‹ Les deux fléaux du mondeChapitre 2 sur 8 · LA RUSSIE VENDUE · texte numérisé non relu

LA RUSSIE VENDUE

révolutionnaire, dans le but de faire naître un soulèvement en Russie en cas de guerre. Ces groupements révolutionnaires « made in Germany », de même que les bolcheviks, ont rendu pendant la guerre les plus grands services aux Allemands en Pologne, en Ukraine, en Livonie, en Esthonie, en Finlande, etc., et ils continuent à le faire.

Il nous suffit d'écouter les gémissements de l'Ukraine, qui est près de périr, ceux de la Finlande et de la Pologne, pour comprendre à quel point le succès couronna les efforts de l'élatmajor allemand dans son œuvre de désagrégation de la Russie au moyen du développement de la révolution communiste et bolcheviste.

Les Allemands ont remporté de grandes victoires sur les armées russes et alliées ; toutefois ces victoires furent le fait, non des instituteurs allemands ou des soldats allemands, mais bien l'œuvre des agents allemands ; ces victoires, elles ne furent gagnées ni par le généralissime Hindenbourg, ni par Krupp, créateur des canons fantômes et géants, mais par l'Allemand Azef.

Certes, l'univers avait déjà connu, au cours des siècles, des guerres cruelles et criminelles, mais jamais encore il ne fut dévasté par une telle guerre de trahison, et, quelle que soit sa fin, les Allemands auront sûrement à supporter les conséquences de leur organisation du bol-

chevisme et de la trahison. Ils devront rendre compte de leurs actes criminels, car les Alliés ont été sciemment vendus par les bolcheviks. Ils ont été vendus par les bolcheviks et aussi par les socialistes russes, ou autres, qui marchèrent la main dans la main avec les bolcheviks, soit par ignorance, soit par aveuglement ou manque de réflexion, ou encore guidés par des buts criminels. Ceux-là aussi sont coupables, puisqu'ils ont participé à l'œuvre des Caïns bolchevistes. Oui, oui, oui !...

La Russie est vendue et trahie, mais elle ne périra jamais, elle ne doit pas périr, car son existence est d'une importance primordiale. Nos alliés non plus ne sauraient périr. Quelles que soient maintenant les fluctuations de la bataille, la victoire finale n'appartiendra qu'à ceux qui luttent pour la défense du Droit et de la Justice, c'est-à-dire aux Alliés.

Et plus les circonstances se feraient tragiques dans l'avenir sur le théâtre de la guerre, plus les divers partis des pays belligérants alliés devront s'unir. Que le rôle sinistre joué par les bolcheviks en Russie serve d'exemple à ceux d'entre eux qui seraient tentés de s'abandonner aux querelles de partis. Il faut que, pendant la guerre, toutes les questions politiques et sociales restent subordonnées à celle dont le but est d'arracher la victoire finale aux Allemands.

La Russie peut être sauvée. Elle peut retrouver la force nécessaire à sa résurrection dans une coalition de tous les partis démocratiques et capitalistes étroitement unis dans un travail commun pour sauver la Patrie, tâche à laquelle devraient collaborer tous les vrais leaders politiques et tous les sincères patriotes. Ceux-là pourraient compter sur le puissant appui de nos fidèles alliés.

Ce qui peut sauver la Russie

Tout le poids do la guerre pèse maintenant sur le front d'Occident. C'est là que se décidera le sort des peuples de l'Europe pour bien des années à venir ; c'est là aussi que se réglera l'avenir de la démocratie. Voilà pourquoi le monde entier y attache son regard.

La cause des Alliés fut trahie par le bolchevisme russe et par tous les socialistes qui se sont solidarisés avec nos bolcheviks, les Zimmerwaldiens en particulier. Malgré cette trahison, les Alliés ont la certitude de remporter la victoire. Avec une indomptable énergie, ils ont victoire. Ils ont résolu de poursuivre la lutte avec une indomptable énergie jusqu'à ce que soit accomplie leur mission, dût la guerre se prolonger longtemps encore.

