‹ Les deux citésChapitre 76 sur 92 · AVÈNEMENT DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

AVÈNEMENT DE JÉSUS-CHRIST

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BIBD TOUT IM TOUS, M Jênt^hriu cbtt de l'iuiicn

§ 3. — Saint Jean.

Saint Jean, à qui l'Eglise a donné l'aigle pour symbole et le surnom de Uiéologien, a dans son Evangile remonté jusqu'à sa source le 6euve du temps dont sunt Paul avait en aval suivi le ■ cours jusqu'à son embouchure dans l'océan de l'éternité, a Quand | nulle des cboses créées n'existait encore, le Verbe qui est Keu, | était déjà vers "Dieu. C'est par sa médiation que Ueu a créé l'uni- . vers. E^ lui était une vie qui était sa vie propre quoiqu'il l'eût reçue de Dieu (1), et sa vie étùt le principe de vie de tout ce qui vit dans le monde. Elle était eu même temps la lumière spirituelle des hommes; mais la lumière rencontra chez eux des ténèbres > (dont Jésus-Cbrist a rapporté l'origine au père du mensonge), et o qui lui résistèrent et la repoussèrent. • L'histoire de l'humanité est, en trois périodes, celle de la lente et progressive venue du Verbe et de l'opposition que lui font les ténèbres. D'Adam à Abraham ■ il était dans le monde bous la forme impersonnelle de la lumière éclairant la raison, le cœur et le sens mo* rai; mais le monde ne l'a pas compris. » Depuis Abraham, ■ le Verbe est venu chez son peuple élu sous le nom de Jéhovah, et les Hébreux ne l'ont pas reçu. > Ëntîn s le Verbe s'est fait chab, apportant après la toi la grfice et la Térité, et ceux qui ont cru en lui , ont été bits enfants de Dieu par le don du Saint-Esprit ; mais iet Juifs l'ont crucifié ('2). > D'ailleurs, comme nous l'apprend l'Apocalypte, la venue du Verbe se poursuit dans le monde chrétien, l Celui qui toujours vient, n'arrivera à son but que le jour de son glorieux avènement, au terme de l'économie actuelle de l'Eglise (3). Cette doctrine de la venue du Verbe dans le monde et de ses succesùves étapes n'a trouvé aucun écbo dans l'Eglise jusqu'à noM siècle, où Franc, de Baader s'en est emparé.

Dans ses Epîtret saint Jean représente Jésus-Christ comnM venu pour détruire les œuvres téoàireuseB du diable (4). La présence des < antichmts (S) » dans l'Eglise est pour lui ce que 1> mystère dlniquité était pour saint Paul et l'ivrate de Satan pom ' Jésus-Christ. '

L'ApocaIypse,que nous avons étudiée pendant plus de lamoitid

de notre vie, cwitient, d'après notre intime et inébranlable oonvicv tion, la philosophie de l'histoire depuis l'ère chrétienne jusqu'aux temps étemels.

La pensée fondamentale de l'Apocalyse est celle du psaume CX : Dieu châtie tei peuples rebelles et renverse les puissances antichrétiennes jusqu'au jour final oii son Fils, sortant de son repos, descend dans l'arène.

L'avènement de Jésus-Oirist venant au terme de l'fige actuel de l'Eglise détruire ses deux plus redoutables ennemis, est le but où ccmvergent toutes les visions du livre [I].

Ia marche des événements est réf^e par deux lois identiques et contraires : le progrès de la foi et de la sainteté vers la félicité celeste, le progrès de l'injustice et de la souillure sur lesquelles s'appesantit de plus en plus la colère de Dieu et qui aboutissent à l'enfer (S) (p. llSsqq.) Cest chose merveilleuse que le soin minutieux avec lequel chaque station de cette double marche est indiquée dans ce livre antérieur de dix-sept siècles à l'usage du nom de progrès dans le langage philosophique.

