CHAPITRE XVI
— Oui, je le jure, répondit en indoustani Volmerange.
— C'est bien, dit le brame Sarngarava. Peuple, écoutez! Celui-ci est Barabta, qui descend de Doucbmanla, le roi très-glorieux et très-célèbre, le dominateur et le dompteur, qui vivait familièrement avec Aditi et Casyapa ; dévouez-vous à lui, suivez-le, et obéissez-lui jusqu'à la mort. Si vous succombez dans les entreprises qu'il vous ordonnera, vous retournerez doucement dans le Pantcbatouam. Les éléments reprendront sans vous faire souffrir les parcelles qui vous composent, et, après s'être épurée dans des corps charmants, votre âme, jugée digne du Moucti, s'absorbera dans la Divinité. Maintenant, dispersez-vous, et trouvez-vous aujourd'hui à l'endroit marqué.
La foule s'écoula comme par enchantement. Les brames rentrèrent dans les murailles par des passages secrets, et il ne resta plus dans la salle que Dakcha , Priyamvada et Volmerange.
— Voulez-vous passer le reste de la nuit ici? dit le vieux brame à Volmerange, ou préférezvous vous remettre en route pour le camp de la montagne?
— Partons, répondit Volmerange. Cette vieille cave, avec tous ces monstres qui font la grimace, n'a rien de confortable. Donne-moi la main ,
Priyamvada,car le diable m'emporte si je suis capable de faire un pas sans trébucher dans tous ces noirs détours.
Après avoir circulé quelque temps à tâtons dans un labyrinthe de passages et de couloirs que Priyamvada et le vieux brame paraissaient connaître de longue main, ils arrivèrent à l'ouverture, et ce ne l'ut pas sans une secrète salisfaction que Volmcrange se retrouva en plein air. La pièce qui venait de se jouer, sérieuse pour les autres, ridicule pour lui, l'avait ennuyé : il avait peine à se regarder consciencieusement comme un prince de la dynastie lunaire, et sans Priyamvada, sa belle amie au teint doré, il aurait très-volontiers renoncé à son trône.
L'éléphant qui avait apporté nos trois personnages attendait patiemment, gardé par son cornac, attirant avec sa trompe quelques feuillages qu'il envoyait dans sa bouche avec nonchalance, plutôt pour s'occuper (pie pour se nourrir.
En entendant les pas du maître, avec cette intelligence des animaux de sa race, il ploya ses jambes fortes comme des colonnes et s'agenouilla complaisamment.
Priyamvada et Dakcha grimpèrent sur les épaules de la bète colossale avec l'aisance de gens à qui une semblable monture est familière. Volmerange s'en tira moins habilement, et il fallut