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fla le premier AH d« la géographie une parijs intégrante et néces> ■aire de l'histoire.
«La vérité est* ponrPolybe «Iapliisptiissantedesdées!)es[l).» Sans elle l'histoire est aveugle (2). Il se rend le témoignage v de n'sToir jamais écrit un mensonge volontaire (a), b En effet, il a pu se tromper dans ses Jugements; mais nul ne suspectera sa sincérité.
Il apporte ensuite une grande clarté dans l'exposé des bits et dans leur enchaînement. Comme Thucydide, il recherche o les causes, les moyens et les buts des entreprises humaines (4] » et ^t connaître les caractères et les talents des acteurs politiques. Uais il ne se borne point à exposer, il veut instruire. Se plaçant en hce des hommes et des choses, il se produit et parle en son nom; il ji^e et raisonne. L'histoire devient ainsi un recueil d'exemples et de leçons tirées de l'expérience, un manuel à l'usage des hommes d'Etat et de guerre; elle est utile, pratique, pragmatique. Polybe n'a pas été surpassé dans ce genre d'histoire dont il fut le créateur.
n est aussi le premier historien qui ait interrompu ses récits pour étudier les institutions politiques des peuples et y chercher une des principales causes de leurs succès ou de leurs revers. Son guide dans cette étude est Platon; au moins ne cite-t-il point la Politique d'Aristote, qu'il semble n'avoir pas connue. Il admet les trois Tonnes normales de gouvernements avec les trots formes vicieuses (5), et reconnaît pour la plus parfaite la constitution mixte DU tempérée. Rome lui parait se rapprocher beaucoup plus de cet idéal que Sparte et la Crète. Il croit trouver dans la pondératloD de la royauté consulaire, du sénat et du peuple l'explication de la puissance extraordinaire de cettecité. Ses considérations philosojdiiques sur les causes de la grandeur des Romains sont la source o6 Machiavel, Bossuet et Montesquieu prendront leurs idées les plus vraies et (es plus fécondes.
Enfin, Poiybe est le premier qui s'est proposé pour but, moins de raconter les faits que de a faire voir de quel degré, en quel moment et par quels procédés chaque nation en est venue à l'état où elle se trouve aujourd'hui (6). n Les nations sont pour lui des personnes morales. Il nous a laissé la loi de leur développement, qui est celle de Platon revue et complétée.
Polybe croit avec Aristote à l'éternité du monde, avec Platon et
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Aristote k de fréquents cataclysmes, avec Platon à la vie ssBnge et animale des réchappes du déluge. «Ils se rassemblent en bronpeaux et par une loi de la nature ils obéissent aux plus fort^ et aux plus courageux. Le pouvoir du chef n'a d'autres limites que celles de la force. C'est une monarchie primitive et spontanée.
• Elle s'adoucit et devient royau/e à mesure que &e resserreotles liens sociaux, que naissent et se développent les idées du juste et du beau, et que la raison succède à la violence.
« La royauté devenue héréditaire abuse de son pouvoir, s'abandonne à toute sorte d'excès et dégénère en la tyrannie, qui est renversée par une conspiration des citoyens les plus nobles et lei plus illustres.
■ Ils fondent i'aristocratie, qui travaille avec déântéressement an lùen public.
a Mais les descendants des premiers aristocrates se corrompent comme les fils des rois, et le gouvernement se transforme en une oligarchie, que le peuple renverse,
• La démocratie, à son tour, est d'abord honnête et fait régner l'égalité et la liberté.
u Mais les riches attirent à eux le pouvoir en corrompant le peuple par des distributions d'argent. L'ochlocraiie, qui est le plm affreux des maux (1], commence; ce ne sont plus qu'animosités, proscriptions et partages de terres (Polybe écrivait ces mots avant les Gracques et il est mort quarante ans avant les proscriptions de Marius et de Sylla).
c Au milieu de ses fureurs la multitude trouve un maître, un fyran, qui ramène la monarchie et par qui le cycle recommence (%)■•
a Cette loi, • dit Polybe, < permet de prévoir l'avenir par le passé. D II l'applique à l'histoire de Rome pour eo bien comprendre les développements (3).
L'historiosophie a atteint avec Polybe le point le plus élevé w quel il lui était possible d'arriver dans le monde païen. S'il n'embrasse qu'un très-petit arc de l'orbite de l'humanité, la vie des nations au moins lui a livré son secret.
Et cependant Polybe n'a point pris place entre les historiens de premier rang. Il est inférieur à Thucydide, à Hérodote, à Xénopfaon, parce qu'il lui manque ou leur piété, ou leur rectitude mO' raie ou leur modestie.
Enliant d'un siècle d'incrédulité et de matérialisme, sll enit
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«Kote en Dieu, il ne sut trop en qm il croît. EsU» en Dieu, ea OD dieu, au divin, aux dieux T est-ce à la Fortune ou aux Forlooes Test-ce à la destinée î au hasard T à une puissance occulte T(1)
La religion populaire avec ses mythes des dieux et ses fictions deseofers n'est pour lui, comme déjà pour Euripide, ■ qu'une inTention des premiers législateurs et qu'une utile et louable bupetstition. On pourrait peut-être s'en passer s'il était pos»hle qu'un Etat ne se composât que de sages. Mais il faut des terreurs mystérienees et tout unappareil de cérémonies solennelles pour effrayer la multitude dont on ne pourrait autrement réprimer la légèreté et ks passions déréglées (2). s C'est exactement le langage que fienneiit aujourd'hui nos libres penseurs dans notre second âge iabimièrex.
Hais à tout prendre, Polybe valait mieux que son siècle, athée mitérîaliste avec Epicure, athée panthéiste avec Zenon. Sa Fortune prend parfois ta forme de notre Providence : « Elle (ait chaque Jour, » dit-il en termes exprès, « sentir ici-bas sa puissante inter- Teotion par laquelle elle manifeste sa justice ou sa bonté; elle est ëconde en combinaisons nouvelles, s II distingue même fort bien ■on action de celle des lois de la nature, qui soumettent toutes choses ici-bas au changement et à la mort (3), et les peuples au cycle de leurs révolutions politiques (1). Toutefois, s'il salue respectueusement la Divinité lorsque de loin en loin il se trouve en hce de sa puissance infinie, il l'oublie bien vite. Pour lui, comme pour Thucydide, le vrai bcteur de l'histoire, c'est l'homme; ce ■ont en particulier les chefs avec leur habileté et leur énerve, ou ivec leur mollesse, leur témérité, leur impéritie, leurs vices (5).
La prudence et non la justice est aux yeux de Polybe la première des vertus. Il te dit en toutes lettres : a Les hommes sages et réfléchis sont les plus divins et les plus agréables aux dieux. • Tels Sdpion et Lycurgue desquels « les entreprises eurent toujours une issue conforme aux calculs de la raison (6). s
Le succès éblouît et trouble l'otage des Romains, et la morale utilitaire s'insinue dans son Ame, qui pourtant est droite et loyale. Ou le voit tout aussi peu ag^ que parler contre sa conviction. Ce n'est pas un homme déshonnéte qui eût dit : a H n'est pas de
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