‹ Les deux consciencesChapitre 3 sur 7 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

FERREOL

A la veille du Second Empire, quelques capitales d'anciennes provinces gardaient encore, délicieusement visibles, les traces de l'autonomie passée, et ce caractère spécial du terroir (jue la division départementale n'a pas voulu respecter. Parmi les souveraines déchues, on remarquait Besançon, l'ancienne « cité libre et impériale », indépendante pendant des siècles jusqu'à l'établissement du protecto?'at Espagnol — si l'on veut bien excuser l'anachronisme du mot.

Aujourd'hui, nous trouvons qu'il était glorieux pour une ville de remettre ses clefs à un vainqueur quand il se nommait Louis XIV. Mais

les intrépides patriotes d'alors n'en jugeaient pas ainsi et, sans regarder la personne du conquérant, ne voyaient que l'amertume de la conquête. Lente à oublier, pas plus prompte à accepter la suprématie des individus ou des institutions, la forte race Comtoise, obligée d'obéir, ne fut pas unanime à se soumettre au fond du cœur. Longtemps après 1071, il arrivait qu'un vieillard « en fin de mort » exigeât d'être enterré ce à bouchon », c'est-à-dire le dos en l'air, <( pour ne pas voir le soleil du roi. »

Il n'est pas nécessaire de compter quatrevingts ans d'âge pour avoir assisté à d'étranges conversations, où les arrière-petits-flls des protégés reprochaient encore à leurs protecteurs Espagnols de les avoir si mal défendus. Après quoi des comparaisons dépourvues d'euphémisme s'établissaient entre telle famille,- tôt ralliée, qui avait obtenu du nouveau maître emplois, faveurs, dignités, et telle autre — l'auteur en connaît — qui s'était tenue à l'écart dans une réserve un |)eu farouche.

A ces souvenirs de « la conquête », deux fois séculaires, ceux de l'invasion de 1813, moins effacés naturellement, venaient i>our

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