille contre les Israélites, cela venait de l'Etemel, afin qu'il les détruisit suu leur hire aucune grftce comme il l'avait commandé h Moïse (K). ■ Ceat ùaà que a le cœur de Pharaon s'endurcît, > et que t l'Etemel endurctl le cœur de Pharaon (6); > ainsi que a l'Etemel endurât l'eifait et roidit le cœur du rm d'Hesbon, Bihon, pour le livrer entre les mains d'Israël (7) ; s ainû que « l'Etemel, pour fùm venir le mal sur Absalom, avait dissipé les sages conseils d'AJûtophel (8); > ùnsi que « l'Etemel avait mis un esprit de menstmge dans la bouche de tous les prophètes du roi Achab, dont il avait déiaélé la défaite et la mort (9); » ainsi « qu'il a faitégarer les Israélites hors de ses voies etendurci leur cœur poiu* qu'ils na le craignent I^us (10); B ainsi qu'il disait à Esale : «&)graisse le cœurdeoe peuple, rends ses oreilles pesantes, bouche ses yeux, afin qu'il ne voie, ni n'entende, ni ne comprenne, et qu'il ne se convertisse point et ne recouvre point la santé (11). ■

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Ces puMges des prophètes noiu étonaent ; car Dimi temble ki oablier w mUéricorde et u justice, se faire l'auteur du péché, et Stre réellement a retors avec les retors (1). » Uaisiloefuit que poursuivre la juste et nécessaire punition des pécheurs qui ont lassé sa patience. Leur sentence est déjà prononcée dans le ciel; Dieu les abandonne ^ eui-mémes; il détourne d'eux sa face, il leur retire sa lumière, et, dans les ténèbres spirituelles qui les entourent, leur intelligence s'obscunùt et se trouble. Ils ne se doutent plus même des dangers qui les menacent : l'abîme s'ouvre uus leurs pieds et ils ne s'en effrayent point, S'ils eussent poussé vers Dieu des cris d'aogoîsse, on aurait pu croire que leurs terreurs de la verge étaient des remords de conscience, qu'ils voulùent 16 repentir, et qu'on ne leur en a pas laissé le temps. Mais m les voyant se pTéci|»ter hébétés et muets vers leur ruine, na sent qu'il y a dans leur aveuglement et leur insensibilité autre chose que l'égarement de la liberté humaine. Une action œysténeuM, surnaturelle est eu jeu, et les païens disaient comme les pnqdiétes hébreux : *■ Dieu frappe de démence ceux qu'il veut perdre. > Cette démence n'augmente nullement leur ooulpe et n'est que leut première puoition, présage certain de leur ruine iauniiWDte et complète.

4° Les loii de la solidarité.

Ui justice divine se trouve sur notre terre en présence d'un problème qui serait insoluble pour tout autre que pour Dieu : celui de la solidarité Câ) de la race humaine, des nations, des familles et des individus. La coulpe de l'un se confond arec celle de tous, et il faut la toute-science infinie de l'Etemel pour discerner dans chaque vie la nature corrompue reçue par la naissance, et le Dud qu'y ^oute la libre volonté.

Cette solidarité est, sous sa forme la plus palpable, la conséquence nécessaire de la loi physique de la naissance. L'enfant hérite de la nature corporelle et psychique de ses parents et de ses ucétres : il vient au monde robuste ou malingre, et il n'a pas encore ta conscience de lui-même qu'il trahit déjà un caractère heureux ou malheureux. Son existence ne peut donc s'isoler de celle de ses aïeux. Mais à ce legs que dans le sein de la famille l'indi-

11 F*. ITIll. H. - « Si. II, t i luiv. a.

Tidu reçoit du passé et transmet h l'avenir, s'ajoute pour la société entière un héritage de foi, de superstition ou d'impiété, de liberté politique ou d'asservissement, de mœurs pures ou dissolues, de prospérité matérielle ou de misère, en un mot l'héritage d'une certaine civilisation dont l'esprit du siècle est ta résultante. Enfin, cette civilisation appelle d'En-Haut sur le peuple les bénédictions ou les châtiments du Dieu rémunérateur, et chaque génération naît donc et grandit au bénéfice ou au préjudice de la faveur ou de la colère divine qu'ont méritée les âges antérieurs.

Sur notre terre de péché, dans notre race déchue, la solidarité suppose une dette commune à payer, une peine à suhir ensemble, bien plus que des privilèges à partager avec d'autres. S Adam avait surmonté la tentation et s'était enraciné dans l'obéissance, les générations issues de lui se seraient transmis une nature de plus en plus sainte et spirituelle, ainsi qu'une somme toujours plus grande de justices et de récompenses. Mais la nature humaine ayant été viciée à sa source même par le poison mortel du péché, l'héritage des générations est un trésor de corruption et de maladies, où brille, comme des paillettes d'or dans la boue, quelque peu de vertu et de yérité. L'humanité, les peuples, les familles sont donc sous le poids d'une coulpe qui, k tout bien considérer, s'augmente avec l'Age. Ainsi s'explique comment la loi de la solidarité qui, dans le plan primitif de Dieu, devait produire une communauté de bien et de bonheur, en produit une contraire de péchés et de malédictions. De là le provei'be hébreu : « Les pères ont mangé les raisins verts et ce sont les enfants qui en ont les dents agacées (I). •

