‹ Les deux DianeChapitre 16 sur 27 · ITS · texte numérisé non relu

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Il ne daigna pas ajouter un mot do roprorhe à madame Diane, bien qu'il en eût eu le temps avant que le mouctioir qu'on lui mit entre les dents fût aiiaclié. Peut-êire aussi craignit-il de compromettre davantajre son brave écuyer. Mais Perrot, malheureusement, n'imita passa prudence, et s'adressant à madame Diane avec indignation :

— Bien! madame, dit-il, vous ne vous arrêtez pas au moins à moitié chemin dans la félonie I Saint-Pierre avait renié trois fois son Dieu; mais Judas ne l'avait trahi qu'um^ fois. Vous, depuis une heure, vous avez trahi trois fois votre amant. Il est vrai que Judas n'était qu'un hummo et TOUS êtes une femme et une duchesse I

— Emparez-vous de cet homme, s'écria madame Diane furieuse.

— Emparez-vous de cet homme, répéta après elle le comte de Montansier.

— Ah 1 je ne suis pa'' pris encore, s'écria Perrot.

Et, dans une passe si dt^sespérée, i fit un coup de désespoir, s'élança et bondit jusqu'à monsieur de Montgommery. et du tranchant de son poignard commença à couper ses liens, en lui criant:

— Aidez-vous, monseigneur, et vendons-leur cher notre vie.

Mais il eut seulement le temps de lui délivrer le bras gauche; car il nn pouvait que se défendre imparfaitement, tout en essayant de couper 1» b cordes du comte. Dix épées écartèrent la sienne. Entouré et frappé de toutes parts, un coup violent qu il reçut enire les épaules le jeta aux pieds de son maître, et il tomba ^aas cunuaissance et comme

LES DEUX DIANE. |1ï

<JUE LES TACHES DE SANG >'E s'eFFACENT JAMAIS COMPLETEMENT.

Co qui se pas^a dopuis, Perrot l'ignorait.

Quand il rovirità lui, la promière impression qu'il ressentit fui une impression de froid. Il rappela ses idées alors, rouvrit les yeux et regarda autour de lui: c'était toujours la nuit profonde. Il se trouvait étendu sur la terre mouillée, et un cadavre gisait à son côté. A la lueur de la petite lampe toujours allumée dans la niche de la statue de la Vierge, il reconnut qu'il était dans le cimetière des Innocens. Le c;id;ivre jeté près de lui était celui du garde tué par monsieur de Monlgommery. On avait cru mon pauvre mari mort, sans doute...

Il essaya de se lever ; mais alors l'atroce douleur de ses blessures se réveilla. Pourtant, en rassemblant toutes ses forces avec un courage surhumain, il parvint à se dresser debout et à fairt^ quelques pas. En ce moment, la lueur d'un lallot étoila l'ombre profonde, et Perrot vit venir deux hommes de mauvaise mine, portant bêches et pioches avec eux.

— On nous a dit au bas de la statue de la Vierge, dit l'un des deux hommes.

— Voici nos gaillards, reprit le second, en apercevant le soldat. Mais non, il n'y en a qu'un.

— Eh bien ! cherchons l'autre.

Zesdeux fos-oyeurs éclairèrent avec leur lanterne le sol avoisinant. M;iis Perrot avait eu la force de se traîner derrière une tombe assez éloignée de l'endroit où ils cherchaient.

— Le diable aura emporté notre homme, dit r?^n des fossoyeurs qui paraissait jovial.

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— Oh I reprit l'autre en frissonnant, ne dis donc pas ie pareilles clioses, toi, à pareille heure et en pareil Uey'.

Et il se signa avec toutes les marques de l'effroi.

— Allons! il n'y en a décidément qu'un, dit le premier fossoyeur. Que faire en somme? Bahl enterrons toujours celui qui reste ; nous dirons que son ami s'était échappé; ou peut-être, avait-on mal compté.

Ils se mirent à creuser une fosse, et Perrot, qui s'éloignait pas à pas en chancelant, entendit encore avec joie le fossoyeur gai dire à son camarade :

— J'y songe, si nous avouons n'avoir trouvé qu'un corps et creusé qu'une fosse, l'homme ne nous donnera peutêtre que cinq pisloles au lieu de dix. Est-ce que le mieux, pour notre intérêt, ne serait pas de taire celle fuite bizarre du second cadavre?

— Oui, faitau ! répondit le fossoyeur pieux. Nous nous contenterons de dire que nous avons achevé la besogne, et nous n'aurons pas menti.

Cependant Perrot, non sans de mortelles défaillances avait atteint la rue Aubry-le-Boucher. Là, il vit passer une charrette de maraîcher qui revenait du marché, et demanda à l'homme qui la conduisait où il allait.

— A Montreuil, répondit l'homme.

