‹ Les deux cochers de Québec ...: Souvenirs historiquesChapitre 10 sur 13 · LE PREMIER COCHER DU MARCHE · texte numérisé non relu

LE PREMIER COCHER DU MARCHE

Provençal laissa, vitement, ses amis sur le terrain bruyant des courses, puis se hâta de retourner à la maison, pour y rejoindre sa femme, désertée de ses pratiques, en ces jours d'amusements.

Il descendait la Grande-Allée, tranquillement, assis sur le siège d'honneur, et méditant, sérieusement, sur sa bonne et première aubaine.

Les gens de la Basse-Ville, du Foulon, de Lévis, et des campagnes environnantes, montaient en foule, et gaiement, à pied.

On riait, on criait, à l'aspect imposant de la calèche antique, et du conducteur impassible/qui suivait les sinuosités de la rue, tortueuse et dangereuse, hautement emmuraillée, aux approches de l'ancienne porte St-Louis.

Quelques-uns, en exhibant leur monnaie, lui demandaient, à grands cris, de les mener aux courses, incontinent.

Le père t Provençal, souffrait beaucoup, de se voir insulter ainsi, dans sa propre dignité. Il maudissait les insulteurs. Encore, se disait-il, si ce n'étaient pas des irlandais ! Si c'étaient, du moins, des canadiens-français, des amis, des connaissances, tout comme M. Germain Le Noir et M.

Caribou ; j'accepterais, peut-être, mais, non ! non ! reprenait-il, de suite ; je ne suis pas domestique de la noblesse, ni cocher du gouverneur.

Ma calèche est pour ma femme, et moi, seuls.

Puis, il descendait toujours, d'un pas tranquille, et lent, comme un vieux monarque, imposant.

N'importe, se disait-il, ma journée est gagnée ! Encore une bonne et seconde chance, et, ma femme, à l'automne, aura son casque, fait en lucarne, et son gros manchon de lynx, si le commerce peut donner uUl tant soit peu ! Il ruminait, ruminait, toujours !

IJ arrive tout près de la cathédrale.

Mon Dieu ! dit-il, en ôtant son chapeau, je vous remercie, d^ vos bienfaits de la journée !

Une heureuse pensée lui traverse, subitement, l'esprit.

Si j'arrêtais un instant, ici, sur le marché, si désert, et attendre, bien secrètement, une seconde chance !

Qui, de mes confrères, pourrait le savoir î

Qui, le dirait à ma femme ? ^D'ailleurs»

il n'y a que le premier pas qui coûte !

Il faut pouvoir hiverner, tout comme noa petits oiseaux.

Instinctivement, il roidit les rênes du côté gauche, et le cheval plie te col. Voilà que tout l'équipage se trouve et s'arrête, magiquement, sur les bords de notre marché, y compris le conducteur, tout absorbé dans ses rêveries, d'une ambition bien légitime.

Il n'eut pas le temps de méditer sur les observations et les railleries malveillantes, que lui feraient, sans doute, ses meilleure compagnons.

Il eût, probablement, cédé, de nouveau, à l'orgueil du métier.

il voit venir à lui un étranger, un voyageur, empressé, qui, le prenant, naturellement, pour un cocher de place, d'une habitude éprouvée, lui cria : Cocher ! veuille!

bien me mener aux courses !

Le Père, un peu troublé, rougit.

Vite ! monsieur, je suis de Paris, conduisez-moi, s'il vous plaît !

Cette politesse habituelle, et l'accent d'un français de la France, ramena un peu l'humeur chatouilleuse du vieux charretier canadien.

Cédant aux instances de l'inconnu, il s'exécuta, courageusement, malgré sa répugnance naturelle, mais, en scrutant bien, de 'ses deux yeux, bien inquiets, tous les alentours du marché, si désert.

Il se hâta donc de partir ; il était vaincu!

Le premier cocher de place québecquois, était né !

Son œuvre, sa mission, allait se fonder !

Encore quelques combats contre l'orgueil, et les préjugés du temps, et l'ordre des compagnons de Jéhu, était bien établi, en notre ancienne cité !

Le père Provençal se cacha. \tëRâ&s&

quelque temps encore, puis, enfin, se risqua, le dimanche, après les vêpres, à provoquer les rires moqueurs des passants, et le mépris simulé de ses jaloux, mais plus lâches confrères.

Bravant tout, il persista, dans sa bonne disposition, bien encouragé, qu'il le fût toujours, par son épouse plus intéressée.

Il put ainsi amasser, plus tard, des provisions suffisantes, pour passer les longp hivers de sa vie, toute exemplaire, et d'un patriotisme éprouvé.

Sa femme, ne perdit jamais sa courte promenade, en calèche.

Les pratiques du fidèle charroyeur d'eau, n'en furent pas plus mal servies. Le courageux cocher de place, n'en fut pas plus ■ orgueilleux.

Il vécut, assez riche, content de son travail, fier de sa profession, de son indépendance naturelle.

Il mourut, donc, parfaitement rassuré

sur l'existence éternelle de son institution nouvelle, en notre cité de Québec.

