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Hpttrifl, kScyros.Lacité du ravisseur Paris se rini donc de l^pniBBance des dieux I Impossible : il but une intervention d'en b«it. Hercule apparaît pour ordonner à Philoctète, qu'Esculspe n guérir, de se rendre dans le camp des Grecs.
Les rracAt'nûnfMi nous font assister aux « infortunes inouïe3(1] > de la plus tendre des épouses, Déjanire, et du « plus grand des bommes, Hercule, le Gis même de Zeus. » Ces maux affreux provieunent d'une faiblesse excusable du héros et de la jalousie légitime de sa fidèle compagne. L'issue de ce drame semble « honteuse pour les dieux (3;. > Mais le saga qui ne se laisse pas tromper par les apparences, comprend que « Zeus seul a tout fait (3), s •iosi que l'attestent dans te drame de nombreux oracles. En tout bisant, il a prouvé a qu'il n'oublie jamais ses enfants (4). a H sait que la mort vaut mieux que la vie, et il a donné à son Sis sur le bûcher, au milieu des plus cruelles souffrances, la force ■ d'accomplir, d'un cœur gai, même l'acte involontaire o du trépas.
(Edipe, c'est l'homme issu d'une race souillée et soumis avant a naissance à une malédiction divine. La solidarité rend le problème de la responsabilité et de la justice en quelque sorte insoluble. Les crimes sont énormes, les châtiments effrayants, et l'isne est merveilleuse. Cooune Eschyle dans Promilkée, Sophocle dépasse ici son siècle, son peuple, le paganisme entier.
Laïus, 1r dernier descendant du sémite Cadmus, a enlevé le beau Cfarysippe à son père Pélops. Félops l'a maudit en lui déclannt qu'il mourrait sans entant ou qu'il périrait de la main de son fils. Les dieux ont ajouté que son fils épouserait sa mère- L'inceste 6lle parricide : tels sont les cbfttiments de cette odieuse perversion des sexes où saint Paul voit le dernier fruit des mensonges de TidoUtrie.
Œdipe a commis le double crime sans le savoir. Mais les lois Isa plus saintes de la (amille et de la société ne peuvent être impooément violées. S'il n'y a pas coulpe, il y a du moins désordre et souillure. Innocent, CËdipe expiera l'iniquité de sou père.
Au temps de sa prospérité et de son ignorance, il semblait être irréprochable. Toutefois, il n'aaucun sens pour les cbosesdivines, sBcune intelligence des voies cachées de la Providence. Cet aveu- Cernent est le sceau des races maudites. A dater de l'instant oh ilproisent la vérité, perce et éclate sa mauvaise nature que le bonheur, la gloire avait endormie. D s'emporte contre le pro-
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phëte Tirésias (1), et c'était ûéjk dans un accès de colère qui! anit tué Laïus (%; il menace de mort Créon, ne consent qu'à grand'peine à ie bannir et lui voue une haine mortelle (3); cédant aux suggestions de l'impie Jocaste, il méprise les oracles divins (4); enfin, dans le paroxysme de sa « fureur (5), n il enfonce les portes de l'appartement de Jocaste, et bientdt il se crève les yeux... Alors une révolution complète s'opère au dedans de lui : il s'^ paise, il s'humilie; se sentant o alKuidonné des dieux (6], ■ il accepte avec résignation un avenir de souffrance sans nom, etn'ade pleurs que pour ses filles, tandis que Créon, oubliant ses injures, lui témoigne une tendre compassion. L'atmosphère du palaii était imprégnée de miasmes; la foudre et la tempête l'ont purifiée et le soleil resplendit de nouveau dans le ciel serein.