Voici les divisions d'après saint Jp^n de la grande période de l'Eglise, depuis ses origines au retour de Jésus-Christ :

i" Les six premiers sceaux, ou le monde romain depuis Trajan ila ruine de l'empire d'Occident. C'est le premier âge des martyrs périssant sous la hache.

S» L'Eglise est devenue un Israël chrétien formé de doute nations selon le nombre des enfants d'Israël (p. 147). Les quatre premières trompettes appellent sur ce monde romain, qui n'est chrétien que de nom, et qui de fait est païen, les fléaux de l'inva- HondesGermains.Vieiment ensuite, en Orient, le «malheur* de l'islam, puissance spirituelle et infernale qui séduit et perd les &mes des chrétiens tout en ordonnant de respecter leur vie, et le second et plus affreux « malheur u des Turcs et des Mongols dont l'unique mission est de tuer.

^ Lb t petit livre p nous ramène en Occident. Les peuples <^irétiens de nom sont gouvernés par la triade infernale du dragon ou de Satan, de la béte de la mer ou de la monarchie païenne de Daniel, et de la béte de la terre ou du faux prophète. Ces trois piûssances, toutes chrétiennes qu'elles se disent, n'en sont pas moins pleines d'une haine mortelle pour l'Eglise qui ne sait que

prier, témoigner et s'enfuir au désert. C'est ici le second et denù» Age des martyrs. Il ne finira que par le retour de Jésus-Cbrist (1).

La Béte de la mer avec celle de ses téteg qui a été blessée à mort et a repris vie, et avec ses dix cornes couronnées, représente l'empire des Césars renaissant avec Charlemagne sous le nom de saiiil-em[»re romiùn, et les royaumes contempomiiis.

Le faux prophète, c'est le clei^é romain, érigeant et aninuot l'idole de la papauté qu'il façonne à l'image de l'empire gennaiD.

40 Les sept coupes embrassent les temps qui s'écouleront de li première révolution française au retour de Jésus-Cbrist. Les cbttiments, les ruines et les révolutions s'y accumulent d'une manière effrayante. L'empire germain est tombé et a fait place à un ordre de choses, où les royaumes sont dépouillés de leurs couronnes. Puis viendra un empire, le septième, qui sera de très-courte durée. Enfin sortira de l'aÙme, comme l'Islam, l'Antichiist, l'Homme du péché, la onzième corae, la huitième béte. Cependant les mœim, en se corrompant toujours plus, sont devenues babyloniennes, et Borne est de nouveau la capitale de l'Occident, mais par son commerce, après l'avoir été une première fois par ses armées et une deuxième fois par sa puissance ecclésiastique.

Le chiffre rhythmique de l'histoire de l'Occident dans le s petit livre n est de 1260. Il nous est déjà connu par Daniel. Noot comptons ces 1,2608ns de 740 à l'an futur ÎOOO.

Nous le déclarons hautement : de toutes les divisions qu'on peut donner de l'histoire des races grecques et latines à dater de l'établissement de l'Eglise, nous ne saurions en imaginer une pins ' simple et plus naturelle que celle de saint Jean. Le prophète f mieux connu l'avenir que nos historiens le passé. Au reste le champ de la vision avait pour limites le Danube et le Rhin. Ces! à peine s'il a été donné à stùnt Jean de jeter un rapide coup d^ sur les races teutoniques et sur la Réforme.

Le retour de Jésus ne clât point la Révélation de sùnt Jean. Cet apAtre est le seul qui nous ait fait connaître la durée de la dernière période de l'histoire humanitaire, et ait fixé au commencement des mille ans la date de la première résurrection, qui est celle des témoins. GrAce à lui, nous savons en outre où placer dans le cours des temps toutes les proi^iéties de l'Ancienne Alliance relatives au règne final du Messie.