Il racontait, à ses amis, avec une douce satisfaction, ses humbles, et premiers exploits, et ses luttes, contre les préjugés du temps.

Il a bien mérité, n'est-ce pas, mes enfants, de passer dans l'histoire traditionnelle, parmi nous, les charretiers ; puisque les historiens des grands ne s'occupent guère des petits moineaux de la rue ?

Compagnons de Jéhu, j'ai fait ma part, pour vous faire connaître le premier cocher de place, notre premier patron, *le fondateur de notre ordre, en la cité 'de Champlain, à vous, de l'ennoblir, maintenant!

Qu'il ait aussi son monument !

La. statue, et la barrique, de ce fidèle et patriote charroyeur d'eau, nous manquent, sur son terrain de bataille, au haut de l'abreuvoir public, sur notre plus vieux marché, que, ses seuls disciples, ^Ywa MSu^

siens, et par quelques jeunes historiens,' bien dévoués, et, bien payés. Ce ne fut pas, voyez-vous, un petit cocher du palais, de l'Intendant, borgne, comme moi, mais, un bien haut serviteur, anobli, par la Keine, un ami des gros oiseaoix,-auquels il a préféré donner tous ses soins, plutôt qu'aux petits moineaux de la rue, et aux plus pauvres des passants.

Je vais vous parler de sa mission, de son ordre de fondation, parmi les Canar diens-français et de son école tory. Il faut en perpétuer le souvenir dans nos foyers.

Plus tard, le peuple, mieux renseigné, finira par écrire son histoire impartiale, rendre sa justice inexorable et prononcer son jugement final, sur ce fatal et dangereux cocher.

En relatant fidèlement ses actes politiques, déjà enregistrés, dans nos annales parlementaires, notre historien national devra nécessairement corroborer ce qui se

dit, déjà, dans nos familles. Il lui faudra bien tout raconter.

Presque toujours, les grands hommes qiii ont été trop vantés de leur vivant/ l'histoire plus impartiale du peuple, les a mieux jugés, quand ils ont été trépassés.

En attendant justice, écoutez bien ce que je vais vous dire et, plus tard, vous jugerez si je me suis bien trompé.

Cartier, Sir George, scut, en premier lieu, exploiter habilement le fanatisme religieux, pour tout mener à sa guise.

Pour mieux satisfaire sa vaniteuse ambition, exercer sa tyrannie, il scut parfaitement amuser et, trop longtemps, tromper^ notre clergé national, trop confiant.

Ses notoires flatteries pour le gagner, descendirent jusqu'aux plus basses flagorneries.

Pour capter sa trop généreuse influence, il voulut, de plus, convertir la chaire de vérité, en une tribune politique, à lui seul dévouée.

Son génie politique vraiment diabolique, sa forte vertu machiavélique réussirent à faire trop croire à ses dupes et parmi les étrangers, à l'existence réelle d'un parti politique, dangereusement organisé par les nôtres, en Bas-Canada, pour ren- , verser nos autels, nos prêtres et notre religion.

Bien magiquement, il fit danser, devant leurs yeux, le hideux spectre rouge, le fantôme de l'Antéchrist, la bête à sept tête de l'Apocalypse, pour effrayer les saints, et réjouir les Pharisiens.

Il n'a que trop réussi. Il calomnia, sans merci, le peuple Canadiens-français le peuple du mondç le plus unanimement attaché à la religion de ses pères.

Il réussit à marier, habilement et, presque canoniquement, le catholicisme à l'orangisme.

Pendant trop longtemps et jusqu'à sa mort, il sut faire accepter aux plus pieux des siens, ce mariage hermaphrodite, tout

comme l'alliance la plus indissoluble et bénie de tous.

Cette étrange union n'a porté naturellement, pour nous tous, que les plus mauvais fruits de tout mariage mixte et mal assorti, chez les peuples qui veulent rester absolument catholiques.

Il a voulu faire passer le peuple Canadien-français pour un peuple de Eranc- Maçona ou de libre-penseurs, fortement ligués pour détruire toute autorité.

Trop longtemps, nous avons subi les mauvais effets et les funestes. sermons de ce trop pieux charmeur politique et champion religieux, le frère desservant du grand prêtre de l'Eglise et du temple de l'orangisme.

Il a fallu la voix d'un grand pape, pour nous venger de ses calomnies scandaleuses, et nous sauver des braillards Pharisaiques et des illuminés. Il voulut nous faire excommunier !

Pourtant, notre peuple Canadien, ç&t

toujours resté catholique et soumis à ses autorités ; il le sera toujours, malgré ses détracteurs et ses ennemis.

L'histoire de nos luttes passées est toujours là pour le prouver • celle de l'avenir dira aussi notre attachement sincère au Grand Pontife de Rome, encore plus qu'à tous les grands ou petits souverains séculiers.

Est-ce que nos magnifiques églises, nos si nombreuses et si riches communautés, le traitement, vraiment princier, de nos curés, et leurs somptueux presbytères, qui étonnent tous les étrangers, ne témoignent pas, assez fortement, de notre dévouement sans borne et de notre respect universel pour notre clergé ?

