LES DEUX FOLIES DE PAT'. IS
belliqueuse bien plus que libérale; elle sait que, si le roi Louis- Philippe est tombé, c'est surtout pour avoir paru trop pacifique ; et que la République modérée, parlementaire, libérale, qui lui avait succédé se trouva sans défense contre le nom des Bonaparte ressuscité par cet aventurier de naissance douteuse, mais d'incapacité démontrée, que M. Villemain appelait un Soulouque blanc.
Si la troisième République, si les garanties libérales qu'elle implique, venaient à disparaître encore, ces reproches, auxquels jusqu'ici nous avions mille réponses à faire, seraient bien près de paraître justifiés.
L'Europe se dirait ceci :
« Les Français avaient conservé l'Empire, tant qu'il avait le succès. Ils lui avaient tout passé : la loi de sûreté générale, le despotisme administratif, l'avilissement des âmes, l'oppression des intelligences, le Mexique, Sadowa. Ils lui avaient permis de trouver que la Prusse était mal délimitée] Ils lui avaient tout laissé faire contre euxmêmes, parce qu'ils le croyaient capable de tout faire contre les autres.
« Le jour où l'Empire a été vaincu, ils l'ont aussitôt renversé.
« Ils avaient accepté la République, parce qu'ils lui attribuaient une vertu magique pour les mener à la victoire. Ils croyaient avoir mis la main sur un talisman dangereux en temps ordinaire, mais souverain contre l'ennemi. Quand la République, tout en sauvant l'honneur
a plié sous le poids d'une tâche impossible, ils l'ont, de même, désertée : preuve que ce qu'ils lui demandaient, c'était tout autre chose que les garanties qui assurent la dignité des individus et des nations. »
Qu'aurions -nous alors à répondre? Prenons-y garde, encore une fois! On se compromet, dans ce monde, par la versatilité et V inconsistance, plus encore que par un mauvais caractère.
3i janvier 1871.
vin