‹ Les deux cochers de Québec [microforme]Chapitre 35 sur 36 · JU · texte numérisé non relu

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nation, en pleurs, et lui faire boire la coupe de son humiliation, et proclamer sa propre déchéance !

Allons donc ! trop cruels pendards, laissez nous, au moins, le droit de nous plaindre, dans nos maisons, dans notre Parlement ! |

Voyez, en ce jour, le cri universel de réprobation, de malédiction qui s'élève de toutes parts, contre vous | Vous ne l’étoufferez pas, c’est le cri du cœur !

Ministres coupables et lâches canadiensfrançais, vous n 'êtiez que trois larrons, sur le calvaire de Régina !

: Vous ne resterez que trois ! m . . et Vous n’aviez pas d’autres complices, le parmi les nôtres ! “e En aurez vous plus tard ?

Jamais, je ne ie croirai, mes enfants! a L'école tory n’a pu nous dégénérer, | ‘ ; | Fi ù sa nous aplatir, nous abrutir, à ce point, .: tiu

« Nous serons unis contre notre asservissement national.

Nos ennemis, nous disent, en se moquant de nous tous, et quelques traitres parmi nous, peut-être —que notre indignation, aussi unanime, ne sera qu’un feu de paille. Telle est l'espérance des torics.

La chose est-elle possible encore ? Je ne le crois pas.(*) Est-ce que quelques autres

(*) Le 24 juin 1886, jour anaiversaire, de notre fête nationale de la St. Jean-Baptiste, la grande et générale convention canadienne-française, tenue à Rutland, dans l'Etat du Vermont, (E -U.), vient d'adopter UNANIMEMENT, et, comme l'expres“ion OFFICIELLE des HUIT-CENT MILLE, CANADIENS-FRANÇAIS, établis dans les Etats-Unis, une série de résolutions, proposées par son, si distingué, Président, le Major Mallette, de Washington, second es par le Réve-

send M. Chagnon, Curé de Champlain, N.-Y., et condam-

nant la conduite infâme de nos tories.

Tous ces nobles dé égués, ayant à leur tête, quatorze, prêtres, curés catholiques, se donnèrent mutuellement, la main en signe de ralliement ; et, votèrent, unanimement et en silence, leurs résolutions patrio iqnes déclarant, l'exécution de Zouis Riez un “déni de justice,” ‘ une cruauté révoltaite,” “ un outrage, à notre nationalité,” UN MEUTRE JUDICIAIRE.” :

Honneur aux Canadiens-Français des Etats-Unis !

Que, dites-vous, lâches, députés et journalistés pendards, du Canada ?

Est-ce un feu de paille, que notre réprobation générale ?

Attentez, vos élections, et, vous verrez, : si le peuple

saura se venger noblement des traîtres ! Voir les résolu-

tivns, dans les journaux.

ne matétintéiimmmenentinretintitinilttnmte

que nos trois chefs-pendards, en: quelques , journalistes, toujours flottants, sensent.

assez lâches, assez. rampanis, poux renier leuss. propres écrits, leurs gémissements premiers. N'importe, le: peuple sausæ ravendiquer ses droits aux élections, sans:

verser le sang !

Nous avons notre constitution pour pouvoir chasser les traitres, de parmi nous.

sans rémission,

Nous voteror.s donc contre les pendarda et les pillards, unanimement ! |

Attendons patiemment, le jour de la.

rétribution !

Maintenant, écoutez-moi bien, mes bons enfants; 1} faut travailler, pour nous !

Ce matin, mon Paul, il faut de suite, profiter de cette si grosse bordée de neige de la belle Ste-Catherine ! Allons! Attäles tés chevaux, prends ta hâche, mets ton capot et montez à Stoneham !

DoOn&

M faut faire:du bois, tout l'hiver, et: de la terre, neuve au printemps ; puis, ons ensemencerons, au mois:de juin, ravantiles élections.

Nous voterons, alors, plus indépendamment contre les pendards.

La politique, ne saurait empêcher notre grain de pousser, lorsque le soleil luira

‘pour tout le monde.

Allons donc, mes enfants, à l'ouvrage et Dieu vous bénira.

Moins de discussions, moins de causeries, aujourd’hui, et soyons plus pratiques et.plus unis.

Colonisons ! colonisons !

