‹ Les deux étrilesChapitre 73 sur 142 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

vice de la junte suprême : je le jure par le Dieu qui créa les mondes, par le démon qui les veut détruire, par le ciel et l'enfer, par l'honneur de mon père et la vertu de ma mère, par mon sang de gentilhomme, par mon âme de chrétien, par ma parole d'homme libre, par la mémoire des héros et des saints, par l'Evangile et par l'épée,et, au cas où notre religion ne serait qu'une erreur, par le feu et par l'eau, sources de la vie, par les forces secrètes de la nature, par les étoiles, mystérieuses régulatrices des destinées, par Chronos et par Jupiter, par l'Achéron, et par leStyx, qui autrefois liait les dieux.

« Signé de mon sang.

<t VoLMERANGE. »

Après cette lecture, le comte, fou de douleur et de rage, se mit à parcourir le parc en tous sens, à la recherche de l'être mystérieux qui avait, pendant son assoupissement, jeté sur ses genoux les lettres d'Edith et la formule du pacte qui le liait à un pouvoir inconnu.

En vain il battit les allées, les contre-allées ,

les recoins desbosquets; il ne put rien découvrir. II est vrai que la nuit était sombre et que de vagues reflets de lanternes éloignées le guidaient seuls dans sa poursuite.

Las de celle course insensée, il sortit du pan;, et se dirigea, sans trop savoir où il allait, du coté de Primerose Ilill.

Les maisons séclaircissaienl, les champs commençaient à se mêler à la ville, et bientôt il se trouva dans la campagne, gravissant les premières pentes de la colline.

Toutes ces marches et contre-marches avaient pris du temps, et l'aurore tardive de novembre jetait de vagues lueurs dans le ciel, que jonchaient de grands nuages évenlrés, gigantesques cadavres restés sur le champ de bataille de la tempête. Rien ne ressemblait moins à l'Aurore aux doigts de rose d'Homère que ce sinistre lever du soleil britannique.

Il se laissa tomber au pied d'un arbre qui frissonnait à l'aigre brise du matin, déjà veuf de plus de la moitié de ses feuilles, et reprit clans sa poche les lettres à moitié lacérées d'Edith qu'il y avait plongées par un mouvement machinal : tout en ne lui laissant aucun doute sur son malheur, elles étaient d'un style contraint, et la passion ne s'y exprimait qu'avec des formes embarrassées; on eût dit que la jeune femme avait

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