Notre système d'éducation, exclusivement livré à l'enseignement clérical, n'a donc pu contenter, ni rendre encore assez hommage de notre bonne volonté et de notre extrême soumission.

ifyllait-il de plus être accusés, dénoncés

et dénigrée par un chef canadien-français et, de beaucoup trop écouté de ses servi- .

teurs aveuglés.

Avant le règne de ce faux prophète, si .

religieux, personne, dans nos grandes luttes du passé, n'avait pensé accuser les siens, de vouloir renverser les autels.

Les tories français, de 1837, ne subirent, jamais, de notre part, une accusation aussi injuste. Tous, au point de vue religieux, nous ne faisions qu'un parti catholique, mais, plus uni qu'aujourd'hui.

La trahison politique, n'était pas tout-àfait inconnue, mais, l'apostasie religieuse, n'avait pu trouver, encore, uû chef Canadien, pour l'inventer, impunément, parmi nous.

Répudions, sans cesse, dans nos foyers, à l'avance de l'histoire, ces calomniateurs éhontés, de notre nationalité qui ont voulu ternir, jusque chez les étrangers, notre amour éternel, pour la catholicité, ou notre loyauté. '

Si nous avons tant souffert, de ces calomnies qui ont semé un trop mauvais germe de division religieuse et nationale, jusque dans les rangs de nos classes dirigeantes, le peuple, dans ses chaumières et ses boutiques est resté fidèle à ses traditions.

Il faudra bien adtaettre les faits, depuis longtemps enregistrés officiellement, et dire toute la vérité, dans l'histoire contemporaine, comme dans celle du pasfeé.

Toujours, les canadiens-français, unis, sont restés loyaux, et soumis, à l'Angleterre, tout comme autrefois, à la France, et à toutes noS autorités, justement établies.

Il fallait un chef tory, canadien-français, ambitieux, et menteur, pour inventer, contre nous, d'aussi noires calomnies.

Notre fidélité, et notre honneur, ont fourni leur preuve, d'une façon trop admirable et trop bien établie.

Mais, honte, à jamais, à nos ingrats accusateurs, les tories. Ils ont voulu nous

enlever notre langue, notre nationalité, et notre religion. Ils nous ont refusé nos plus justes droits, promis, la liberté commune à tous les sujets britanniques.

Ils ont voulu, nous bannir de tous les emplois, et, nous chasser du pays, tout comme les martyrs acadiens, et les métis français.

De plus, les émigrés irlandais, si opprimés, depuis des siècles, par l'Angleterre, s'empressaient, ici, de lui prêter main-forte, pour mieux nous écraser, nous, qui devions, sans doute, compter sur eux, dans leur amour, pour une liberté commune, à nous tous, chrétiens, et catholiques, opprimés.

t Au contraire, leurs pères, en arrivant, luttaient, follement, contre nous. Ils prirent, volontairement les armes, pour nous fusiller, et pour nous empêcher de parler, aux coins de nos rues. • Pour nous en venger, bien noblement,

nos mères, canadiennes, ont bercé, sur leurs genoux, leurs orphelins, et les abandonnés des tories. Ils les ont adoptés, et élevés, tout comme leurs propres enfants.

Il fallut donc recommencer, tout seuls, et contre eux, nos luttes du passé, afin de conquérir la moindre liberté.

Unis aux orangistes, et à tous nos ennemis, tout comme les pendards d'aujourd'hui, ces émigrés, bien reçus, ici, pendaient de Lorimier, tout comme Riel, son digne frère, martyrs, * tous deux, de leur patriotisme.

* Le 24 mars, 1886, la pendaison de Riel a été approuvée depuis, dans la Chambre des Communes, à Ottawa, par un vote de 52 contre 140, en faveur de la politique du gouvernement tory.

Vingt-trois députés libéraux, anglais, protestants, ont voté, y compris Al. Biake, contre cette mort inique. Au contraire, vinut-kt-un traîtres, et députés, canadiens-français, ont approuvé l'exécution de Riel, malgré leurs engagements solennels et publics, et la volonté de leurs élec-' leurs, lion le!

Tous les députés irlandais, catholiques, ont voté, unani' mement, co .tre nous, avec les orangistes, et pour le gouvernement tory. Quel triste rapprochement !

Les chiffre;? des comptes publics, et les futures nomiua-

La France a donné St. Patrice à l'Irlande pour la christianiser et, en retour, T Irlande lui a fourni St. Colomban pour la civiliser.

Sublime confraternité, pourquoi n'existions officielles, vont donner, tôt ou tard, les prix payés, pour tant de vénalité, et expliquer cette vol te face des vingtdeux, ces derniers nourriciers français, de l'école tory, et amis des journalistes convertis. Au contraire, la Lé" gislaturede Québec, a voté, unanimement, le 16 avril 1886 en faveur du Home Kule de Gladstone, et de Parnell. Quelle noble vengeance, encore, de la part des canadiensfrançais, en retour de la désertion contre Riel?

