U2 LES DEUX FOLIES DE PARIS
On comprend combien un pareil tempérament facilite la besogne de ceux qui. ('tant nés sérieux, ayant quelque vigueur d'esprit, et osant regarder les choses en face, ne sont pas toujours d'humeur à découper en petites pastilles et à mettre en de petits cornets enrubannés les vérités dont la prompte divulgation importe à la chose publique.
Tout le monde n'est pas disposé à dire comme Fontcnelle : « Si j'avais la main pleine de vérités, je me garderais bien de rouvrir. »
A toute? res difficultés s'ajoutent celles qui naissent d'une situation atroce et repoussante. Pour la première fois depuis quatre-vingts ans, le droit moderne semble n'être plus qu'une simple phrase. L'ancien régime, ragaillardi et retrempé par la science, renaît avec une sève inattendue.
Dans ce qui se passe en Europe, les immortels principes de 1789 ne jouent pas un plus grand rôle qu'une pure poésie dans la vie quotidienne, et quelque chose du néant déclamatoire du révolutionnarisme napolitain semble être devenu le propre de ces fameux principes qui, animés autrefois d'une vertu positive et efficace ne régnent plus, dirait-on, que dans le domaine du chant
Dans cet état de choses, quelques journaux, ont pensé qu'il fallait continuer à donner au public la musique à laquelle il était accoutumé. Us ont pensé qu'étant dans la chambre d'un malade, ils devaient marcher sur la
pointe des pieds, parler à voix basse, et prendre des airs rassurés ou rassurants.
Nous ira vous pas cru de voire faire comme eux. Nous
avons voulu, dès avant le -l septembre, pratiquer dans la
;ne républicain. Que demande-t-on à a
3€ dans les pays libres/ Des informations vraies
(bonnes ou mauvaises), des opinions sincères.
Nous avons donné au public des informations vraies; nous lui avons exposé des opinions sincères.
Ainsi nous avons fait. Ainsi nous continuerons de faire.
1er janvier 1871.