— Alors, seriez-vous assez charitable pour me laisser asseoir sur le bord de votre charrette jusqu'au coin de la rue GeofTroy-L'Asnier, dans la rue Saint-Antoine où je demeure 1

— Montez, dit le maraîcher.

Perrot fit ainsi, sans trop de fatigue, le chemin qui le séparait du logis, et pourtant, dix fois pendant la route, il crut qu'il allait passer de vie à trépas. Enfin, à la rue Geoffroy-L'Asnier, la voiture s'arrêta.

— Holà ! vous voilà chez vous, l'ami, dit le maraîcher.

— Merci 1 mon brave homme, dit Perrot.

11 descendit tout trébuchant, et fut obligé de s'appuyer contre la première muraille qu'il rencontra.

— Le compagnon a bu un coup de trop, reprit le paysan. Hé I dia I la grise 1

î^ «'éloigna en chantant la chanson, alors toute nouvelle, de maîlre François Rabelais, le joyeux curé de Meudon :

O Dieu, père Paterne Oui muas l'eau en vin, Fais de mon cul lanterne Pour luire à mon voisin...

Perrot mît une heure pour venir de la rue Saint-Antoine à la rue des Jardins. Heureusement les nuits de janvier sont longues I II ne rencontra encore personne et arriva vers les six heures.

Malgré le froid, monseigneur, l'inquiétude m'avait tenue toute la nuit debout à la fenêtre ouverte. Au premier appel de Perrot, je courus donc à la porte et lui ouvris.

— Silence I sur ta vie ! me dit-il tout d'abord. Aide-moi à monter jusqu'à noire chambre ; mais surtout pas un cri, pas un mot.

Il marcha, soutenu par moi, qui le voyant blessé n'osais pourtant pas parler, suivant sa défense, mais pleurais à petit bruit. Quand nous fûmes arrivés et que j'eus défait ses habits et ses armes, le sang du malheureux couvrait mes mains, et ses plaies m'apparurent larges et béantes. Il prévint mon cri d'un geste impérieux, et prit sur le lit la position qui le faisait le moins soufïiir.

— Du moins laisse que je fasse venir un chirurgien, lui djs-je en sanglotant.

— Inutile! me dit-il. Tu sais que je m'y connais un peu en chirurgie. Une de mes blessures pour le moms, celle au-dessous du cou, est mortelle ; et je ne vivrais déjà plus, je crois, si quelque chose de plus fort que la douleur ne m'avait soutenu, et si Dieu qui punit les assassins et les traîtres n'avait prolongé ma lin de quelques heures pouï servir à ses desseins futurs. Bientôt la fièvre me va prendre, et tout sera dit. Nul médecin au monde ne peut rien à cela.

Il parlait avec des efforts pénibles. Je l© suppliai de se reposôT un peu.

— C'est juste, me dit-il, et je dois ménager mes dernières forces. Donne-moi seulement de quoi éciire.

Je lui apportai ce qu'il demandait. Mais il ne s'était pas aperçu qu'un coup d'épée lui avait déchiré la main droite. Il n'écrivait d'ailleurs que difficilement; il dut jeter là plume et papier.

— Allons! je parlerai, dit-il, et Dieu me laissera vivre jusqu'à ce que j'aie achevé. Car enfin, s'il frappe, ce Dieu juste ! les trois ennemis de mon maître dans leur puissance ou dans leur vie, qui sont les biens périssables des méchans, il faut que monsieur de Monlgommery puisse être sauvé, lui, par son fils.

— Alors, monseigneur, reprit Aloyse, Perrot me raconta toute la lugubre histoire que je viens de vous dérouler. Il Y fit cependant de longues et Iréquentes interruptions, et, quand il se sentait trop épuisé pour continuer, il m'ordonnait de le quitter et de descendre me montrer aux gens de la maison. Je parus, et sans peine, hélasl très inquiète du comte et de mon mari. Je les envoyais tous prendre des informations au Louvre, puis chez touslesamis de monsieur le comte de Monlgommery successivement, puis, chez ses simples connaissances. Madame de Poitiers répondit qu'elle ne l'avait pas vu et monsieur de Montmorency qu'il ne savait de quoi on venait l'ennuyer.

Ainsi, tout soupçon fut écarté de moi, ce que voulait Perrot, et ses meurtriers purent croire leur secret enseveli dans le cachot du maître et dans la fosse de fécuyer.

Quand j'avais pour quelque temps écarté les serviteurs, et que je vous avais confié à l'un deux, monseigneur Gabriel, je remontais auprès de mon pauvre Perrot qui reprenait courageusement son récit.