Mais la Russie, la Russie qui toujours demeura fidèle, à ses alliés, a quitté les rangs des Etats combattants. La Russie, enchaînée par les bolcheviks, est prisonnière d'ennemis dont elle cherche à se délivrer. Seul, l'avenir pourra nous dire si elle parviendra à se libérer du joug de l'Allemagne avant la fin de la guerre. En tout cas la Russie, le peuple comme ses classes supé-

CE QUI PEUT SAUVER LA RUSSIE

rieures, fut toujours et restera toujours dévouée à la France, à l'Angleterre, aux Etats-Unis, à l'Italie, à toutes les nations alliées pour la défense du droit. Cette Russie-là demeure fidèle au pacte qui fut scellé en 191/,, au moment où l'Allemagne jugeait l'instant propice au déchaînement d'une guerre qu'elle avait systématiquement préparée et dont le déclanchement lui était si singulièrement facilité par l'attitude du parti socialiste allemand qui appuyait le gouvernement.

Au début de la guerre, il existait en Russie, en dehors du grand courant politique qui nous décida à marcher aux côtés des Alliés, deux courants déprimants que les Allemands s'ingénièrent sans cesse à fortifier. Un de ces courants était fort : il prenait sa source à la Cour, dans le monde des financiers et de la magistrature, mais il ne tarda guère à diminuer d'intensité, ou, tout au moins, n'exposa plus ouvertement ses desseins. Le second était surtout alimenté par les adeptes du parti social-démocrate, qui avait toujours lié son sort à .celui de la Sozialdémokratie allemande. Pour ceux-là, une débâcle allemande devait signifier leur propre défaite, et le triomphe des armes allemandes leur propre triomphe. Aussi, souhaitèrent-ils toujours sincèrement la défaite de la Russie et de ses Alliés, c'est-à-dire la victoire de l'Allemagne. Ceux-là

furent les complices des Allemands

v.nt vaincre le patriotisme russe, comptaient

Ilirrexcellent résultat par

des traîtres et de leurs instrument C e,t m»

qu'ils purent se rendre maîtres de 1 Ukraine, de

la Finlande, de la Pologne, etc..

Il est donc grand temps que nous auties, fusses patriotes et loyaux, nous sondons a faire face au danger qui menace l'existenee même de notre pays en la personne de l'A lemagne. Aujourd'hui, notre alliance avec les Allies est devenue plus nécessaire que jamais et elle est plus pressante pour nous que pour eux.

Tout d'abord, n'oublions pas que tout protit que les Allemands tireraient de la Russie est une arme nouvelle contre les Alliés. Notre devoir est donc d'entraver les plans allemands dans la mesure des moyens dont nous disposons. Il faut que nous empêchions l'Allemagne de se servir de la Russie comme d'une arme contre les Alliés, car un tel acte serait non seulement une lâcheté et une trahison de la part de la hussie, mais encore, sa propre participation au crime universel commis par l'impérialisme allemand. Pour la Russie, un tel acte serait pire qu'un suicide. Qu'une pareille calamité lui soit à jamais épargnée! 11 faut tout mettre en œuvre pour empêcher les Allemands tl'utiliser la Russie contre les Alliés, car la victoire

CE QUI PEUT SAUVER LA RUSSIE

de l'Allemagne signifierait pour toule la nation . russe la mort morale et l'esclavage physique. C'est pourquoi nous devons nous agripper énergiquement au bord de l'abîme où nous sommes, afin de ne pas y choir. Nous y parviendrons si nous plaçons tout ce qui nous reste de forces au service des Alliés et en unissant plus fortement ^ue jamais notre sort au leur.