De longues années se sont écoulées. Œdipe reparaît à Colone, près d'Athènes, vieillard aveugle, mendiant et pourtant « content n de son sort. Il se sent tout à la fois a souillé n par ses dîmes involontaires, « purifié et consacré s par ses souffrances (7). Le sentiment qui domine en lui, c'est celui d'une pleine confiance aux dieux qui al'avaient abaissé et qui maintenant le relèvent[$).» Ils lui ont même prédit qu'il serait le génie protecteur de la contrée où ses os seraient déposés. Les Thébains se montrent indignes de ce dépAt par leur inintelligence des décrets divins, par leur égoïsme et leurs violences. Quand, pour apaiser (!Edipe, ils font appel à B la Clémence que Zeus a fait asseoir sur son trÀne (9}, ■ il leur répond en les maudissant au nom de a l'antique Justice qm siégeauprès de Zeus et qui muntient les lois étemelles (10). • Les Athéniens, au contraire, surmontent bientôt l'instinctive horreor que leur avait inspirée au premier abord le meurtrier de I^us, éprouvent pour lui a un respect religieux, * et le défendent contre Créon et Polynice. Tout à coup la foudre gronde ; le chœur tremble à la pensée que Zeus va le frapper pour avoir accueilli un criminel; calme et serein, (Edipe se lève et, a aveugle devemi voyant, d il conduit vers le lieu de sa mort Thésée, qu'il prémunit, lui et son peuple, contre la superbe. 11 s'éloigne; selon les rites sacrés il se lave et se revêt d'une robe nouvelle, et, tandis que Thésée priait et ne pleurait pas, il disparaît « soit qu'un dieu l'ait porté aux enfers, soit que la terre se soit doucement entr'ouveite pour le recevoir dans ses sombres abîmes. » Cen'estpasl&l'ascm-
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noa triomphante d'un Elie, mais c'est au moins une fin « sans douleur et merveilleuse, n une mort toute vivante, un simple dépul pour le inonde invisible.
Si nous avons analysé avec quelque soin ses tragédies, c'est que Sophocle défend tous les principes fondamentaux de l'historiosopfaie. It rend témoignage : contre le matérialisme, à l'immortalité de niomme (1), à sa liberté et à sa nature spirituelle, à la sainteté de Il ioiîmorèle, à la purification de l'Ame par la douleur ; contre le pélagianisme, aux indicibles misères de la vie humaine; contre l'athéisffie,à la justice et à la miséricorde de Dieu; contre ledéisme, lui interventions miraculeuses d'une Divinité qui dispose toutes choses pour le salut final de ceux qu'elle aime.
g 5. — L» libre» pmseurs, poètet et phtlotophes. Euripide, Protagora», Démocrite, Empédocle.
Avec Euripide nous descendons brusquement par la pente du scepUciame vers l'incrédulité. Une révoluUon s'est opérée dans la société et les esprits des Athéniens. Eschyle était le contemporain de Miltiade et de Léonidas; Sophocle, de Périclès ; Euripide f'est de Cléon et d'Alcibiade. La piété s'en va, les cœurs deviennent I^ers et frivoles. Eschyle et Sophocle composaient pour les fêtes des dieux des drames qui étaient de saints mystère»; Euripide fait jouer à ces mêmes fêtes des pièces de théâtre qui ne sont plus ni religieuses, ni morales, et qui ne prétendent qu'à plaire aux spectateurs. Eschyle dans l'ivresse de l'enthou^asme chantait les jugements de Dieu sur l'humanité coupable, et il y avait en lui de l'Esaje. Maître de son puissant génie, Sophocle exposait sur ta scène, avec le sérieux des psalmistes, les desseins de la grâce divine envers l'homme pécheur et malheureux. Dans Euripide, si j'ose le dire et au génie près, il y aduKotzebue; s'il excelle à imaginer les scènes les plus pathétiques, il n'y réussit d'ordinaire qu'en mettant en jeu les passions. L'homme et Dieu disparaissent, et il ne reste que des forces morales, irrési.slibles, aveugles, irresponsables, qui vous intéressent par leurs chocs et leurs complications.
