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CHAPITRE XVI

flamboyants, couvert d'une robe de mousseline qui lui traînait sur les talons.

L'autre était une jeune fille, aussi belle que Sacountala ou Vasatensena ; un voile transparent cachait à demi son riebe costume, dont on voyait sous la gaze pétiller les broderies et les paillettes. En marchant, ses colliers, les anneaux de ses bras et de ses jambes rendaient un son métallique.

Quant au troisième , c'était un beau jeune homme, au teint plus clair que celui de la jeune fdle, et dont les yeux offraient la particularité d'avoir des prunelles d'un bleu sombre.

11 portait le costume des guerriers mabrattes, mais beaucoup plus riche et plus orné ; une cotte de mailles d'acier défendait sa poitrine et descendait jusqu'au bord de sa tunique jaune ; de larges pantalons rouges arrêtés aux chevilles par une coulisse, un turban de mousseline enroulé sur une calotte de fer, complétaient son habillement.

Quelques cercles d'or jouaient à son poignet. Un sabre courbe, au fourreau de velours, tout constellé d'or et de pierreries, pendait à son côté. Sur son bras gauche s'ajustait un bouclier de cuir d'hippopotame, bosselé de boules de métal. Sa main droite s'appuyait sur un long fusil incrusté de nacre de burgau et d'argent.

244 LES DEl'X ÉTOILES.

Le vieux bramine était, comme vous l'avez sans doute deviné, le Dakcha dont nous avons fait connaissance à Londres.

La jeune tille ressemblait à s'y méprendre à Priyamvada, et quant au guerrier habillé en Mahratte, ses traits et ses yeux bleus le désignent, malgré son déguisement, pour le comte de Volmerange : en Europe, membre de plusieurs clubs; dans l'Inde, descendant des rois de la dynastie lunaire.

Dakcha s'avança vers les trois plus maigres et plus desséchés bramines, et, prenant par la main Volmerange, il le mena sous la lampe dont la lueur lui faisait une espèce de nimbe, et le présenta aux personnages qui paraissaient les plus influents de l'assemblée.

— Il a l'air d'un Pradjati, murmura l'assistance enchantée de la bonne mine de Volmerange, d'une des dix premières créatures sorties des mains de Brahma.

Volmerange était en effet très-beau avec ce costume singulier et pittoresque.

— Sarngarava, Saradouata, et vous. Canoua, dit le vieux brame, je vous amène celui dont je vous ai parlé, le descendant des Douchmanta et des Barahta ; lui seul, — les dieux, touchés de ma longue pénitence, me l'ont révélé, — lui seul peut faire renaître l'antique splendeur de notre pays;

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