Il y a mille ans, nos ancêtres disaient aux Varègues : « Notre pays est grand et fécond, mais nous manquons d'ordre ; venez nous gouverner. » Aujourd'hui, alors que le malheur s'est de nouveau abattu sur nous, notre devoir est de répéter aux Alliés : « Notre pays est grand et fécond, mais nous manquons d'ordre ; venez chez nous, venez-y, non en ennemis, mais en amis et alliés ; venez nous aider à nous libérer des traîtres et de leurs chefs qui nous tiennent à la gorge ; venez nous aider à remettre l'ordre et à instituer la liberté dans notre pays. »

Et puissent les Alliés nous entendre ! Qu'ils se hâtent de venir en Russie. Qu'ils y pénètrent par toutes les portes franchissables, soit par Vladivostok, soit par Arkangel, soit par la côte mourmane, partout où ils pourront passer ; qu'ils viennent pour s'unir à nous dans une action commune contre un ennemi commun. Qu'ils s'associent avec nous pour former une seule armée, dans laquelle nous placerons tout notre

amour et tout notre espoir, à laquelle nous fournirons tous les moyens d'agir dont nous disposerons en vue d'une campagne future.

Russes, ne songeons plus qu'à atteindre le but que visent les Alliés, tant sur le front occidental que dans l'intérieur de la Russie. C'est l'unique manière d'endiguer le flot envahisseur allemand et de redonner courage aux opprimés des pays envahis.

Et ce n'est pas à la légère que je vous parle ainsi. Croyez que j'ai longuement pesé mes paroles avant de les prononcer. Mais, me taire plus longtemps serait commettre un crime contre la Russie et je sais que tous les représentants patriotes des divers partis russes, tant socialistes que bourgeois, seront de mon avis. Ils savent comme moi que la Russie doit surtout ses malheurs aux bolcheviks, qui, eux, ne furent guère autre chose que les instruments de l'Allemagne. Réduits à leurs propres moyens, et en admettant même qu'ils eussent eu assez de force morale pour agir, la force matérielle leur aurait manqué pour achever leur œuvre de destruction.

Et c'est pourquoi nous aurons besoin de l'aide des Alliés pour nous relever. Nous nous adresserons à eux sans hésitation, car nous les connaissons, non seulement par leur histoire, mais surtout par la façon dont ils ont su faire

CE QUI PEUT SAUVER LA RUSSIE

face, au cours de cette abominable guerre, aux situations les plus tragiques et les plus difficiles. Qu'ils viennent à notre aide et nous ne doutons pas qu'ils sauront nous délivrer, sans la moindre intention d'occupation de notre territoire, guidés simplement par la pensée de nous rendre la vie. Et, quand nous aurons recouvré notre force, nous pourrons joindre nos efforts aux ■ leurs pour détruire à jamais le militarisme allemand.

Puis, la guerre terminée, nous devrons développer nos relations commerciales et industrielles en commun avec nos amis. Pour se guérir des plaies de la guerre, pour exploiter les immenses ressources de son sol, la Russie aura besoin des capitaux des Alliés, de leur esprit d'initiative, de leur génie. Pour donner à cette alliance future toute sa force productive, il est indispensable de fortifier dès maintenant notre entente actuelle en consolidant nos éléments de combat, car il est clair que les Alliés ne pourront venir en aide à la Russie que si le pouvoir se trouve entre les mains de patriotes sincères, soutenus par toutes les forces saines du pays. Nous ne pouvons songer à faire appel aux Alliés tant que les bolcheviks seront les chefs du gouvernement russe. Je suis convaincu qu'il sera impossible de sauver la Russie pendant que régneront les bolcheviks, qui n'auront jamais d'autre but que de pour-

suivre leur œuvre de destruction, d'appauvrir la Russie, de répandre le sang de son peuple, d'en faire l'esclave de l'Allemagne.

Puisse cette horreur nous être épargnée I Qu'une étroite union avec les Allies aboutisse à notre libération I

Les deux fléaux du monde : les bolcheviks et l'impérialisme allemand

C'est à cause des intrigues allemandes que notre grand pays russe se trouve aujourd'hui dévasté, humilié, avili. C'est à cause des Allemands que partout, en Russie, régnent la famine, la souffrance, la maladie et la mort.