Voici les noms de ces premiers pendards : Benoit, Billy Bossé, Bourbeau, Blondeau, Caron, Chapleau, Cîmon Cnthbert, Desaulniers, Dugas, Fortin, Gagnon, Grandbois Hurteau, Langevin, Montplaisir, Pinsonneau, Taschereau, Vanasse et Valin, y compris le fameux Royal, de Manitoba.

Parmi les journaux français, qui ont renié leurs premiers, et propres écrits, on compte : La Minerve, Le Ca nadien, Le Monde, Les Courriers d'Ottawa, de Québec, et de St-Hyacinthe, L'Evénement, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Nord, Le Journal de Québec, La Nation. Quelle prostitution !

Le peuple, irrité, n'attend plus que les élections générales, pour se laver les mains de cette ignominieuse politique, et de toutes ces lâchetés.

Voici les noms des seconds pendards, dans la législature

terais-tu pas, en Canada, pour la défense d'une même liberté, parmi tous les descendants d'une même origine celtique et christianisées par ses apôtres conjoints.

Pourquoi n'aurions nous pas aussi notre brigade Irlandaise commune.

Etrange aberration du cœur humain, presque toujours nous sommes 'maltraités ou délaissés par eux, au profit de la tyrannie tory.

Telle a été la reconnaissance de TAn-

de Québec, le 9 mai 1886 : Taillon, Lynch, Blanchet, Flynn, Desjardins, Gauthier, Picard, Leblanc, Brousseau, Bergeron, Deschêne:?, Duhamel, Asselin, Martel, Nantel, Faucher, Marcotte, Trudel, Caron, Robillard, Dorais, Leduc, Spencer, Owens, Charlebois, Fregeau, St-Hilaire, Cameron, Desaulniers, Oasavant, Marion, Paradis, Poulin, Richard, Thornton, Sawyer, Poupore, Duckett, Audet, Carbray et McConville — 41.

Que l'histoire enregistre les noms des braves députés, patriotes, suivants : Mercier, Marchand, Shehyn, Gagnon, McShane, Kobidoux, Turcotte, Bernatchez, Boyer, Leînieux, Rinfret, Girouard, Laliberté, Beaubien, Garneau Beauchamp, Demers et Lapointe — 18.

Encore, ici, tous les députés catholiques, irlandais, nous ont délaisses, pour les tyrans tories, canadiens. Quelle ingrate et incompréhensible conduite !

gleterre et celle de tous les siens, envers ses bons sujets, les canadiens-français.

Personne ne saurait nier cette ingratitude, aussi cruelle que bien calculée, pour nous subjuger.

Quelques uns de ses plus grands hommes ont senti le besoin de désavouer cette si ingrate tyrannie, jusqu'en plein parlement impérial, pour s'excuser, personnellement, devant l'Univers.

» En 1776 et en 1813, n'avons nous pas refusé, assez noblemeût, tous les avantages d'une liberté qui a fait, depuis, la richesse et la prospérité de cette grande république voisine, qui étonne le monde entier et fait trembler la perfide Albion jusque dans ses foyers.

Toujours fidèles à notre clergé, tout comme à notre foi jurée, n'avons-nous pas fait assez de sacrifices pour témoigner suffisamment de notre loyauté, que l'Angleterre a trop souvent foulée sous ses pieds.

Ayant tant de fois manqué à la sienne, envers nous, ne méritions-nous pas un peu plus de liberté ?

En retour de notre extrême générosité qu'avons-nous donc tant gagné ?

Unis par le cœur et le sang à la France, flotre mère, (et cela jusqu'à l'épuisement) n'avons nous pas assez fidèlement défendu notre seconde patrie et soutenu notre allégeance envers elle ?

Plusieurs fois, par notre bravoure, nous avons conservé notrer colonie à l'Angleterre, malgré sa mesquine et long le ingratitude envers nous.

Nous la sauvions toujours des révolutions soulevées par ses propres enfants.

Les Bostonais ou les Féniens, trop juste-, ment indignés contre sa politique, mille fois moins injuste envers eux que contre nous, nous tendaient la main.

Ce sont nos soldats, canadiens-français, qui lui ont valu, en Canada, les plus belles victoires contre ses ennemi, \ç& kœifetv-

cains. Les opprimés ont sauvé les oppresseurs.

Il est bien évident, que sans le concours et les secours des canadiens-français, qui veulent bien loyalement les donner encore, le Canada ne saurait exister, longtemps, comme une proie coloniale, aussi profitable aux marchands de Londres et à tous les comptoirs anglais.

Nos ennemis, cependant, ne cessent de recommencer leurs accusations et de nous

honorer de leur mépris contre nous et demandent encore la mort de notre nationalité, et notre bannissement, à grands cris.

Nous les embarrassons trop, nous disent de perfides Anglais ; nous ne comprenons pas assez bien leurs douceurs patriotiques ; il faut nous chasser comme des imbéciles turbulents. Qui, cependant, a voulu, se joindre aux Américains, si ce ne sont les ligueurs Tories, brûleurs de parlements.