Cependant la solidarité n'est point une fatalité, et elle n'enchaîne pas qui est bien résolu à n'en pas subir l'esclavage ou le charme. Sous Achab, au temps d'une apostasie générale, sept mille n'avaient point fléchi le genou devant Baal, et, par on exemple contraire, il s'était trouve un Hacan au milieu de tout un peuple obéissant et pieux {2). L'esprit d'un siècle peut rendre la vertu plus facile, le vice plus excusable; mais il laisse sub^ ter la libërlé personnelle, et chacun demeure responsable de ses actions, o L'homme juste Vivra, et l'ime qui péchera sera celle qui mourra (3). o Quand donc les bénédictions de Dieu reposeront sur une génération fidèle, les impies qui en jouissent avec leur

91 El. ivni, 9D: Deat lin. w; lér. I

tiècle n'en sont pa& moins des impies, et à supposer que les malédictions dîmes enveloppassent quelques innocents duis la raine d'une race coupable, ils n'en seraient pas pour cela moins agréables à l'Etemel.

Hais si la justice divine doit rémunérer id-bas, comme c'était le cas sous l'ancienne alliance, la vertu par la joie et le vice par la douleur, comment s'acquittera-t-elle de sa t&che au sein de cet inextricable tissu des existences individuelles? Elle ne le peut, car tant que nous sommes dans ce corps mortel, notre bonheur ou notre malheur dépend en grande partie de l'héritage que nous ont légué nos parents. Par la loi de la génération la santé, qui est le I»emierdes biens temporels, la sagesse et l'énergie de la Tolonté qui font réussir les entreprises louables ou répréhensibles, se répartissent indifféremment entre les familles pieuses ou impies. Cest là certainement une des principales causes de cette prospérité des méchants et de cette adversité des gens de bien, qui loat le scajidale des Asaplis. Pour que la rémunération de la divine justice soit parfaite, il faut que tous les liens de la solidarité soient brisés par la mort et la résurrection. Or les ressuscites, seliHi l'expression de Jésus-Christ (I), seront « semblables aux ■ngesB qui ont été créés immédiatement de Dieu, et qui sont ainsi k eux seuls responsables de tous leurs actes. A leur exemple chaque homme se trouvera donc un jour détaché du tronc de t^umanité dont il avait été un rameau, et ses joies ou ses souffrances pourront alors seulement être en une juste et rigoureuse {»x>portion avec ses mérites ou ses démérites.

Le peuple élu étant soumis à une discipline à la fois plus miséricordieuse et plus sévère que celle des nations prennes, la loi générale de la solidarité prend pour lui une forme exceptionnelle. Comme l'unité de Meu est le fondement de toute la religion des Isnélites (p. 98), Jéhovah est, par amour pour eux, excessivement H jaloux (3) V du culte qu'ils doivent lui rendre. D'après le commandement du Décalogue qui proscrit l'idolfltrie et le polythéisme, les familles qui gardent la foi au vrai Dieu seront o jusqu'en mille générations, » c'est-à-dire jusqu'en pleine éternité, l'objet de la grâce divine, qui ne rétractera point les promesses faites k Abraham, qui ne rompra point l'alliance conclue auSina!, et qui a l'intention arrêtée de a sauver tout Israël (3) a à ia lin des temps. Mais si dans cette nation une famille abandonne la foi

au Dieu de MoIm et des patriârcheB pour profeuar ouTcrtement l'idoUtrie, l'Etemel )â vitite par des châtiments de diverse nature «jusqu'à la troisième génération. > Ce tenne passé, il l'abandonne k elle-même, et elle ventre sous l'eiHfûe des lois unÎTer» selles de la Pro^deace.

Quant aux indiridus et aux familles qui se distinguent par une iminente piété au milieu d'Israël ou des païens , Dieu suit à leur égard deux règles contrairea. Il les sauve de la mort lorsque, par un acte d'intervention spontanée, il détruit le peuple dont ils sont les membres ou les hâtes. Ainsi Noé lors du déluge; Loth à Sodome ; les Hébreux à Gosçen pendant les plaies d'Egypte ; Rohab à Jéricho, et, au temps de Nébucadnésar, les pieux habitants de Jérusalem qu'Ezéohiel a vu marquer d'un t/uiu par l'ange (1). Mais si le danger de mort procède de la perversité humaine, bHI y a persécution des témoins de l'Etemel par tes impies htttretix ou païens, Dieu laisse périr l'homme par la main de l'homme et le ciel se peupler de martyrs. Tels les prophètes mis i mort par Jésabel <3), Zacharie par Joas (3), Esale par Uanaué, Une par Jéhojakim (4). Toutefois l'Etemel n'est pas l'esclave de ses propres lois, et nous le voyons garder par un miracle Elle sur la mon< ta|ne, Daniel dans la fosse aux lions, les trois jeunes Hébreux dans la fournaise, et, par sa providence, JMe|^ h Dothain, Jéré* nue à la cour de Sédécias.

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