‹ Les deux étrilesChapitre 128 sur 142 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

de poste pour Calais, et quelques heures après ils attendaient sur la jetée le départ du paquebot.

Le cheval accroché au passade par Voluierange était de noble race et léger connue le vent; en quelques minutes, il emporta son cavalier hors du centre delà bataille, ou plutôt de la boucherie, car ce n'était plus qu'un massacre confus d'éléphants, <lc chevaux et d'hommes. La déroute était complète.

Pendant quelque temps, Volmerange entendit hurler les éléphants dans le lointain , et vit sur le terrain rougi par les reflets du bois incendié galoper devanl lui l'ombre de son cheval comme un monstre fantasmagorique qu'il aurait poursuivi; le cheval lui-même s'irritait de celte ombre difforme, s'élançait avec fureur et penchait la tète pour la saisir aux dents.

l'eu à peu les fuyards qui, dans les premiers élans de la course de Volmerange, galopaient à ses côtés, étaient restés en arrière : le cri des

éléphants ne se faisait plus entendre, et la nuit

avait rcpiis sa couleur bleuâtre. Volmerange courait toujours à Coud de train le long du Godaveri. Son cheval, avec un instinct merveilleux, évitait les fondrières, sautait par-dessus les troncs d'arbres renversés, devinait les terrains peu solides, et cela sans ralentir aucunement sa rapidité.

Après avoir mis cinq ou six lieues entre le champ de bataille et lui, Volmerange diminua le train de sa monture, et, guidé par une lumière qui brillait au bord du fleuve, il arriva à la cabane d'un pècbeur occupé à raccommoder ses filets, et qui se prosterna devant lui après l'avoir aidé à descendre de cheval.

Un banc recouvert de saptaparna s'adossait à la hutte 5 le comte s'y assit, et, s'adressant au pêcheur en idiome indoustani, il lui demanda s'il ne pourrait lui donner d'autres vêtements et lui procurer une barque pour descendre le fleuve.

— Je le puis, répondit le pêcheur, qui avait reconnu sa qualité à ses insignes ; mais Votre Seigneurie ne voudra peut - être pas revêtir l'humble habit d'un pauvre Indien de la dernière caste, d'un misérable soudra qui n'est pas digne de balayer avec son front la poussière de votre chemin.

— Plus l'habit sera misérable, plus il me

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