Allons, messsieurs les criards, dites nous donc, en ce jour, si vous êtes teûôwyl qrfs&t

pris, à Londres, par les vôtres, où Ton siffle à la santé de la Reine ; en Irlande, dans les Indes, en Egypte, en Afrique où l'on se révolte et, partout ailleurs ; et si vos sujets anglais, sont plus soumis que les français, si turbulents, du Canada ?

Pourquoi avez-vous perdu l'amour de vos cousins, nos voisins, qui donnent un refuge à tous vos mécontents ?

Allons donc, cessez vos grognements, et rendez-nous au moins quelque justice, aujourd'hui, en retour de nos services, de notre magnanimité.

Tout cela, mes enfants, c'est bien vrai, c'est ^e l'histoire ; et, ma foi, les choses paraissent vouloir se conduire, encore, beaucoup plus tristement, malgré nous.

Les tories anglais du jour, encouragés, cette fois, par nos plus lâches tories canadiens, élèves de Cartier, chantent, avec un plaisir arrogant, leuta ^lvs& çj:ax\&es

victoires du présent, et comptent, plus sûrement, sur celles de l'avenir, pour arriver, enfin, à notre asservissement complet.

Ils espèrent, avec assez d'assurance, sur la trahison de nos chefs, sur leur amour pour les galons et la folie de leur ambition j

Mais le peuple, oui le peuple canadien^ aussi conservateur que loyal, ne veut pas abdiquer ainsi ses droits légitimes, que lui a reconnus l'Angleterre en signant notre actç de la cession du pays, que nous avons habité, les premiers, et que nous ne quitterons que les derniers.

Nous inonderions, plutôt, notre sol du sang de nos martyrs, plutôt que de le livrer aux trop injustes convoitises des étrangers ou des tyrans.

Le corps de Riel, cette proie succulente, ils l'ont fait balancer à tous les vents, au-dessus de la liberté renversée sur la terre, à Régina, par la main des bourreaux. Rien ne saurait nous effrayer injustement.

Quelques amis de l'humanité ont bien scu descendre ce noble corps, suspendu dans les airs, pour effrayer les moineaux, et le sauver ainsi des becs et des cris de tous les oiseaux de proie, grands et petits, qui voulaient le dévorer tout vivant et tout chaud. '

Ils purent le dérober, religieusement, en jetant sur le cadavre refroidi du martyr, un peu de terre bénie avant que son squelette ne fût brisé par ses ennemis qui voulaient le laisser dessécher entièrement au soleil et à la vue des passants.

Tout un peuple, à genoux sur sa tombe demande au nom de la charité, grâce au moins pour tous les siens, puisqu'il est trop tard pour lui. Est-ce assez de loyauté ?

Et l'on entend toujours, contre nous, les croassements de ces oiseaux carnivores.

On veut étouffer nos cris et Chapleau, Lange vin, Caron sont toujours contents.

Voilà bien les fruits mûris de notre ramollissement national, ceux de l'école

Tory et de l'enseignement de nos premiers moniteurs, sous notre premier maître John A, toujours si chéri des trop faciles élevés de Cartier.

Quelle plus triste dégénérescence nationale pouvait donc nous enseigner, plus fatalement, notre école libérale en politique et se montrer moins canadienne.

Elle ne pouvait être plus oraijgiste ni plus franc maçonnique, assurément, que l'école tory d'aujourd'hui.

Ne fût-elle pas encore restée plus fidèle à la grande religion catholique, celle de la charité universelle capable d'aimer tous ceux qui meurent pour la sainte cause de tous les opprimés.

Le Christ a pardonné à ses bourreaux, mais il n'a pu sauver le mauvais larron.

Notre peuple, dans sa clémence extrême, ne saurait, encore moins, pardonner à nos trois larrons, non repentants, et si contents de leurs péchés. Il faut qu'ils descendent aux enfers.

La trop frêle barque à Caron, Avec son nocher si sensible, (La chose est trop impossible Avec son pliant aviron) Ne saurait traverser les Trois ; Il faut qu'il meurent, cette fois !

Les Canadiens, seront-ils encore trop bons et se laisseront-ils attraper et égorger, comme de gras moutons ?

Attendons les élections ! J'ai honte, trop souvent, pour nous, de notre funeste inaction et j'en pleure, quelques fois, quand je vois que l'on nous vend et, que par-dessus le marché, l'on nous insulte, publiquement, en riant de nous.

Allons donc, Messieurs, nos ennemis, les anglais, français, tous, cessez vos insolentes bravades et, vos ironies sanglantes, rendez nous justice égale et ménagez vos pendaisons.

Profitez moins, contre nous, des trahisons des nôtres.

Le sang de nouveaux martyrs, ne fera

qu'élargir, en l'arrosant, le profond sillon, que vous voulez creuser, pour nous enterrer.

Comme toujours, cela fera naître, malgré tout, et pousser pour nous abriter enfin, le grand arbre de la Liberté, que nous aimons à cultiver.