Cependant, Euri[Hde s'est fait un plaisir de semer dans ses pa-
tbétiquas tragédies des réflexioaft, des lenteDces, des hjpoâièui qui sont cell^ de Bon siècle, et qui marquent une phaae oouvelle dans le développement de la philosophie grecque.
XéDophaoe avait rejeté le polythéisme au nom de l'Unité infinie. Moins hardis, Heraclite et, longteuipsaprëi lui, Platon bsimisuieitl des fêtes publiques Homère à oau^e de sa fausse théologie. Euri-
fiide condamne plus rudement les mythes scandaleux qui tniii* annaient « les tÙeux en des ciîmineU violant leurs propres \<m ai passibles des peines les plus sévères (1). s
Disciple d'Anaxagore, Euripide substitue au Zeus de ses prédé* cesseurs un Dieu moins concret, moins humain, moins acceesiblek notre raison, qui toutefois gouverne encore le monde selon iH lois de la justice. Mais le poète hésite et se trouble : parfois il se demande si ce Dieu est un être personnel et vivant, s'il est ■ intelligence ou nécessité (3), ■ tandis que, ailleurs, il s'élève contra la Destin qui détruit la liberté humaine (3).
Anaxagore disait que les cîeux étaient sa patrie et qu'il était né pour contempler le soleil, la lune et les étoiles. Démocrite etbientdt après lui Ëocrate se proclamaient citoyens du monde, l'un par égolsme et l'autre par charité. Euripide à son tour brise l'étroite prison du patriotisme athénien. Le sentiment de la solidarité wAvêrsellese fait jour dans son cceur quand il dit a qu'il n'yarienile honteux à subirdes maux communs à tous les hommes (i).* Av» Eschyle, avec tout son siècle, il appelle de ses vœux (S) une ère où l'humanité entière aura désappris les combats [comme nous Vt prédit Michée, p. 159). Cette paix des cités, il en indique la soun» dans l'égalité qui est pour lui le fondement de ta société (6). H ose même dire, ce que ne répéteront ni Platon ni Aristote : que • l'esclave, quand son cœur est honnête, ne vaut pas moins que l'homme libre (7). •
Hais ce même Euripide qui, d'après les Pères de l'Eglise, pressentait l'ère nouvelle de l'Evangile, a, le premier avec Protagorai «t Démocrite, ébranlé et renversé les grandes vérités religieuses sur lesquelles repose toute l'historiosophie.
Tantôt les désordres et les injustices qui régnent dans la sociité humaine, et qui sont en un lamentable contraste avec les hanno-
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nicida la nature, lui font nier l'exigtenee de dieux qui gouv«m«nt le monde (1).
TaotAt, m oontraire, il sent si peu les indicibles mlsApes de la tie humaine qu'il traite d'arrogants et d'insensés ceux qui (comms Sophocle) se montrent mécontents du sort fait à l'homme et veu- Isat être plus sages que les dieux. Il justifie ta satisraction toute pélagienne par la comparaison de la vie humaine aveo oelle des brutes (3).
Protagoras, d'Abdfcre, dans son interprétation du mythe dePronéthée, avait représenté les premiers hommes adorent les dieux et «ercant tous les métiers, mais vivant dispersés, sans cités et exposés aux attaques des bétes féroces. Démocrite, d'Abdère, dé* passant de beaucoup ce sophiste, imagina que la peur inspirée par la foudre et les tempêtes, ainsi que certaines images qui flottent dans l'air, étaient l'origine de la foi en la Divinité. D'après Euripide, les premiers hommes n'ayant point de tribunaux et les erimes se multipliant parce qu'ils restaient Impunis, de sages législateurs auraient inventé, pour effrayer les méchants, des dieux qui les voient et les jugent. Enfin, dans ce même temps, le so< fdiiite Prodicus, de Céos, avait, le premier des Grecs, prétendu 4pie les dieux n'étalent pas autre chose que le soleil, la lune, les fleuves, les sources, l'eau, le feu, le pain, le vin, que les anciens tvaient adorés k eaute de l'utilité qu'ils en retiraient (3).