C'est pourquoi je déclare que tous ceux qui, en ce moment, cherchent à susciter la guerre civile chez les Alliés ne peuvent être que des traîtres ou des fous ; car, pour nous tous, Russes, Français, Anglais, Américains, Italiens, etc., il ne saurait y avoir aujourd'hui d'autre but que celui de lutter contre l'Allemagne jusqu'à la victoire définitive. C'est à atteindre ce but qu'il faut tout subordonner. Plus sera rapide l'exécution de cette tâche, plus elle sera complète, plus vite se fera la régénération de la vie politique russe.

En Russie, en Irlande, partout dan* les pays alliés, les Allemands ont armé des kamaradestraîtres semblables à nos bolcheviks. Tous les courants révolutionnaires qui tentent de désorganiser la vie sociale des pays alliés viennent d'Allemagne et tout révolutionnaire qui, dans les pays alliés, cherche à créer des difficultés aux

gouvernements respectifs de ces pays, ne peut être qu'un agent de l'Allemagne.

Au cours de cette guerre, deux partis politiques, en apparence très distincts l'un de l'autre, ont cependant travaillé tout le temps dans le même but. Ils peuvent se différencier au point de vue de leurs objectifs, de la position sociale de leurs membres, de leurs drapeaux et devises : n'empêche que leurs agissements obtiennent les mêmes résultats et l'histoire saura les juger pareillement.

Ces deux forces sont les bolcheviks russes et les impérialistes allemands.

Mais on a tort de considérer généralement les bolcheviks comme une fraction purement russe. En réalité, la Russie ne saurait être tenue responsable de leur existence. Ces bolcheviks n'ont pas été « made in Russia », mais « made in Germany ». Ils ne représentent pas une plaie essentiellement russe, mais un fléau universel.

Quant aux impérialistes allemands (je ne parle pas ici d'un Schiller, d'un Goethe, ni de leurs semblables), ils forment un .courant politique purement allemand.

Lénine déclara un jour que sur cent bolcheviks on ne pourrait compter qu'un seul vrai bolchevik, secondé par soixante imbéciles et trente-neuf scélérats. Mais ces quelques « vrais bolcheviks » suffisent à organiser

LES BOLCHEVIKS ET L'iMPÉRIALISMfc ALLEMAND 25

la propagande révolutionnaire dans le monde entier, en instituant -partout des comités d'ouvriers et de soldats analogues à ceux qui ont si bien fonctionné en Russie en 1917 et 1918.

Pour ce qui est des impérialistes allemands, il en va tout autrement, car, sur cent membres, tous les cent n'ont d'autre but que de donner à l'Allemagne, ou plutôt à l'Europe centrale, l'hégémonie mondiale au point de vue politique et économique, hégémonie qui ferait de la Russie, de la France, de l'Angleterre, de l'Amérique, du Japon, de la Chine, des nations vassales. Jusqu'ici l'impérialisme allemand, pour commencer, n'a pu que dévaster la Belgique, la Serbie et la Russie.

Sachant qu'ils ne parviendraient jamais, par leurs seuls moyens, à s'emparer du pouvoir en Russie, les bolcheviks n'hésitèrent pas à s'appuyer sur l'impérialisme allemand qui ne demandait qu'à leur tendre la main. Cette alliance date d'avant la guerre. Elle devait acquérir une importance mondiale par le résultat de son action, qui fut le traité de Brest-Litovsk.

Or, si l'impérialisme allemand a eu recours au bolchevisme, c'est qu'il se savait incapable d'étendre ses tentacules sur le monde entier par les seuls moyens de sa politique extérieure et des armées germaniques. Les impérialistes allemands n'ignoraient point qu'ils ne pouvaient

garder l'espoir de réussir dans leurs desseins d'asservissement du globe qu'en employant la trahison, seule capable de semer la révolte chez les Alliés et d'amener la désagrégation de leurs armées.

