‹ Les deux citésChapitre 66 sur 92 · IV · texte numérisé non relu

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— 3i3 — [vime )s pensée qne cette race meilleure est appelée à succéder aux races corrompues de l'em[ùre.

Au sein de l'empire est un peuple qui a a pour le reste des bommes une haine implacable (1). » Tacite consacre aux Juifs plusieurs pages qui regorgent de fables et d'erreurs et qui sans doute lui ont valu te grossier mot de Tertullien : a qu'il est fertile en mensonges. ■ Il serait difficile en effet de pousser plus loin rmintelligeoce d'une nation étrangère dont on prétend esquisser l'histoire et les mœurs. Le Romain qu'inquiétait et irritait le prosélytisme des Juifs, approuvait certainement la décision de Titus, de détruire de fond en comble la capitale d'un peuple aussi dangereux.

c De la Judée avait débordé jusque dans Rome la secte exécrable des chrétiens qui étaient abhorrés pour leurs inbmies (2)... ■ Id l'historien pèche non pas seulement par ignorance et aveuglement, mais par haine, et cette haine incitera Harc-Aurèle à livrer aux supplices les dtrétiens que Trajan persécutait par simple mesure de prudence politique.

Cette épithète a d'exécrable • ne peut porter atteinte à ces chrétiens dont Pline le Jeune, à la même date, constatait oEUciellement les vertus. Mais elle constate l'opposition absolue qui existait entre l'Evangile et la philosopiiie païenne de la décadence. L'Evangile parlait à Tacite du prix infini de l'ftme, et lui ne la croyait pas même immortelle; de la justice et de la sainteté de Dieu, et lui ne savait s'il existait un Dieu personnel; de la coulpe et de la souillure du péché, et pour lui les vices ét^ent inhérents à la nature humaine; de pardon et de rédemption, et ces mots n'éveillaient en lui aucune idée. Son incapacité de comprendre les «Aoses spirituelles est le dernier trait au tableau qu'il nous a laissé de la Rome des Césars. Tout en nous en dépeignant l'effroyable corruption morale, à son insu il nous en révèle par son exemple les indicibles ténèbres intellectuelles.

Quel est donc le bihui de l'historiosophie à Rome d'après le dernier de ses grands écrivains T La foi au destin et au hasard, et plus de foi en Dieu; l'ftme périssant avec le corps; un vif sentiment du bien et du mal, mais sans l'espérance d'un triomphe final de la vertu ; nulle vue d'ensemble sur l'histoire passée de l'humanité et nulle hypothèse sur les siècles k venir; l'empire romain, qui décline, «Midamné d'obéir à un maître absolu qui par ses vertus ou ses

vices esl le bïen^tenr ou le bourreitu dn genre humain; une admiration stérile pour les Germains dont on ne prévoit pas la mission; un profond mépris pour les Jui^ et une haine riolente et amère pour les chrétiens. Triste bilan pour la raison humaine qui de Platon auraK dû monter de cime en cime jusqu'au ciel et qui d# chute en chute est tombée jusqu'à Tiuàte.

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