Vers le milieu du jour, les horribles souffrances qu'il avait endurées jusque là parurent s'apaiser un peu. Il parlait plus aisément et avec une sorte d'animation. Mais comme je me réjouissais de ce mieux :

— Ce mieux, me dit-il en souriant tristement, c'est k fièvre que je t'avais annoncée. Mais, Dieu mercil j'ai achevé de te dérouler l'uilreuse trame. Maintenant tu sais c«> que Dieu et les trois assassins savaient seuls, et ton âme. fidèle,

ferme et vaillante saura garder, j'en suis sûr, ce secret U.'> mort et de sang jusqu'au jour où, je l'espère, il te sera permis de le révéler à qui de droit. Tu as entendu le serment qu'a exigé de moi monsieur de Montgommery, tu vas me répéter ce serment, Aloyse.

Tant qu'il y aura danger pour Gabriel à savoir son père vivant, tant que les trois ennemis tout puissans qui ont tué mon maître seront laissés en ce monde par le courroux de Dieu, tu te tairas, Aloyse. Jure-le à ton mari qui va mourir.

— Je jurai en pleurant, et c'est ce serment sacré que je viens de trahir, monseigneur ; car vos trois ennemis, plus puissans et plus redoutables que jamais, vivent encore. Mais vous alliez mourir, et si vous voulez user de ma révélation avec prudence et sagesse, ce qui devait vous perdre peut sauver votre père et vous. Pourtant, répétez-moi, monseigneur, que je n'ai pas commis un crime irrémissisible, et qu'à cause de l'intention, Dieu et mon cher Perrot pourront me pardonner mon parjure.

— Il n'y a pas de parjure en tout ceci, sainte femme, reprit Gabriel, et toute ta conduite n'est que dévouement et héroïsme. Mais achève ! achève 1

— Perrot, continua Aloyse, ajouta encore :

—Quand je n'y serai plus, chère femme, tu feras prudemment de fermer cette maison, de congédier les serviteurs et de t'en aller à Monigommery avec Gabriel et notre enfant. Et même, à Montgommery, n'habite pas le château, retire-toi dans notre petite maison, et élève l'héritier des nobles comtes, sinon tout à fait secrètement, du moins sans faste et sans bruit, de façon à ce que ses amis le connaissent et à ce que ses ennemis l'oublient. Toutes nos bonnes gens de là-bas, et l'intendant et le chapelain, t'aideront dans le grand devoir que le seigneur t'impose. 11 vaudra peut-ôlre mieux que Gabriel lui-môme, jusqu'à dixhuit ans, ignore le nom qu'il porte, et sache seulement qu'il est gentilhomme. Tu verras. Notre digne chapelain et le seigneur de Vimoutiers, tuteur-né de l'enfant, te donneront leurs conseils. Mais à ces amis sûrs eux-mêmes cache le

récit que je viens de te faire. Borne-toi à dire que tu crains pour Gabriel les ennemis puissans de son père.

Perrot ajouta encore toutes sortes d'avertissemens qu'il me répétait en mille façons jusqu'à ce que les souffrances le reprirent, mêlées d'abattemens non moins douloureux. Et cependant, il profitait encore du moindre moment de calme pour m'encourager et me consoler.

Il me dit aussi et me fit promettre une chose qui n'exigea pas de moi le moins d'énergie, je l'avoue, et ne me causa pas le moins d'angoisses.

— Pour monsieur de Montmorency, me dit-il, je suis enseveli au cimetière des Innocens. Il faut donc que je sois disparu avec le comte. Si une trace de mon retour ici se retrouvait, tu serais perdue, Aloyse, et Gabriel avec toi, peut-être I Mais tu as le bras robuste et le cœur vaillant. Quand tu m'auras fermé les yeux, rassemble toutes les forces de ton âme et de ton corps, attends le milieu de la nuit, et, dès que tout le monde ici, après les fatigues de cette journée, sera endormi, descends mon corps dans l'ancien caveau funéraire des seigneurs de Brissac auxquels cet hôtel a autrefois appartenu. Personne ne pénètre plus dans cette tombe abandonnée et tu en trouveras la clef rouillée dans le grand bahut de la chambre du comte. J'aurai ainsi une sépulture consacrée, et, bien qu'un simple écuyer soit indigne de reposer parmi tant de grands seigneurs, après la mort, n'est-ce pas ? il n'y a que des chrétiens.

Comme une défaillance allait prendre mon pauvre Perrot, et qu'il insistait pour avoir ma parole, je lui promis tout ce qu'il voulut. Vers le soir, le délire s'empara de lui ; puis, d'épouvantables douleurs se succédèrent. Je me frappais la poitrine de désespoir de ne pouvoir le soulager, mais il me faisait signe que tout serait inutile.

Enfin, brûlé par la fièvre et dévoré d'atroces souffrances, il me dit :

— Aloyse, donne-moi à boire ; une goutte d'eau seulement.