Restons, restons en notre pays !

Vengeons-nous ainsi, de tous ceux qui

veulent nous chasser, en nous tyrannisant et en nous dépouillant.

Ils ne sauraient, nous ruiner. entièrement, si nous veillons, bien mieux, nos

représentants.

sr merrmepn érreder cata qe-e

N'émigrons pas ; notre sol vaut autant que tout autre. R

Emparons nous en, donc, sans retard, pour le cultiver de suite !

L'agriculture, est la vie première de l’homme. |

Le reste, est secondaire, après le devoir, après la religion

Tout est sujet aux changements, au renversement.

Notre petite maison, tout comme les

palais des rois, s’écroulent, devant les

révolutions, mais le sol reste !

Dieu, l’a donné aux hommes, qui veulent le fertiliser. Il n’est point jaloux de

ses dons.

Il ouvre, ses sillons, à tous ses enfants en peine d'ouvrage. Il ne veut que de la bonne volonté, du courage et donne la santé aux bons travailleurs, aux défricheurs et aux cochers, contents de leur sort; mais, aux jeunes paresseux, aux mécontents, l’ennui et les maladies.

La colonisation, c’est pour nous, dans le moment, la politique la plus sage, la plus

pressante, la plus nationale et, repoussons

les tories ou les autres qui veulent encore

nous chasser, comme les Acadiens, et nous

remplacer, jusque dans lè Nord-Ouest, par

des émigrés étrangers, qui se font des spé- - culateurs et de nouveaux seigneurs, nes

que ceux des temps anciens.

Obligeons, les gouvernements à plus aider nos bons enfants, de préférence aux aventuriers, qui passent ici, souvent à nos frais, pour s’en aller, ensuite, aux Etats-

Unis.

Disons le, encore ici, notre grand chef Cartier, et ses tories, comme bien d’autres, nous ont trop oublié, dans leur désir d'encourager, en premier lieu, les enfants de l'Angleterre et d'ailleurs.

Que de milliers, de nos meilleurs colons canadiens, de toutes les origines, ils eûssent conservé, avec les millons donnés, si largement, aux étrangers.

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Fesons mieux, prenons nos terres, cultüvons, défrichons et mourons, en'Canada !

Pour cela, nous n’avens pas besoin, absolument, d'avocats. |

La chose est assez facile pour tout le monde ; surtout aux ouvriers vigoureux, aux laboureurs, qui n’ont pas le cœur . ramolli par une folle vanité, et un amour désordonné d’un déclassementquelconque, qui n’est pas l’état de vivre de leurs parents.

Soyez cocher de nuit, platôt que d’émigrer, si vous ne pouvez faire autrement, et ne comptez jamais, pour vivre honorablement, sur les dépouilles de ceux qui gouvernent. Ils n’en ont jamais assez pour eux et pour leurs enfants.

Restons-ici !

: Nos pères ont assez voyagé, tout parcouru, tout découvert pour nous, dapiis l'Atlantique au Pacifique, et jusqu'au Mississipi.

Laissons la Baïe d'Hudson aux dnglais

— JG —

que leur avait enlevée, inutilement, le trop brave canadien d'Eberville.

C'est à nous, maintenant de défricher, et

cultiver notre patrimoine, immense et

riche héritage, nos vallées du Saguenay, du StMaurice et de lOttawa, de tous les Townships.

Aux enfants, trop aventuriers, qui veulent, absolument, voyager ‘et émigrer, je leur dirai, de ne jamais se séparer, mails de se fixer, au moins, par groupe, à l’étranger, et, de ne jamais perdre de vue le pays qu’ils ont laissé, en espérant pouvoir y revenir. ù

C'est une illusion ; une fois partis, ils meurent dans l'exil !

Que partout, done, ils dsvienaent propriétaires. Les prolétaires, sont plus ou moins révolutionnaires. et turbulents.

Que leurs filles, se marient. toujours à de bons canadiens, qui n ‘ont point honte de leur nom.

. Point de mariage mixte et laissons les orangistes aux tories, leurs amis.

Là-bas, comme ici, nous devons tous, nous tendre la main, comme si nous étions, sous le même pavillon. | Qui sait, si plus tard, dans l'exil ou non, nous ne passerons pas sous un même gouvernement libéral, dont nous voudrons, tous.

| : En attendant, soyons unis, contre tous :

| les oppresseurs, les dilapidateurs, de tous L les noms, et surtout contre les traîtres et

| | les apostats.