Pourquoi, vouloir, recommencer, si cruellement, votre mission d'étouffement, votre métier de fossoyeur et d'accrocheur, en même temps.

Le temps de la tyrannie et des monopoles s'en va, et les peuples du Nord marchent, aussi, malgré les potentats aux petits pieds, vers l'émancipation chrétienne, des justes droits de l'homme et de la volonté commune, qui est aussi celle de Dieu ; Vox pojiuU, Vox Del.

La cause première, de ce qui se passe, de nos jours, est due à ce que nous avons trop oublié l'histoire des luttes passées et, les conseils de nos pères.

Plus tard, nous connaîtrons mieux notre erreur et la vérité sur notre politique tory et contemporaine, et celle de notre chef Cartier, que l'historien national devra juger d'après ses actes.

En relatant fidèlement ses faits, il devra dire comme bien d'autres et comme moi.

Cartier, ce grand cocher politique et très habile, ne voulut avoir, autour de lui, comme ses engagés, que des conducteurs bien nourris, jamais rétifs, et toujours bien domptés et bridés.

Il eut beaucoup d'amis, et de pratiques dévouées, mais beaucoup trop, par intérêt personnel, et quelques-uns, par amitié.

Ce chef, ambitienx, n'eut, cependant, que peu de tendresse au cœur.

Il mesurait la sienne sur la servilité d' autrui. Il savait récompenser, très largement, les services des courtisans, pour profiter mieux de ses meilleurs instruments.

Il ne voulait prendre conseil de personne, et ne souffrait, encore moins, d'être contredit, par ses plus sincères amis.

Il ne .cédait qu'à la flatterie ou à son besoin pressant, presque surnaturel, de rester au premier poste^ quand même, et de commander rudement tout son régiment.

Il n'aimait pas les français, mais, en retour, il adorait toujours, et adorait beaucoup les anglais.

Ceux-ci, le flattaient, en s' amusant bien de ses vantardises et de sa loyauté si complaisante, et si favorable à leur politique toujours absorbante et perfide.

Il s'occupait fort peu de l'opinion publique, se vengeait cruellement de ses plus faibles adversaires, et ménageait les plus

forts.

Bon et gai compagnon, en société, il se faisait aimer des plus jeunes et peu défiante députés, ou de tous ceux qui font de la politique, un métier, pour rester toujours accrochés à tous les gouvernements.

Il fit des alliances passagères, bien étranges, avec des gens qu'il méprisait souverainement.

Cauchon, MçGee, Brown, Hincks, Sicotte, etc, et jusqu'à Lanctot, son ennemi juré, eurent son amitié de commande.

Aussitôt la tempête passée, bien vitement, il les jetait à l'eau, craignant toujours quelque mutinerie contre lui.

Il voulait tenir, seul, le gouvernail, faire la cuisine, hisser les voiles et souffler le vent. En Parlement, il aimait à se faire suivre par les députés très bien soumis, votant, en chantant, deux à deux, comme ses écoliers, ses moutons bleus.

Malheur à celui qui sortait, un instant, des rangs. Il était sévèrement puni et chassé.

Il fallait rester, toujours, et voter aveuglément, avec lui et pour lui.

Les aveugles, les sourds-muets, mais non

les borgnes, comme moi, qui voit trop bien d'un œil, étaient ses meilleurs amis.

Aussi,décernait-il, largement, ses récompenses aux plus obéissants.

Il voulait régner seul, et sans bruit, et passer par dessus tous les électeurs récalcitrants.

Telle a été l'école représentative et parlementaire de Cartier.

* Nous subissons, aujourd'hui, la loi de ses leçons, de sa doctrine, et de son militarisme parlementaire.

Nous récoltons, ce qu'il a semé, dans le champ canadien-français tory.

Ainsi, l'on fait dès ministres, tout d'un coup, des savants députés, malgré tout, ou des généraux, tout bottés, avec des écoliers, ou des enfants gâtés.

On les mousse-haut, et puis, leurs maîtres, grands faiseurs de chemina de fer, et d'argent, leur crient, en passant, Bravo !

Montez ! Embarquez ! Moquez vous bien

du public, et de tous ceux qui vous crient r Gare à vous ! ou Haro ! sur le beaudet ! I Désertez votre parti, trahissez vos amis, laissez là, la patrie et l'honneur ! Par avance, et de par nous, vous êtes nommés juges, in petto ! !

Vivent les transfuges et les déserteurs !

Au diable les électeurs !

Voici vos papiers ! mettez les dans vos poches ! Votre vie est maintenant très bien assurée ! Vite, vite, montez !

Petit Jean ! ou l'intimé, devenez, de suite, Gros Jean, en politique !

Sauvez-nous du déluge, de l'inondation et des chiens enragés. Evitons les accidents naturels des plaideurs ou des témoins.

Devenez, de plus, des juges, dandins de cabale, de commissions, de comités, ou d'élections, ou régistrateurs ! mais, jugez, toujours, pour nous tous, en bien dormant ; vous vivrez bien et mourrez gras, cela nous suffira.