(Il u «taUHtlDB d« de» Uf itt BwrtTn ut aiw dw cM* le» plw piMewi *■ ràpm- Il DM. n, 3 el M, ti U. 10; Ul ! UU. CoBp. Mvél., Mit.

f Les mille ans seront à peine accomplis que Satan, brisant ses cbatnes, fera un dernier effort pour anéantir Jérusalem à l'aide des immenses années de Gog et de Uagog. Mais le feu du ciel les

• Puis auront lieu la résurrection universelle et le jogementder^ nier, au temps où la terre consumée par le feu renaîtra sous une forme nouvelle. Alors commenceront les siècles de l'étemelle fêlicité. » Mais l'historiosophe s'arrête étonné devant ces nations qui reparaissent dans cette économie céleste, qui entourent Jérusalem, qui peuvent y entrer, mais qui n'y demeurent pas, et qui, malades encore, sont guéries par les feuilles de l'arbre de vie. La résurrection serait-elle donc, comme le pense M. Loize, la condition indispensable du développement final de l'humanité? < Les serviteurs de Dieu, b dit saint Jean en terminant le récit de sa vision des cieux, a lui rendront leur culte devant son trâne qui est aussi celui de l'Agneau, et, éclairés par le Seigneur Dieu, ils régneront aux âècles des siècles.. . e Sur qui ?. . . L'ange ne l'a point révélé à saint Jean sur la cime de la haute montagne où il l'avait conduit, et d'où les regards de l'apAtre plongèrent et se perdirent dans les infinies profondeurs de l'Eternité (1).

Avec Jésus-Christ et les apôtres commence l'histoire du monde moderne qui a pour mission, dans le domaine de l'intelligence, d'opérer la synthèse de la révélation et de la science, de la raison et de la foi, du sémitisme oriental et du japhélisme occidental.

Nous diviserons l'histoire du monde chrétien en deux périodes : celle de l'ancienne Eglise grecque et latine, depuis la Pentecôte à l'invasion des Barbares, et, en Occident, celle de l'Eglise romanique et germanique, de l'invasion des Barbares jusqu'à la fin de l'économie actuelle.

I. Pendant la première période, l'Eglise /lelléno-latine tente par ses hommes les plus éminents d'ajouter h la foi la science et de concilier la révélation biblique avec la philosophie profane. Ce travail intellectuel aboutit dans notre champ d'études à l'historiosophie de saint Augustin.

U. Notre seconde période, celle de l'Eglise romano-germaine, se subdivise d'après la loi du développement des peuples en deux

li| IsTRorln pfrlodmle l'tpKalypK Bfril., p. n>-l4I.

Ages : celui de la foi' dlnsUnct, et celui de la nûson qui accrptu ou rejette la foi.

A. L'âge de la foi d'tfutinet et de l'autorité, c'est le moyen âge qui adopte aveuglément avec les vérités révélées les erreurs catholiques, et qui par la scola&tique opère la synthèse de ses erreurs et de ses vérités religieuses avec la philosophie d'Aristote. CeCte fausse science qui n'était qu'une foi fautive, ne s'est point occupée d'historiosophie.

B. Age de la raùon et delà liberté. La raison s'éveille au quinzième siècle, pour secouer la foi chrétienne, c'est la SenaùsaMt, et bientôt après, pour s'élever jusqu'à la foi évangélique et peN sonnellej c'est la Béforme. La Réforme, après nous avoir donoi une historiosophie nouvelle, celle de Mélanchthon, Canon el SIeidan, réagit sur le catholicisme, qui l'emporte sur elle au diiseptième siècle et produit Bossuet, Avec le dix-huitième ûëcle et Vico la philosophie triomphe, malgré Leibnitz, de la foi qui se tait. La foi se réveille au dix-neuvième siècle, et lutte en historiosophie, non sans succès, avec l'incrédulité.

C. L'âge prochain sera celui de la définitive synihhe de la réeélalion et de ta philosophie, ou [Jutât de la pénétration de la phil>sophie par la révélation.

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