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Manitoha, ce second Bas-Canada fran-
çais, ce bon frère, tant prômis, il le livra, bien à plaisir, à un premier gouverneur anglais qui fut repoussé, de suite, par limdignation générale. Cartier en choisit toujours de cette nationalité. Il eût, probablement évité la révolution ; mais, il voulût, toujours, rester, tory et tyran.
Choix, bien étrange disons le, pour un successeur, tant vanté de Lafontaine, et de son gouvernement national et responsable. Ce fut McKenzie, le chef libéral, qui, le premier du moins, et le seul jusqu'ici, pensa choisir un Lt.-Gouverneur, canadien français, pour gouverner, à sa demande, ce peuple nouveau et si docile autretois, et frère des canadiens-français.
On veut en faire une Irlande opprimée !
Hélas, notre royaume n’est pas encore assez divisé et le règne de nos adversaires,
Un ra, ur Jar 8it lO-
assez assuré. Nos ennemis sont encore à l'œuvre, à l’œuvre de notre démolition.
Attendons la fin du festin et la joie, la plus grande, de tous lesconvives surve nus. Quand, les dineurs, seront repus ou retirés, le peuple, procédera, sans appel, à son jugement dernier. Déjà, on a changé les services et brisé bien des plats, en fesant volte face à la politique de nos pères. Attendons la main de Dieu, qui devra écrire, bientôt, sur la muraille de Balthasar : Mané, thecel, pharès !
Je suis anglais, avant tout, a crié, constamment, Cartier, parlant un peu trop mal le français, et je serais fier de mourir, à Londres, en Anglais !
Soyons d’abord français ! nous ont toujours et au contraire, répété, nos ancêtres.
S'il faut rester, loyalement anglais, mourons, en Canada, comme des français ;
et moi, mes enfants, je vous dis, tout
bonnement, comme le père Provençal et ses bons amis: soyons de bons sujets :
anglais, c’est assez ; mais, être, sujets plus loyaux que les anglais, ce n’est pas toujours très rassurant ; restons plutôt, fran- ” Gais, quand même !
Ecoutez, moi bien, il faut tenir à la politique, de nos aieux. Notre histoire du passé, nous l’a déjà dit, et nous le dira, toujours ; notre histoire nationale et contemporaire, suspendue depuis la mort de notre patriotique et immortel historien, Garneau, nous le dir, plus tard, aussi.
Le peuple canadien-français, attend avec
anxiété, son digne successeur, un brave et intrépide historien, défenseur de sa nationalité, pour enrégistrer son jugement impartial et sa loyauté, bien entendue.
Les petits chercheurs de place, les courtisans soudoyés, n’ont pu écrire encore que de fausses louanges, de basses flatte-
ries, en faveur de quelques chefs qui les :
ont bien casés. Toutes ces intrigues pas- ‘seront, et l’histoire s’écrira.
En attendant, son livre d’enrégistre-
ment, le peuple conservera, dans son souvenir, les récits du foyer qu’il, transinettra à ses desceñdants, en gardant, fidèlement dans sa mémoire traditionnelle, les grands faits historiques de notre époque.
Il attend, son rapporteur officiel, son
. historien, parlementaire, indépendant et
non courtisan ou achèté. Ne fût-ce qu'un adversaire, aussi loyal, que Christie.
Qui va reprendre notre œuvre, purement nationale, et la continuer, sans fléchir ?
Il nous faudrait un Garneau ou un Sulte indépendant. Sir Georges, aura donc, son tour, devant le jugement, plus général, de sa nation, son monument réel. :
Pauvre cocher de nuit, bien vieux et bien fatigué, j’ai eu bien de la peine, à raconter un peu, et aussi fidèlement, l’histoire de nos deux cochers et de vous parler, en passant, de certains oiseaux, choyés des grands. |
J'ai voulu risquer mon dernier œil, aux
flèches empoisonnées de la critique ou de la malice, la mieux payée, aux fins de cacher la vérité, aux pauvres enfants du peuple.
J'ai pensé, vous raconter, en riant, quelques faits assez sérieux, du passé, en vous
parlant de deux cochers. Aux historiens .
des nobles, aux ornithologistes, plus savants, le soin d'illustrer les plus gros oiseaux et la gloire des châteaux, à ‘“ M.
Lemoine aux oiseaux.” !
Que d'oiseaux de proie, partout, vivant Joyeux du carnage, dansle vaste domaine du Canada, qui attendent des empailleurs complaisants ! Que de vautours et de cormorans affamés, sur ses grèves délaissées | |
Que d'oiseaux grimpeurs ou rongeurs, (Pique-Bois ou Récollets) qui vivent . de l'écorce et du bois, de ses forêts exploitées, jusqu'aux dernières limites ?