Serpents d'airain, devenez des veaux d'or, et soyez les fétiches du Pacifique, du éhemin du Nord, ou de Sénécal et compagnie ; mais, aujourd'hui, soyons, avant tout, des pendards ou de leurs amis, et voyageons, tous ensemble, dans les prairies de Manitoba.

C'est là, la patrie nouvelle pour les rois de la spéculation. Au diable, la nation et tous les Riels !

Vite, vite, et montez avec nous ! Aussi, que d'avocats, sans cause, et déroutés, qui ne. sont pas toujours nés coifiés ; font la course à tous les petits chapeaux cornus, y compris, les bosses.

Nos députés, ainsi coiffés,, et bien affublés, font donc des commissions de toutes sortes, et rapportent, soigneusement, les choses, le plus souvent, en jouant, et sans jamais rien gâter.

Ils déposent le dossier, ou le gibier aux pieds de leurs maîtres, qni rient de contentement et qui les fLattenY» ^rcx. ^&ax>&

Tel est la chasse et la morale en action, de l'école des tories et du gouvernement

responsable responsable à la façon

du jour.

Telle est la politique représentative, et le train de vie de nos cochers, dans le Parlement.

Les conseillers législatifs, savants vieillards, bien accommodants, font et défont les gouverneurs, les ministres, et les gouvernements, se moquant bien des électeurs et de leur opinion.

Notre Parlement, n'est plus qu'un phalanstère, un temple de mormons, un asyle, un lieu d,e repos et d'amusement.

Chacun a son boudoir, ou son dortoir, avec son horloge, pour le réveiller de l'ouvrage, en sonnant l'heure du départ.

Les présidents, les ministres, et les sergeant s d'armes, huissier de la verge-noire, concierge, les gardiens, les messagers, ont leurs salons montés, leurs chambres à coucher, leurs cuisines, leurs ménagères, et leurs enfants, sans compter les " janitors."

Et nous, pauvres cochers de place, nous restons à la porte, .pour promener les messagers et mener les députés au rond à patiner.

Le pays marche sur des roulettes, et Ton donne congé à tous les électeurs, qui devraient bien le donner aussi à tous les pauvres employés publics, pas assez nombreux et si fatigués d'ouvrage, ou augmenter, du moiûs, leurs gages, pour combler tous les déficits.

Les tories sont si puissants ! Ils ont la majorité parlementaire, pourquoi changer de gouvernement et tant ménager l'argent.

Nous n'aurons plus que des pensionnaires de l'Etat. Rien de mieux, vraiment !

Les ministres dansent sur les tapis du parlement, et chantent des chansons pour réveiller les vieux conseillers législatifs. Le peuple, seul, n'a plus droit de rire, ni de pleurer à leurs drames parlementaires.

Pauvre peuple ! on lui fait la chasse-galerie, partout, et on le met dehors, comme un survenant !

C'est la vie, toujours charmante, du bon régime tory.

Autrefois, Brodeur, régistrateur, officierrapporteur, et député élu, en même temps, demanda vingt-quatre heures, pour pouvoir décliner son nom devant la Chambre scandalisée. C'est ainsi, que Cartier, son premier aviseur, scût toujours se moquer de l'honneur, et de l'indépendance parlementaire. Rien de surprenant, donc, que ses meilleurs écoliers, rient, aujourd'hui des lois, cumulent les situations, se moquent des électeurs, en doublant, triplant leurs salaires, leurs mandats, et en accrochant, de plus, des pensions viagères ou des bonus, en passant, et de petits contrats.

C'est là, l'édification la plus sublime du gouvernement responsable, à bon marché et tory, par excellence.

C'est le droit absolu de la majorité parlementaire et bien stéréotypée.

Le népotisme est de plus reconnu le premier droit des gens, et les cousines et les

cousins ne sont pas plus oubliés que les oncles et les parrains.

Toute la lignée entière d'un ministre, a droit d'hérédité primaire à tous les plats de lentilles, et d'emporter toute la curée,

Cartier, cependant/n'ayant pas eu d'héritiers directs, pensa plus à ses amis, à son parti que les siens, d'aujourd'hui.

Sa politique, moins de famille, fut moins scandaleuse sur ce point, plus patriotique, et sentant moins la marmite du ménage.

Pour sauver le pays, Robitaille et Langevin n'ont pas oublié un seul de leurs frères, un seul de leurs cousins. Caron nous a donné, en héritage, les talents, " anciennes monnaies " de son parrain, de son oncle, sans s'occuper, des promesses de Garneau.

Cartier eut bien, aussi son jeu de cartes " (double shuffle)," et ses dés pipés, mais, nous avons nos gobelets, notre triple çpu-

versement, sous le même bonnet, sous la ] même peau de camaléon.

Chapleau, Mousseau, Ross, cette trinité sainte, nous a été donnée comme un mystère de passe-passe incompréhensible, qu'il faut admettre et croire, absolument, puisque c'est Lange vin, Sir Hector, qui l'a révélé, d'après le catéchisme tory. L'immutabilité, l'infaillibilité, est le premier dogme des conservateurs indépendants.

