QUÉBEC EN
Québec, fondée en 1608, est la mère de toutes les autres villes, en Canada.
Toujours souriante, elle a vu naître et grandir ses enfants, sans s'occuper de s propre existence. |
Elle n’a jamais perdu son bon cœur, son hospitalité, son dévouement, son humeur joviale, sa grande beauté naturelle que ni les années, ni les injustices, ni.les jalousies, ni l’ingratitude des autres cités, devenues ses rivales, n’ont jamais pu lui enlever.
Elle a conservé sa taille élevée, son corsage de Déesse, ses formes incomparables, ses contours enchanteurs, son haleine
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parf de tc pitto mira!
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large cette diame pavill Le serré ] les ea:
St-Ch Cet le fro patrie Dev l'Ile d plus d’un i En voyez me les
de a de- ns en | com- R parfumée et sa toilette si riche en parures
voici M de toutes sortes, étalées sur les champs si pittoresques qui l'entourent et qui font l’admiration de tous les amoureux de la belle nature. Voyez ce buste de granite, cette large poitrine qui s'élève en promontoir, cette tête de Bellone et sa couronne de diamants, sur laquelle flotte hautement 1£ pavillon britannique !
de ë Le bas de sa taille de.géante, semble être serré par un .ceinturon noir, que forment re D eaux confluentes du St-Laurent et du : de SE: Charles.
Cette déesse guerrière regarde l’Orient, le front tourné vers son ancienne mère patrie.
r, SON meur jue ni busies, renues ver.
e, son st para Laleine
Devant elle, l'Ile de Bacchus,aujourd’hui l'Ile d'Orléans, qui s'offre à elle comme le plus riche camée de son écrin, entouré d'un immense cercle d'ægent.
En arrière, près des plaines d’A braham, voyez les buttes à Neveu qui forment comme les nœuds de sa longue chevelure qui Bétend jusqu’à la nuque du CapRouge.
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À sa droite, les plus beaux reliefs que la nature a fait ressortir sur ses vêtements, de Lévis — qui, se terminant en pointe, eomme un long cachemire, viennent protéger les fortes épaules de cette majesté herculéenne.
À gauche, la verdoyante vallée du St.
Charles, puis les riantes campagnes de la-
Côte de Beaupré, se déployant jusqu’à la la bordure des monts’ Laurentides, .ne forment-elles pas tous les plis, les draperies les plus belles, de sa robe ?
Voyez donc cette longue trainée de maisons blanches qui, comme une chaîne d’argent, rattache à sa ceinture, le plus bel ornement de cette antique châtelaine, je veux dire, cette magnifique chûte du Mont-
morency qui paraît pendre, bien au loin,
comme une gigantesque breloque d’opale, toute éclatante de la lumière de ses eaux lactées, toujours bouillonnantes et faisant du bruit. :
Avec ses airs de grandeur, ses formes
Inco cett.
que à co!
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4 incomparables, cette richesse de toilette, nts, cette fierté martiale, comment voulez-vous PiR que la ville de Québec puisse devenir, tout si à coup, une ville commerciale ?
r. Elle se débarrassera, toujours dteile.
ment, de ses goûts, de ses allures, de ses St. caprices de naissance.
le la- ; la Née au milieu des loups, puis choyée sur me Modes genoux militaires, vivant aujourd’ hui rape- Met milien des] es et des plaisirs des plus belles campagnes, comment vou- … Miez-vous que cette fille gâtée de la nature me puisse se faire facilement aux travaux des d'ar- usines, aux ennuis de la politique, aux ; bel froids calculs des comptoirs ?
un Non, il lui faut être vivandière ou payloin, B°”° | opale, Ses casernes ou les chaumières doivent eaux pendant longtemps encore l’abriter.
aisant
Québec veut rester ville de garnison.
Ile :egrette toujours tous 8ses vieux Idats.
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Elle s’imagine que la bonne Reine paie et nourrit encore, à ses frais, les jeunes moustaches avec lesquelles elle s'amuse.
Elle les croit assez fortes pour la défendre contre tous les [roquois qui voudront lui arracher bientôt jusqu’à la chevelure.
N'importe, conservant toujours ses illusions de jeunesse, elle dort, en pleine sé:
curité, et ne s’occupe nullement des dangers du dehors.
Les ennemis sont entrés dans sa citadelle. La ville est au pillage, ses voies de ravitaillement sont coupées jusqu’au pacifique. Elle dort toujours trop indifférente et couchée sur ses canons.
Son “Garnison-club”” est aujourd’hui pour elle, son.conseil de guerre, son comité du salut public, l’estaminet inspirateur et consolateur du gouvernement.
En effet, dans les mêmes salles où les irgénieurs des Rois Georges préparaïent et exécutaient leurs plans militaiies de dé fense ou de fortifications, aujourd’hui, pré
En sonne rieuge
pale ines je.
fenront lure.
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eisément,dans les mêmes appartements, des ingénieurs plus civils, font et défont les .
plans politiques de notre administration
fédérale ou provinciale. |
Soutenu par l'Etat, c’est là que notre ministre de la guerre, général de la coterie et la terreur des Pékins ou des Capons, est le plus fortement invulnérable dans sa forteresse entourée de tusils Chinois et de baguettes au riz. :
C’est là que nos députés et officiers, bien armés de fourchettes, dîinent à nos dépens, et décident, entre deux verres de vin, les traités à conclure et de la rançon à payer.
Les bons citoyens du dehors paient en silence les frais de la guerre, sans s'occuper du montant.
‘ C’est là que notre Adolphe, ascis dans sn assiette, Commaude mieux, en grand, Parmée de Big..ouette.” Aussi, la paix règne à Varsovie.
En effet, en dehors du parlement, personne, dans Québec, ne parait s'occuper sé-
rieusement de ce qui s’y passe.