Que d'oiseaux inoqueurs et de merles, encagés, qui ouvrent le bec tout grand, en dedans des bureaux, pour avaler les gros morceaux, et les graines de la cour, qu’on leur “vnne, pour les faire chanter fort, sur tous les bancs.
Que de perroquets, hûchés, que de singes enchainés, qui ne savent que répéter le nom, ou copier les gestes, de leur maître, au grand ennui des serviteurs, qui leur distribuent les restes de la cuisine ou des biscuits sucrés.
Que de geais revêtus des plumes du paon et qui se pavanent, dans les basses cours des ministres et de leurs courtisans et crient, en regardant leurs vilaines pattes, et leurs plumes si cotonnées ?
Dans le champ, si charmant, de la politique, parmi les oiseaux bleus, parmi les oiseaux blancs, et parmi, les oiseaux rougés, aussi que de tritris méchants, que de goglus, de sifleux de pissous, gourmands, où de mangeurs de mrringouÿ..,(petits oiseaux
canadiens) que les enfants du peuple, aperçoivent de loin, et distinguent, d’euxmêmes, à leurs chants criards, et les désigneñt, ainsi, dans leur language enfantin.
Laïssons, néanmoins, tous ces derniers
chanter, librement.
Ils ne sont pas, ceux-là, les plus carnas-
siers ; mais, défions nous des plus gros, et de nos Corbeaux canadiens, grands mangeurs Je fromage, mais plus fins que ceux de la fable des anciens.
Le peuple bénira, toujours assez, ses
hirondelles fidèles, ses pures et blanches colombes et ses moineaux ‘bienfaisants et si aimés. * |
Il s’en va minuit ! La soirée est finie, notre journée de fête est passée et la belle-catherine est. décoiffée. J'ai voulu jeter quelques . bonnets, pardessus les moulins.
les
Je termine donc,. ici, mon fantasque récit, sur la vie des “ deux cochers de
Québec ” dont, j'ai pensé vous tracer
un petit peu, l’histoir®, en relatant quelques uns de leurs principaux exploits.
Voulant, vous instruire un peu, il m'’a fallu vous conter, tout de même, de bien tristes vérités. Je crois avoir réussi, assez bien, (je l'espère du moins,) à vous donner une petite lecon politique, puis, vous faire, avaler, à la fin,une pilule, assez, amère en l'ayant recouverte, petit à petit, d'un vernis de fantaisie. Elle ne peut, cependant, que faire du bien à votre santé et à la constitution.
Ceux de vous qui avez eu, le plus de peine, à l’avaler et qui, ferez encore quelques grimaces de plus, en y pensant, sont, précisément, ceux qui ont le plus besoin d’être purgés, à mon avis.
Mon dernier pâté aux petits oiseaux de neige, me parait-être, après tout, assez bien digéré.
Ce ne sont plus, que les plus gros oiseaux, qui pourraient vous étouffer.
La, ressemblance, de mes deux cochers, est aussi vraie, l’une que l’autre ; maintenant, mes enfants, choisissez la meilleure ; la calèche canadienne, ou le carosse à sept roues ; le premier cocher du peuple et des petits, ou celui des grands et des tyrans ; l’humble et pauvre vieux canadien, Provençal, ou, le plus grand, mais, le plus anglais, Sir Georges.
Que chacun ait, maintenant, son monument national.
“ Suum cuique ”
Il est minuit, sonné, il fautaller se coucher! Je me tais donc, en vous bénissant.
Prions Dieu, tous ensemble, de nous sauver des dangers et de nous prêter
longue vie. Vaut mieux rester de ce-
“al ” côté-ci de l’Achéron, plutôt que de descendre, dans les enfers, et de naviguer, dans PE la barque à Caron. Ne nous risquons pas nte- trop, non plus, ici, sur la terre, dans le Res: carosse à sept roues de la confédération, sept avec un imprudent postillon.
| sa Pour vous, mes enfants, écoutez bien le d. ; dernier conseil, que’ le bon cocher, notre de patron, nous a donné, en mourant ; 1l He faudra le graver sur son monument ; car c'est bien là, l’écho fidèle de la voix du peuple, qui nous le redit, encore, en ce jour onu- de chasse impitoyable, et qui se répète dans nos foyers rustiques et dans toutes nos boutiques. | ‘ Aimc cn bien les moineaux,” ; ‘ Des petits, la noblesee ! ” ‘ Moi, je hais. la basresse, ” se ‘ Des plus grands, les corbeaux 17 nis-
Chantons donc, avec entrain, en nos vèrs, jamais trop masculins, notre patrio-
tique et dernier refrain, en réponse à l'appel du bon cocher canadien, celui du grand-père Provençal.
(AIR : Souvenir du jeune âgc )
‘ Qui, c’est le cri du cœur,”
‘ De la mère à enfant ; ”
‘ C’est le chant de Fhonneur,” “ D’un bon père, eu mourant.”
MonTRE-Œixr.. ’
Cocher de nuit.