J'y suis, j'y reste, et tout est dit. La majorité parlementaire restera immuable, aussi, tant qu'elle pourra faire payer aux électeurs la même musique,à faux bourdon.

Que pouvons-nous y faire, en attendant ?

devant un tel corps exécutant. Il faut bien attendre, patiemment, le jour des élections générales, pour briser tous les violons, mais, surtout, casser, sans rémission, tous les vils instruments à cordes, qui ne sont pas à l'unisson avec notre diapason naturel, et qui ne servent qu'à faire danser Caron, sur la tombe de ce pauvre Riel.

Chassons lès donc, tambour battant.' Rester, toujours, au pouvoir, et gouverner

malgré tous les électeurs, telle a été l'école, tels sont les écoliers du règne tory.

Les plus dévots des juges se mettent en retraite, à la bonne heure, -pour expier les fautes d'omission ou de commission des leurs, et ne vivent plus que de pensions viagères, de quelques rentes passagères ou de legs nouveaux, donnés par les gouvernements. Ils obtiennent, ainsi, indulgence plénière, de partout, et les mieux disposés des partisans -prient pour eux, et obtiennent, ainsi, le pardon de tous leurs péchés. Aussi, les ministres, les grands ou les petits députés, les transfuges, aussi, deviennent-ils, par leurs ferventes prières, plus vitement des juges de tous les rangs ; commissaire de police, président de coinmission, magistrat stipendiaire, protonotaire, shérif, codiflcateur, régistrateur, reviseur, collecteur, grand priseur, contracteur, et cabaleur, en même ternes . \&fô\x

n'est donc trop sacré, pour un bon sapeur, en Parlement. Les plus commodes des docteurs, véritables passe-partout, sont choisis, de préférence, pour juger les criminels, et ouvrir les portes aux pensionnaires

des pénitenciers.

Les notaires, instrumentants, commissaires, inspecteurs des hôpitaux, sont nés ou ressuscites, pour soigner les malades ou compter les fous.

Les sacristains et les bedeaux, de leur

côté, font le catéchisme à leur curé, et à

leur évêque, et ne croient plus à leur credo.

Tout le monde veut être chevalier, officier, et cœtera, mais pensionnaire de l'Etat.

Personne ne veut rester simple soldat ou cocher indépendant, ne chargeant que le tarif. Autrefois, chacun aimait son état, sa profession, restait à sa place, à son métier, ou au parlement, avec dénouement.

On était content de travailler pour le bien du plus grand nombre et, comme des bons soldats de garde, défendre son pays, sans jamais déserter son poste, se vendre à T ennemi ou se faire espion.

Aujourd'hui ce n'est plus çà. On ne pense qu'à sa calote, que l'on tourne souvent à l'envers, ou que l'on remplace, en prenant celle de son voisin.

Le Pays, c'est le parti ; le parti, c'est le chef, et le chef, c'est la Patrie. Les électeurs i et l'opinion publique restent là.

Le premier ministre, presque toujours, nommé à vie et qui ne meurt pas de politique, se rit des électeurs qu'il n'a pas, ne parle pas, écoute et promet toujours, en secouant la tête et ne fait rien pour tout çà.

Il ne désire que rester tranquille, prier Dieu qu'il lui apporte, toujours, du beau temps, de la santé, et des compliments, de temps en temps, pour le rajeunir ou le

réveiller, que Ton boive à sa santé, et puis

toucher ses émoluments.

Que voulez-vous de mieux ? La majorité parlementaire le veut, ainsi.

Pourquoi déranger les électeurs ?

On les laisse crier !

Les achetés n'ont rien à dire, quand on les a bien payés.

Que les autres attendent les élections ! S'ils veulent se vendre, on les achètera aussi, avec leur argent.

En attendant, vivons, pour sauver le pays, malgré lui ! '

Notre premier ministre n'a pas d'électeurs ; il est toujours choisi pour çà.

C'est le plus durable des gouvernements responsables à la façon, tory.

Lafontaine et Baldwin, n'ont jamais bien compris çà.

Voilà pourquoi les choses, en B^s-

Canada, vont si tranquillement.

Il serait trop cruel, vraiment, de déran-

ger, d'aussi bonnes gens, et de les troubler dans leur sommeil.

Il ne faudra pas trop les attrister, non plus, en leur apprenant la mort de ce pauvre Riel que leur maître Johnny, a fait pendre, par Langevin, Chapleau Caron.

Va-t-on les laisser dormir, ainsi, bien longtemps ?

Il faudra bien, pourtant, les réveiller, un peu, le jour des élections, et leur montrer le Soleil du réveil, puisque nos cris universels, d'aujourd'hui, ne peuvent les empêcher de bailler aux corneilles.

Pauvre-gouvernement !

Les petits oiseaux du peuple qui pleurent tant, aujourd'hui, chanteront, à leur tour, pour vous réveiller de vos beaux rêves, attendons !

Montre-Œil.

Cocher de nuit.

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