Aucune inlrigue ne répugnait aux bolcheviks pas plus d'ailleurs qu'aux Allemands. Chaque camp contenait des gens sans scrupules. Les uns et les autres ressemblaient assez à ces joueurs qui engagent la partie avec le ferme dessein de tromper les autres partenaires. Chacun d'eux avait pleine confiance dans ses propres « trucs » et comptait duper l'autre. L'avenir nous apprendra des détails abominables sur le marchandage qui se poursuivait en Suisse entre Allemands et bolcheviks, sur les intrigues de Stockholm, sur les louches affaires qu'ils manigancèrent ces dernières années à Berlin, à Pétrograd, à Potsdam, à Smolny. Les archives allemandes et bolchevistes possèdent là-dessus des documents d'une importance extrême et il existe aussi des témoins oculaires qui feront plus tard; des révélations curieuses.

Les bolcheviks n'ignoraient pas plus que les Allemands ce qu'ils faisaient. Les uns comme les autres négociaient en parfaite connaissance de cause.

Les bolcheviks savaient que les impérialistes allemands sont les plus ardents ennemis du

LES BOLCHEVIKS ET L'iMPÉRIAI.ISMF. ALLEMAND 27

socialisme, que leur plus grand désir est dfe faire retomber les masses dans les ténèbres du moyen âge. Et les bolcheviks, du fin fond de leur cœur, dédaignaient les impérialistes allemands-; ils ne visaient qu'à les surpasser en ruse et en machiavélisme. Les Allemands, de leur coté, n'ignoraient pas que les bolcheviks sont les représentants les plus insensés du parti socialiste de l'extrême-gauche, qu'ils sont la honte du parti socialiste, des êtres absolument nuls, anormaux, sans aucune moralité, et que le triomphe de leurs théories ne pouvait que signifier l'anéantissement de la Russie. Et, du fond de leur âme, les impérialistes allemands méprisaient Joffe, Kaménev, Lénine, Trotzky ; s'ils les choisissaicnl comme collaborateurs dans leurs manœuvres contre les Alliés, c'est qu'ils avaient la certitude de pouvoir les berner aussi bien que ceux des socialistes qui, sur d'autres ânes, pénétrèrent dans le domaine de l'impérialisme allemand.

Et les bolcheviks, comme les Allemands, avaient, à leur disposition des collaborateurs inconscients qui, dans l'un et l'autre camp, rendaient de précieux services, très souvent avec le plus grand désintéressement, sans même songer qu'ils travaillaient au détriment de leur propre pays. C'est de cette manière que bolcheviks et Allemands purent de concert échafauder, chez les Alliés et les neutres, tout un système de pro-

pagande pacifiste et révolutionnaire. Les Zimmerwaldiens sont pour la majeure partie « made in Germany », de même que tous les mouvements insurrectionnels en Irlande, en Finlande, aux Indes, en Ukraine, en Pologne. Là encore, l'avenir nous réserve de stupéfiantes révélations.

Maintenant les traîtres bolchevistes peuvent cueillir leurs lauriers et s'enorgueillir de leur victoire ; nous les y aiderons en clamant leurs exploits dans la presse du monde entier. D'ailleurs, quelle que puisse être leur satisfaction, les bolcheviks ne sauraient ignorer qu'ils ont subi un fiasco complet. Lénine, Trolzky, Ioffe, Kamenev doivent certainement comprendre qu'ils ont été bernés par leurs partenaires de Berlin et leur joie ne peut être que superficielle. S'ils, sont capables d'avoir conscience de la responsabilité qui retombent sur eux, ils feront ce que fit jadis Judas Iscariote, ils se passeront une corde au cou.

Car le résultat de leur trahison est terrible. Loin d'avoir contribué à éclairer les masses, ils ont semé parmi elles le désordre et la confusion.

D'autre part, quels que soient les gains territoriaux des Allemands, le sort de ceux-ci est également loin d'être enviable. Ils se prétendent vainqueurs parce qu'ils sont en Ukraine, en Finlande, en Pologne, en Esthonie, mais, ni de l'Ukraine, ni de la Finlande, ni des

Page 1