— Je lui avais déjà offert, dans mon ignorance, d'étancher cette soif ardente dont il disait souffrir, mais il m'a-

?ait toujours refusé. Je m'empressai donc d'aller chercher un verre que je lui tendis.

Avant de le prendre :

— Aloyse, me dit-il, un dernier baiser et un dernier adieu 1... et souviens-toi! souviens-toi 1

Je couvris son visage de baisers, et de larmes. Il me demanda ensuite le crucifix et posa ses lèvres mourantes sur les clous de la croix de Jésus, en disant seulement : 0 mon Dieu I ô mon Dieu 1 Puis, me serrant la main d'une faible et dernière étreinte, il prit le verre que je lui offrais. H n'en but qu'une gorgée, fit un soubresaut violent, et retomba sur l'oreiller.

Il était mort.

Je passai le reste de la soirée dans les prières et dans les larmes. Cependant j'allai, comme d'habitude, présider à votre coucher, monseigneur. Personne, bien entendu, ne s'étonna de ma douleur. La consternation était dans la maison, et tous les fidèles serviteurs pleuraient le comte et leur bon camarade Perrot.

Pourtant, vers deux heures de la nuit, nul bruit ne se fit plus entendre, et moi seule veillais. Je lavai le sang dont le corps de mon mari était couvert, je l'enveloppai d'un drap, et, me recommandant à Dieu, je me mis à descendre ce cher fardeau, plus lourd encore à mon cœur qu'à mon bras. Quand mes forces défaillaient, je m'agenouillais auprès du cadavre et je priais.

Enfin, au bout d'une demi-heure étemelle, j'arrivai à la porte du caveau. Quand je l'ouvris, non sans peine, un vent glacé éteignit la lampe que je portais et faillit me suffoquer. Néanmoins, je revins à moi, je rallumai ma lampe, et je déposai le corps de mon mari dans une tombe restée ouverte et vide, et qui semblait attendre; puis, après avoir baisé nne dernière fois son linceul, je fis retomber le lourd couvercle de marbre, qui séparait de moi à jamais le cher compagnon de ma vie. Le bruit de la pierre sur la pierre me causa une telle épouvante, que, me donnant à peine le temps de refermer la porte du caveau, je pris la fuite et ne m'arrêtai que dans ma chambre où je tombai à demi morte sur une chaise. Cependant, avant le jour, il me fallut en-

core brûler les draps et les linges sanglans qui auraient pu me trahir. Mais, quand le matin parut, ma dure besogne élait achevée, et il ne restait pas une seule trace des événemens de la veille et de la nuit. J'avais tout Pdit disparaître avec le soin d'une criminelle qui ne veut pas laisser de voix et de souvenir à son crime.

Seulement tant d'efîorts m'avaient épuisée, et je tombai malade. Mais mon devoir était de vivre pour les deux orphelins que la Providence avait confiés à ma seule protection, et je vécus, monseigneur.

— Pauvre femme I pauvre martyre 1 dit Gabriel en serrant la main d'Aloyse dans les siennes.

— Un mois après, poursuivit la nourrice, je vous emportais à Montgommery, suivant les dernières instructions de mon mari.

Du reste, ce que monsieur de Montmorency avait prévu était arrivé. 11 ne fut bruit à la cour pendant une semaine que de l'inexpUcable disparition du comte de Montgommery et de son écuyer; puis, on en parla moins; puis, la prochaine arrivée de l'empereur Charles-Quint, qui devait traverser la France pour aller punir les Gantois, fut l'unique sujet de toutes les conversations.

C'est au mois de mai de la même année, cinq mois après la mort de votre père, monseigneur, que Diane de Castro naquit.

— Oui! reprit Gabriel pensif; et madame de Poitiers était-elle à mon père ? a-t-elle aimé le dauphin après lui, en même temps que lui?... questions sombres, que les bruits médisans d'une cour oisive ne sufûsent pas à résoudre... Mais mon père vit I mon père doit vivre ! et je le retrouverai, Aloyse. Il y a maintenant en moi deux hommes, un fils et un amant qui sauront les retrouver.

— Dieu le veuille 1 dit Aloyse.

— Et tu n'as rien appris depuis, nourrice, dit Gabriel, sur la prison où ces misérables avaient pu enfouir mon père?

— Rien, monseigneur, et le seul indice que nous ayons îà-dessus est cette parole de monsieur de Montmorency

recueillie par Perrol que le gouverneur du Châtelet était un ami dévoué à lui et dont il pouvait répondre.

— Le Châtelet! s'écria Gabriel, le Châtelet!

Et le rapide éclair d'un soavenir horrible lui montra tout à coup le morne et désolé vieillard qui ne devait jamais prononcer une parole, et qu'il avait vu, avec un remuement de cœur si étrange, dans l'un des plus profonds cachots de la prison royale.

Gabriel se jeta dans les bras d'Aloyse en fondant en larmes.

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