Toute l'école incrédule de l'historiosophle moderne vit des découvertes d'Euripide, de Prodicus et de Démocrite, qui complètent celles des écoles matérialistes de l'Egypte et de la Chaldée (p. 38 M 70). L'utilité, d'habiles mensonges et la peur ; voilà ce que les toges de notre siècle prétendent aujourd'hui encore substituer à cet indestructible instinct religieux qui fait l'essence de l'homme.
Ce même Protagoras, qui avait tenté d'expliquer les origines de la civilisation, s'estdemandé quel était le but où devrait tendre l'homme, et a tracé le tableau d'une i-épublique idéale. Nous ne la connaissons que par l'excellente satire qu'en a bite Aristophane (4). Le sophiste avait Imaginé le premier que, pour mettre 6n ktous les vices, il fallait, de par la loi, donner une pleinesatishction aux plus mauvaises passions et réformer dans ce sens
Hl Sitfphe. - Bfllrngrlum. - « Supflimta, t. IM sqq. - |ll Mulliib. Uid.. Il, p. LXtXÏ[|. W On idiiMi i^D^nlcmenl que rA$MembUe du fanmei ett It rrliJquc it li Mpiiifigue ilc
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toutes les institutions soôalea, sauf l'esclavage. Il supprimait donc la famille et la propriété, faisiût de la cité entière une seule et même habitation, proposait l'établissement de la triple communauté des biens, des fenunes et des enfants, et faisait miroiter en outre aux yeux de ses concitoyens les festins publics les plus somptueux. Tout le socialisme moderne est là, et Protagoras a la triste gloire d'être le père de ces tbéories brutales et absurdes qiù menacent de noyer notre Europe dans le sang et la fange.
Protagoras et les autres sopbistes, abusant de la guerre que se faisaient les uns aux autres tous les philosophes depuis Thaïes, et profitant des arguments par lesquels Heraclite et Parménide avaient tenté de prouver l'incertitude des sens, faisaient de l'homme, c'est-à-dire de son opinion individuelle, la mesure flexible et variable de la vérité. Démocrite exprimait le découragement du siècle en disant que la vérité est au fond d'un puits.
Démocrite est avec Leucippe le fondateur de la philosophie atomistique. ■ Bien que des atomes et le vide pour prindpesdes choses ; nulle vérité absolue et de simples opinions; point de Dieu, et la seule nécessité, qui tourbillonne; l'àme mortelle; la crainte des enfers, une vaine superstition; le bonheur placé dans un repos de l'&me que ne vient point troubler la pensée de 1> justice divine, v C'était l'Evangile de l'athéisme; il n'était passons analogie avec celui de Bouddha, et cent cinquante ans plus tard, Epicure devait le propager dans tout le monde grec (!].
Cependant Empédocle, d'Agrigente, dans la Grande-Grèce, avait expliqué la formation de l'univers par le feu, l'air, la terre et l'éther, par la discorde d'Heraclite et par l'amitié, a Le hasard a d'abord donné naissance à des animaux monstrueux, mais de nouveaux mélanges ont produit enfin des êtres capables de vivre et de se multiplier (2] . » Ces monstres nous sont connus par la cosmogonie chaldéenne de Bérose; nous les retrouverons chez Lucrèce, et ce rêve puéril est le premier germe de la théorie de la sélection de Darwin.
Empédocle et Démocrite sont en opposition directe avec Anaxagore qui rapportait à une Intelligence la formation de l'univers. Tandis que le philosophe spiritualiste était accusé d'athéisme, les deux systèmes matérialistes ne seulement nulle protestation.
Notons en passant chez Démocrite et Empédocle l'hypothèse
(Il n(ig»aeL*ertr,n.T. - MiIIkIi. IMd.. 1. 1. p. SU. fr. m.
bien connue des mondeB qui périssent et renaissent sans fin. Le philosophe d'Agrigente, qui laissait subsister la IKvinité, croyait en outre que les grands criminels devaient errer pendant trois mille ans loin des dieux et revé^ toutes les formes des êtres mortels (1).
