‹ Les deux citésChapitre 42 sur 92 · X. — LB3 LOIS vu DÉ^nLORBUNT V'iBUXL BT DBS NATIONS · texte numérisé non relu

X. — LB3 LOIS vu DÉ^nLORBUNT V'iBUXL BT DBS NATIONS

i" Les âge$ des peuples.

La chaîne des naissances relie les unes aux autres les généra* tiens, et fait de chaque peufde une personne morale qui conserve de siècle en siècle le même caraotère; son moi collectif est toujours identique à lui-même. C'est la conséquence nécessab^e de It grande toi de la solidarité.

Dans les livres sacrés d'Israël, tout peuple naît et meurt (5), et Moïse compare la sollicitude de l'Etemel pour Israfil eobot i celle de l'aigle qui , pour exciter ses petits à voler, voltige sou* eux et les

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fsrta sur flM filles (1). B'nuparailt de cette analogie. Ezéchiel i%) tftit d« l'histoire (le Jérusalem celle d'une en^t qiû na!t, grandit, se marie, ett adultère et périt lai^dée. Il la suppose fllle d'un Amorrhéen et d'iule Séthienne, et l'objet des mépris de tous les peuples. IMeu, en passant près d'elle, vit cette enfant étendue par terre dans son sang, et eut pitié d'elle. Il la fit croître par millions, comme l'herbe des champs. Elle devint parRùtement helle, et il la prit pour son épouse par un solennel hymen. Il lui donna les plus riches parures et la combla de biens. Elle s'éleva jusqu'à la royauté, et la gloire que Dieu avait mise sur elle, la rendit illustre parmi toutes les nations. Mais elle s'est confiée en sa beauté, elle ^en est enorgueillie, et de ce moment-là datent ses feutes et ses malbeurs.Ellea'estéprise d'amour pour les faux dieui,auxquels elle I offert en sacrillce tous les biens qu'elle avait reçus de son époux, et jusqu'à ses propres enfants. Elle s'est livrée à tous les peuples idolfttres, aux Egyptiens, aux Assyriens, aux Chaldéens. Aussi Dieu la fera-tr-il mourir de la mort des femmes adultères. Ailleurs, ee méoie Ezéchiel, celui de tous les prophètes qui mérite le mieux le nom de philosophe, assimile toutes les grandes nations païen-' nés à des cèdres dont Assur est le plus grand et le plus beau (3). Près des rives du Tigre, dans une terre d'une rare fécondité, ce cèdre s'était élevé à une merveilleuse hauteur; tous les peuples, grands et petits, s'abritaient sous son ombre. Mais Assnr a élevé ion cœur, îl s'est enorgueilli, et, à cause de son impiété. Dieu l'a livré aux étrangers, qui l'ont atiattu. Ces pages d'Ezéchiel nous indiquent que les prophètes hébreux distinguaient dans l'histoire de toutes les nations des périodes de croissance, de fleur et de déclin, ou des Ages pareils k ceux de la vie humaine.

La tuperbe. — Dans ces mêmes pages, où l'historiosophie, à peine née, s'élève par l'inspiration divine à une singulière hauteur, le prophète marque avec soin le moment critique et décisif oh la prospérité produit chez lés peuples une confiance aveugle en leurs propres forces, l'oubli de Dieu, la tuperbe. Ce moment-là est indiqué, avec non moins de clarté, par ce même Ezéchiel (4) dans l'histoire de Tyr; par Habacuc (5j, dans celle des Chaldéens, et Daniel (6) nous raconte comment le grand roi des Chaldéens, Nébacadnésar, Fut frappé de démence à l'instant même ob l'oi^eil qui depuis longtemps bouillonnait sourdement dans son cucur,

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éclata eo un cri d'admiration à la vue de ses œuvres et den gloire. Mais la gloire n'appartient qu'à Dieu, et il la donne ï qsà lui plaît. Aussi, a tout homme qui s'élève (1), dit Esaâe, sen abaissé, d et Salomon, dans ses Proverbes, ne peut assez répéter que « Dieu a en abomination les hautains, b que a la fierté d'esprit marche devant la ruine, ■ et que, ■ l'orgueil «st-il venu, anssitai Tient l'ignominie (9). n