Nous aimons bien, à partager avec nos -

amis, notre héritage commun, mais nous che

ne voulons pas, que l’on nous chasse, les tiq

premiers et que l’on nous enlève, notre qu

| territoire, après l'avoir, arrosé à. sang rai de nos martyrs. pre

| | Liberté commune, point de monopoles, | 14 point de pendaisons ! : voi La colonisation, c’est le salut de la sui

nation, mais, tous les gouvernements pa- vo!

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raissent vouloir la négliger, un peu trop, poür nous. .

Que de difficultés, les tories, les grands spéculateurs, à qui l’on a donné, tant de nos terres, tout comme aujourd’hui, dans le Nord.Ouest, ont empêché, nos enfants, de coloniser, plus facilement, les meilleures.

Nous avons, cependant scu briser bien des barrières. Que nos enfants à venir, en fassent autant et entrent,en vainqueurs, dans les forêts, pour les défricher, librement.

S1 Riel et les siens, ont été, injustement chassés, bien loin, par des spoliateurs politiques, sans pitié, que des pioniers pacifiques, fassent, comme nous, et mettent à la raison, ces nouveaux seigneurs, grands propriétaires et déjà tyrans.

Opposonstoute tenure trop féodale. Nous -voulons être, tous, des francs tenanciers, surveillons mieux, nos représentants et votons contre les envahisseurs.

Les artisans de Québec, ont fait, autre-

fois, leur devoir. Ce sont deux ouviers,

chasseurs et patriotes, Picard et Hallé,-

qui ont ouvert, le chemin du Lac St-Jean, aidés plus tard, du gouvernement libéral

Sicotte, qui fit passer, en 1862, l’ordre en :

Conseil, de son exploration officielle et, suggéra, de plus, la construction du chemin

que l’on va ouvrir jusqu'à la Tuque et

plus loin.

Sept braves ouvriers Québecquois, en 1848, allaient fonder aussi, les premières colonies du Lac Alymer, à l’appel de la première grande association, chantée par Crémazie et qui fut fondée par son véné:

rable président, Mgr J. Turgeon, aidé qu’il fut de ses deux secrétaires trésoriers Evanturel et Chartier. Plus tard; Mgr Racine et ses dignes confrères et curés, Bédard, Trudel, Bélanger et beaucoup de

: leurs paroïssiens, trop oubliés des grands écrivains, se jetèrent dans les forêts de

l'Est. is ,)

Mrs. Boucher et les siens, des Lorettes, de Charlesbourg, de Beauport et de Québec, furent les premiers colons qui allèrent se fixer, permanemment, au plein milieu de la forêt, et près du Lac St. Jean.

Cet exemple fut suivi, de suite, par les braves colons du curé Hébert.

Enfin, le curé Tremblay, est arrivé le FRrReR avec les siens.

À nous maintenant de couronner l’œuvre commencé, autour de nous.

Nous avons, nos chemins de fer, mais” ayons, nos routes dé colonisation, plutôt que des voies, de spéculations, pour les bâtisseurs, seulement.

Colons, canadiens-français, nous avons aujourd'hui, nptre premier guide, notre dévoué conducteur, dans les bois!

Ecoutons bien sa voix patriotique, qui nous dit, de toutes parts : |

Emparez-vous, de notre sol, défrichez et

cultivez le !

C’est la première politique nationale !

L’Angleterre ne fera pas, de celui-là, un Chevalier anglais !

Vous dévinez pourquoi !

Que lui importe, à lui, tout comme à Provençal, un titre venu de l'étranger !

Il a celui du peuple : cela, lui suffit aussi !

Voyez! quand il passe, dans la rue, dans les campagnes, comme les vieillards portent la main à leurs chapeaux et disent,

avec amour, aux petits enfants : Voyez ! .

cet homme, ce prêtre, cet apôtre de la colonisation, c’est. ... c’est notre bon GROS CURÉ LABELLE!

| Voilà son noble titre, donné par le | peuple canadien-français, catholique ! k | : Au contraire,et de bien loin, leshommes ce

de cœur, les braves ouvriers, les fils de

zet

le !

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