‹ Les deux folies de Paris, juillet 1870- mars 1871Chapitre 30 sur 66 · LES DBUI FOLIES DE PARIS · texte numérisé non relu

LES DBUI FOLIES DE PARIS

j-mêmes, grâce à eux, singulièrement atténuées. Eu effet, si M. de Bismarck, tout-puissant, en apparence, renonce à nous infliger la honte d'une restauration bonapartiste, en présence des efforts héroïques — non prévus par lui — que nous venons de déployer, il saurait faire encore quelques concessions calculées à un peuple qui, jugé à tort incapable d'une conduite prévoyante, montrerait enfin qu'il a l'instinct et le secret de sa propre conservation.

L'Assemblée nationale devra se composer surtout des hommes qui, après avoir, le 4 septembre remplacé au pouvoir les Palikao et les Kouher, et organisé la défense autant que le comportait le désarroi général, voulaient par la dignité et l'adresse politiques épargner a la France une cruelle humiliation. Ceux-là, bien visiblement, n'ont pas convoité et n'ont pas obtenu une popularité malsaine. Mais qu'on se rassure : leur tour est venu d'être populaires. La nation, dégoûtée des phraseurs et des ênergumènes, écoutera en février les gens sensés, si elle a écouté en septembre leurs adversaires. Elle montrera par ses choix que, Dieu merci; elle peut opposer aux politiques et aux savants de l' Allemagne, d'autres figures que celles de démagogues ou de rhéteurs. Le génie de la France, malgré les obstacles accumulés par la routine, se fera jour au grand étonnement de la Prusse.

Nous avons bon espoir dans l'avenir de notre pays : la leçon qu'il vient de recevoir lui rend facile la tâche de

renverser quelques vaines idoles. Si le 4 septembre a vu s'évanouir la France impériale, le 31 octobre et le 22 janvier nous ont également délivrés de la France démagogique. Reste la vraie France, avec les nobles et solides qualités qui ont fait sa grandeur et sa prospérité durant tant de siècles. Rien ne doit ni ne peut la diviser, cette vraie France. Pour elle, plus de partis ! Tous ceux qui la composent ont un principe commun, la République ; un ennemi commun, le bonapartisme; un but commun, l'indépendance nationale.

Pourvue d'une Assemblée digne d'elle, la France sera sauvée, et, fait nouveau de son histoire, elle ne devra son salut qu'à elle-même. La liberté sera fondée parce que nous n'aurons pas trouvé de libérateur.

Une fois les Prussiens éloignés, la France saura se donner une instruction générale et une organisation politique, — dont nous dessinerons plus tard le plan, — et qui lui assureront facilement le premier rang en Europe.

>.'ous avons en perspective une revanche immédiate par la paix et pour la paix, de nos revers militaires.

Sachons la prendre 1

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