Les temps de décadence. — Les prophètes nous tracent des der niers temps de Juda et d'Ephra'ùn un tableau d'une telle vivadté, qu'il équivaut en quelque sorte k l'autopsie d'un corps social en décomposition (3). Le mot d'ordre de ces générations corrompues, qui ont a brisé leur joug et rompu leurs liens, » c'étûl (nous dit Jérémie {i)) : a Je ne veux plus servir ; je veux errer > mon gré, et ne plus revenir à Dieu, i On se croit libre, parce qu'on vit dans la licence ; fort, parce qu'on méprise Dieu ; prospère, parce qu'on satisfait ses appétits sensuels, et la mort esli votre porte 1 Les principaux traits de la démoralisation générale étaient : en religion, ou bien une aveugle et fanatique ccnifiance au vrai Dieu, dont on néglige les censures et les menaça pour ne se souvenir que de ses promesses (5), ou le culte ouvert des faux dieux; — en politique, des rois assassins et débauché) et les grands semblables à leurs rois (6) ; de vaines alliances prudemment conclues avec les Etats voisins, et l'alliance de l'Eternel foulée aux pieds (7); les conjurations contre le souverain et les révolutions de palais (8) ; les dissensions intestines, oii u le peuple mange sa propre chair et s'enivre de son sang (9); la coiruptioii des juges (10); les premières charges de l'Etat refusées par chacun (11); — dans les familles, l'adultère (12) et le mépris des vieSlards(13); — dans la société, la débauche, compagne inséparabledf l'idolâtrie (14); l'oppression des pauvres par les riches {lâJ,quiK reculent pas devant le meurtre pour servir .leur avidité ou leuK voluptés(16); l'agrandissement sans mesure et par des voies injustes des propriétés foncières (17); l'amour du luxe, de la txnuK chère chez les hommes(18), de la parure chez les femmes (19); -

«I 11. I»-». -- et ITI.l. a-, M, 3. Comp. XIII. 23.

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du» fotdra moral, la pervenion de la conscùence poussée au point qu'on appelle ■ le mal bieo, et le bien mal, ténèbres U lumière, et lumière les ténèbres (1],d et, néanmoins une orgueilleuse sécurité [2] ; — enÛD, chez les sacrificateura et tes faux prophètes, la biïne de la vérité et de la piété aboutissant au meurtre des hommes pieux et des prophètes (3) . Ezéchiel dit de ce sang innocent :

■ qu'd tombe sur le roc nu, qui ne l'absorbe pas, et qu'il reste là, criant sans cesse vengeance (4). o

La mort. — Dans nos livres saints, il est un seul peuple qui ne peut mourir : c'est le peuple élu.

Les autres nations, au contraire, périront de mort violente ou par une lente consomption, les unes selon la loi ordinaire des choses humaines, les autres, plus criminelles, sous le poids de l'interdit et de la malédiction (5).

Assura reçu une blessure mortelle (6); son empire ne se relèvera jamais, et l'aride désert recouvrira l'emplacement de >jinive(7).

Tjr prospérera par son commerce jusqu'au temps où, renonçant à ses faux dieux et à leur culte dépravé, elle consacrera ses gains à l'Eternel (S) . Mais les siècles viendront où elle sera rasée, et où la nation phénicienne qu'elle représente, ne se trouvera plus (9).

Hoab et Ammon, réduits en esclavage comme Israël, auront lenrs jours de repos (non de gloire] pendant l'ère du Mesùe ou de l'Eglise. Hais, plus tard, on ne fera plus mention d'eux parmi les nations, et leur pays sera désolé k jam^s comme celui de Sodome et Gomorrhe (10).

Les Philistins seront exterminés(ll). Lldumée, inondée du saug de ses enfknts, sera réduite en désert (12). Babylone, que balayera le balai de la destruction, deviendra un monceau de ruines, le téjour des bétes sauvages, un marais, et elle ne sera jamais rebltie (13).

II est fort étrange que la prophétie excepte l'Egypte de la loi nniverselle de la mort. Le sort de ce peuple, comme Jérémie

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