‹ Les deux étrilesChapitre 86 sur 142 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

qui vous a offense ne soit pas encore anéanti par votre vengeance.

— Je ne le connais pas; j'ai eu la preuve du crime cl j'ignore le criminel. Un art infernal a ourdi cette trame. Aucun indice, aucune trace ne peut me guider.

— Ecoutez-moi, dit Priyamvada pensive; vous autres Européens, qui vous fiez à vos sciences factices inventées d'hier, vous ne vivez plus dans le commerce de la nature, vous avez brisé les liens qui rattachent l'homme aux puissances occultes de la création. L'Inde est le pays des traditions et des mystères, et l'on y sait encore plus d'un vieux secret, autrefois communiqué par les dieux, qui confondrait d'étonnement vos sages incrédules. Priyamvada n'est qu'une simple jeune fdle que les orgueilleuses ladys traiteraient comme une sauvage bonne à égayer une soirée; mais j'ai entendu plus d'une fois les brames, assis sur une peau de gazelle entre les quatre réchauds mystiques, parler de ce qui se pouvait et de ce qui ne se pouvait pas. Eh bien ! je vais vous faire découvrir le coupable, fùt-il caché à l'autre bout de la terre.

Priyamvada se leva et alla prendre dans un coin de la salle une petite lable de laque de Chine qu'elle apporta devant Volmcrange qui suivait tous ses mouvements avec une curiosité inquiète.

Une fleur de lotus rose, fraîchement épanouie, trempait sa queue dans un" coupe de cristal pleine d'eau. Priyamvada prit la fleur et vida la coupe sur la terre d'un vase du Japon ; puis elle la posa sur la lable après l'avoir remplie d'une eau nouvelle puisée dans une buire curieusement ciselée et fermée avec soin.

— Ceci, dit la jeune Indienne, est l'eau mystérieuse qui est descendue du ciel sur la montagne Chimavontam et coule du mufle de la vache sacrée conduite dans ses détours par le pieux Bagireta ; c'est l'eau sainte du fleuve qu'on appelait autrefois Chliaros et que maintenant on nomme le Gange. Je l'ai recueillie en me penchant de l'escalier de marbre de la pagode de Bénarès et avec les formalités voulues ; elle a donc toutes ses vertus divines, et le succès de noire expérience est infaillible.

Le comte écoutait Priyamvada de toute son at-

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