LE JACOBINISME ET LE BONAPARTISME
Il n'y a qu'une chose à craindre. C'est que les Parisiens ne sacrifient le bon sens à V aptitude. Ils voient bien maintenant que la politique de certains hommes, dans le Gouvernement et hors du Gouvernement , conduirait d'une manière fatale la France à sa ruine.
Mais beaucoup seront tentés de protester avec éclat, sinon contre la partie sensée de la Défense nationale, du moins contre la destinée. M. Gambetta a causé l'échec de Paladines, la déroute de Chanzy, et le suicide de Bourbaki. N'importe, ils voteront pour M. Gambetta.
Ils oublient que, si les sénateurs de l'ancienne Rome se portaient au-devant de Terentius Vairon, le vaincu de Cannes, parce que ce consul n'avait pas désespéré de la patrie, ils se gardaient bien de lui rendre son commandement.
Ne l'oublions pas. La politique de M. Gambetta devait être funeste dans tous les tait un jacobin qui, avec
■nie et du succès, aurait facilement tourné au Bonaparte.
Le bonapartisme et le jacobinisme sont frères, et nullement frères ennemis. Ils savent se concerter et se diviser en temps opportun. Ils se font mutuellement des legs entre-vifs. Dans les circonstances difficiles, ils conspirent ensemble. Quand l'un d'eux est au pouvoir, l'autre prépare ses facilités. Ils se condamnent l'un l'autre à Lambessa et à Sainte-Hélène ; mais ils ne cessent de correspondre, et les révolutions sanglantes et stériles sont le résultat de leur réconciliation.
IU