§ 6. Socrafe.
Dans ces temps de crise où la Grèce était envahie par l'impiété, le doute et le sophisme, et que nous pouvons comparer à ceux d'Eue et d'Elisée, apparut Socrate {ilO-iOO), le plus véridique, le I^us courageux, le plus habile témoin de la vérité qu'ait enf^té le monde païen. Il témoigna du vrai Dieu et du vrai homme, non [dus comme Sophocle et Eschyle, par des chefs-d'œuvre de poésie, mais par celui d'une vie de sainteté et de charité. Son enseignement reposait, non plus sur les traditions anUques, ni sur les heureuses inspirations de l'enthousiasme, mais sur l'expérience personnelle et sur la plus intime conviction. Enfin il sut, mieux que son prédécesseur Pythagore, se dépouiller du langage symbolique qui donne à la vérité une forme étrange, se garder de spéculations métaphysiques où l'on ne peut que s'égarer, et confesser humblement son ignorance.
n avait été admirablement préparé pour sa mission de témoin. Par une grâce toute spéciale de la Divinité, i! avait trouvé en lui la force de triompher de tous ses mauvais instincts. Ce travtûl de sanctification lui avait donné l'inébranlable conviction qu'il était dans la vérité. Puis, tout en écoutant la voix intérieure de sa consdence, il entendit du dehors et d'en haut une autre voix mystérieuse et dirine, qui lui disait ce qu'il devait ne pas faire. Il paraît donc qu'en poursuivant la tempérance et ta pureté du cœur, son flme s'était rapprochée de Dieu au point d'entrer en une relation immédiate avec lui. L'Esprit de Dieu semblait prêt à descendre sur lui, et déjà ce sage des sages produisait sur ses compatriotes cette impression extraordinaire que fait le vrai chrétien sur les hommes du monde (2). Armé ainsi de toutes pièces, a il reçut de la Divinité, par des oracles, par des songes, par tous les moyens qu'elle emploie pour manifester aux hommes sa volonté, la mission de travailler au bien spirituel de ses condtoyens. n les
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exbortait en effbt II prendre Boln, noit de leurs biétis, màii d'euxmêmes, à s'attacher à la vertu, à perfectionner leur fime. » Le but qu'il se proposait éialt, non de former, comme Pythagore, une corporation de cénobites, tnaïs, comme Elisée, Michée, Eaaie, de réunir autour de iui et de laisser après sa mort i un grand nom* bre de censeurs» du vice, qui vivraient dans le monde et poursuivraient courageusement son œuvre. Son attente ne se réalisa point: ses disciples se laissèrent effrayer et réduire au silence par son martyre. Il avait, par sa piété, sa vertu et son infatigable amour des ftmea, soulevé contre lui la colère des méchants, surtout celle des bux prophètes de son temps, les sophistes. Il mourut en disant à ses juges : a II vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes (1] . » C'est la parole que répéteront quatre siècles plus tard les apâtres k Jérusalem.
La vérité que, seul contre fous, Socrate opposait aux erreurs et aux mensonges du monde païen, est celle que Salomon a nommée l'éternité et Moïse l'image de Dieu dans le cœur de l'homme. Elle comprend les idées absolument vraies qui sont l'essence de notre àme, la ferme espérance de l'immortalité, la foi au Dieu vivant, c^tte charité universelle qui est un saint amour des flmes. Mais Socrate, comme les plus grands génies de l'humanité, n'a rien écrit. Nous ne le connaissons que par Xénophon, qui ne l'a compris qu'à demi, tout en héritant de sa piété, et par Maton, qui lui a prêté ses propres idées.
Xénophon est dans l'ordre des temps le troisième des grands historiens d'Athènes. Nous devons revenir quelque peu sur nos pas vers Hérodote et Thucydide, qui étaient l'un et l'autre contemporains d'Euripide.