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CHAPITRE XVI

il chassera les Anglais, ces grossiers barbares qui profanent l'eau du Gange, parlent aux parias, empêchent les veuves de se brider comme la décence l'exige, font de leur ventre le tombeau de la vie, et, monstruosité qui cric vengeance, impiété abominable , osent se repaître de la chair sacrée du bœuf et de la vache.

A ce dernier trait, un frisson d'horreur circula dans l'assemblée. Les brames levèrent les yeux au plafond, et un chœur sourd d'imprécations grommela clans les noires profondeurs de la pagode. Les dieux de granit, mal éclairés parle reflet vacillant de la lampe, parurent froncer le sourcil et s'agiter sur leur base.

— Tout est-il prêt pour le soulèvement? continua Dakcba ; a-t-on réuni les armes , les chevaux et les éléphants?

— Les salles souterraines de la pagode, dont nul ne connaît l'existence hors de notre collège sacré, sont pleines de fusils, de lances et de flèches. Des chefs mahrattes, qui ne sont pas si bien domptés que les barbares d'Europe le croient, nous ont fourni des chevaux , et cinquante éléphants de guerre, parqués au milieu d'une forêt impénétrable pour qui n'en sait pas les détours, n'attendent que le signal, garnis de, leurs tours et de leurs cornacs, répondit Sarngarava ; la province se soulèvera comme un seul homme.

246 lf;s del'x étoiles.

— 0 vénérable Tfimourti, Wishnou, Brahma, Shiva, sois remerciée, toi qui m'as permis de vivre jusqu'à ee jour, tout vieux et tout cassé que je suis ! dit Dakcha, dont les mains sèches tremblaient de plaisir. Oui, nous réussirons, j'en ai la certitude ; nous serons aidés dans noire entreprise par les puissances célcslcs. Brahma me montre l'avenir : le dieu de la guerre dans son dernier avatar a pris la forme humaine, et il va venir à notre secours du côté de l'occident, monté sur un aigle divin beaucoup plus grand et plus fort que l'oiseau Garuda qui tient la foudre dans ses serres et de son bec d'acier achève les bataillons qu'a renversés le vent de ses ailes. Ce dieu tirera sept flèches sur les Anglais qui fuiront épouvantés, et nous deviendrons maîtres des sept douipas dont se compose le monde, comme on le voit au saint livre des Pouranas.

Cette péroraison bizarre, dite avec un accent de conviction profonde, produisit beaucoup d'effet sur l'assemblée. Privamvada, surtout, était enchantée, et croyait déjà voir arriver l'oiseau merveilleux portant le héros assis entre ses ailes.

— Barahta , nous te replacerons sur le trône de tes ancêtres, dit Saradouata ; jure de combattre avec nous jusqu'au dernier soupir, et, si tu réussis, d empêcher partout le meurtre des animaux sacrés !

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