CHAPITRE (HNQUIÈME
AFBiES TA.CITE.
De Tacite à la chute du paganisme, la littérature latine ne donne pas à l'historiosophie une seule vue nouvelle. Elle ne ^t que constater les prc^rès de la décadence du monde romain et de n décrépitude.
Ce sont d'abord Suétone (1) et Plorus (2). Suétone, honnête homme, compilateur infatigable, grammairien et antiquaire d'une grande érudition. Ses Fies rf« Cétar» sont une précieuse collection d'anecdotes véridiques où sont retracées des horreurs en de* termes, dit M. Egger, qu'aucune langue modems n'osera janiaii traduire. Philosophe moraliste, Plutarque faisait revivre devant nos yeux ses hommes illustres en expliquant leurs faits et gestes par leur caractère et les ramenant ainsi à l'unité. Suétone dissèqw et ne recompose pas. Tl a ses cases et il y jette ses faits divers. — Ploms, dont Montesquieu faisait grand cas, nous est déjà conna par sa division de VHiitoire romaine selon les quatre bges de la vie humaine. 11 est de l'école des rhéteurs emphatiques d'Espagne. Ses aperçus ingénieux et profonds, ses comparaisons heureuses, la concision de ses récits, mais surtout sa rectitude morale contre-pèsent une foule de grossières erreurs, de &des déclamations et de fousses antithèses.
Puis viennent les pauvres écnvains de VHutoire Auguite, qui introduisent dans ta langue des livres celle des plébéiens.
E^fln, l'bistoire se relève un instant avec l'empire par Ammies Marcellin (vers 3âO-390). Il commence son récit où Tacite avvt
lenniDé le sien. Grec de naissance, il lull« péniblement avec l« Iilin qu'il écrit Fort mal. Mais son impartialité est telle qu'on ne ait s'il est chrétien ou païen. E3le fait de lui dans un siècle déchiré par les guerres civiles et par les querelles de religion, un juge clairvoyant des hommes et des choses. S'il eût vécu en des temps meilleurs, il aurait été un historien de premier rang.
Après lui viennent des historiens chrétiens : Sulpice-Sévère, et cet Orose que nous savons déjà avoir été l'adversure de Zozinie.
Quelques vers du poète Claudien (né vers 365) qui fut témoin de la destruction du paganismCj rappellent notre attenUon sur les monarchies universelles dont Daniel avait prédit la succession et la fin, Trogue-Pompée écrit l'histoire et l'astronome Ptolémée tiié dans son cation la chronologie. Il nous paraît évident que la science profane était, à dater de Trogue-Pompée, en possession du TTÙ plan de l'histoire de l'humanité. D'accord avec les prophètes hébreux, elle la divisait en deux périodes : celle des peuples indépendants, contemporains et isolés; celle des empires qui par la conquête les soumettent à un sceptre unique, et dont le dernier, celui de Rome , est en quelque manière renversé par te christiaoisRie. Mais nous verrons saint Augustin ignorer cette division de l'histoire, Hélanchthon la mal comprendre, Bossuet la négliger, et l'un des principaux buts que je me propose dans mes travaux, c'est de ramener Tbistoriosophie au point où l'avaient laissée Damel en Judée et, à Rome, les derniers écrivains païens.
ft ie SUHean. l. m, r. <W «iq.