En vain, la voix des dix braves de l'armée libérale ne peut réveiller les endormis.
Et cependant la ville est au pillage!
J1 a fallu la mort de ce glorieux Riel, cet assassinat politique et maudit, chez tous les peuples civilisés, pour réveiller un peu tout Québec des beaux rêves qu’elle avait toujours rêvés et la faire prendre ses ra-
quettes pour se réchauffer un peu.
Mon Dieu, de quel sommeil mortel n’a
t-elle pas trop longtemps dormi ?
Véritable Salamandre, Québec a pu survivre gaiement à tous ses nombreux incendies.
Jamais l’adversité n’a pu ébranler sn courage ou sa bienfaisante hospitalité.
Elle a toujours conservé sa sérénité dans!
les désastres tout comme dans ses jours de gloire et de prospérité.
Victime des convoitises de ses rivales, elle oublie, dans sa tendresse excessive,
L " À Fa jusqu'aux trahisons les plus perfides de taf ses propres représentants.
Elle compte toujours, avec confiance, sur :
! la Providence. Elle attend ! Elle attend !
tiel Qui voudrait blesser le cœur d’une aussi tous tendre mère et la troubler dans son som- | peu meil innocent, par les sifflets des usines et wait À le bruit des machines qu’elle n’aime pas ? 8 Ta- Elle préfère rester et dormir avec ses | amours, au bruit du canon ! j À Y ji SUR {| na Quand elle le veut, absoiument, qui 1 pourrait l’en empêcher ? À pa Autrefois sillonnée par les boulets, fl - L e . 0 . . ; ; nçen épuisée par la faim, assiégée bien des fois, Québec, cette ville épronvée. est restée Ix | r sn première forteresse de la nation, et la mère: | alité f nourricière de notre civilisation qu’elle a dans® su porter jusqu’au golfe du Mexique, sur sin rs deM les bords du Pacifique et dans les glaces si du Nord et malgré les périls de la Baie || d'Hudson. EU vales, | | Û ssive, Son unique désir, voyez-vous, n’est pas | |
de faire de l’argent. Son ambition n’e8t pas celle des raarchands.
Aussi, ses plus grands héros ne furent
pas toujours des commerçants ni ses nobles
. parmi les intrigants ou les charlatans.
Elle aime ses bons cochers tout autant que ses autres plus grands enfants.
Provençal lui en fut toujours reconnaissant et travailla pour elle, tout commé pour lui et sa femme aussi.
Cette pauvre femme fournissait bien avec son petit magasin sa quote-part dans la communauté, mais la calèche trop aris-
tocratique du mari n’aidait pas du tout à
remplir la cassette de la société, pour les temps de pluie. «
On parlait souvent de se défaire de ce trop somptueux véhicule qui ne rapportait rien. | : :
Cependant Provençal n’eût jamais voulu la vendre ni la louer à quelqu’ennemi de sa race. | Le gouvernement tout entier, eût-il dé-
tré s’en servir, en payant bien cher et comptant, que l’indépendant propriétaire jui en eût refusé l'usage avec un profond dédain.
Hélas que les temps sont changés !
Aujourd’hui, la calèche est devenue la voiture de tous les roués candidats qui veulent la louer au prix demandé, —. ;
: les carosses ne suffisent plus.
‘Les cochers se vendent au plus haut enchérisseur et donnent leur vote amine le marché!
Les électeurs ne vont plus voter qu’en voiture payée. Autrefois, ils allaient bien plus noblement à pieds, chercher et élire, sans frais, leurs députés plus fiers de Mur honneur.
Aussi, nul candidat assez smbitisis
p'eût jamais pensé aller solliciter, sans être demandé, ou mendier les suffrages,et,encore moins, se vendre, à l’avance, pour pouvoir
acheter, ensuite leg votes des méchants
électeurs et de tous lea fainéants.
ss 6e
D'ailleurs, il eût été repoussé et honni de tous les voteurs indépendants.
Jl n’y avait parmi nous ni endormeurs ni endormis, Tous, nous étions réveillés et nous montions la garde, très fidèlement.
La calèche canadienne ne menait pas de
canaïlle politique.
Le père Provençal eut référé transporter avec la sienne le fumier de son écurie, plutôt que de charroyer le mauvaisengrais électoral que, de nos jours, nos ennemis paient au poids de l'or.
Nous devenons moins indépendants et moins patriotes, et notre fierté nationale paraît aller en s’amoindrissant
Heureusement, disons-le hautement, que cette dégénérescence est encore moins générale, chez les petits que chezles grands.
Chez les premiers, c’est plutôt l’effet de l'erreur ou de l'ignorance, mais, chez les autres, c’est le manque de cœur, c’est'la cause de l'astuce, de la vénalité, de la lâ- . cheté ou de la trahison. Après tout, les
DAT). Le
ii bons habitants et les artisans, sont les plus À indépendants, mais, les hommes riches des rs villes ne sont que trop souvent que des és marchands d'élection. L’humble et petit jt. travailleur est resté, malgré tout, bon cade nadien à la maison, quand on ne va pas
le gâter, le tromper.
Qu'on l’instruise donc, encore mieux,
)OT- e : e e e. e , a enseignons-lui la vérité, et faisons lui conri à :
. naître notre bonne histoire, au moins par ra1s . ,e e.
‘a la tradition nationale dans nos foyers, et les mi no | écrivains perfides et trop flatteurs, les historiens, les journalistes imposteurs et tous id . les grands meneurs politiques, embaunale
cheurs ou embauclés, ne trio:npheront pas toujours. Le bon peuple aura son tour, Dieu aidant.
Oh répéte
Hél:
Bas-Ca
parm
ques 1à leurs
les fils