LK< DEUX FOLIES DE PARIS
royauté sans frein, est tombée dans ceux d'une démocratie sans frein, est trop téméraire ou trop novatrice pour s'accommoder d'un tel mécanisme politique. Elle a le malheur de posséder une demi-douzaine de partis qui, loin de se faire contrepoids, déchirent les derniers lambeaux de la patrie.
Voici un dilemme catégorique : Les partis disparaîtront, ou la France disparaîtra.
Nous disons qu'ils doivent disparaître, et non entrer en conciliation ou en fusion.
L'essai de la rue de Poitiers et celui du ministère de Janvier, qui ont abouti, le premier au coup d'État, le second à la guerre présente, montrent bien ce que produisent chez nous cette fusion et cette conciliation des partis!
Ed France, on a abusé de tout, même de la conciliation. Dans un prochain article, sous le titre : Plus de partis ! nous motiverons la mesure scientifique, mais radicale, que nous réclamons, non pas de la force publique, mais du bon sens public.
Nous dirons aux bonapartistes, aux jacobins, aux orléanistes, aux légitimistes et aux cléricaux, d'abandonner leurs dénominations et leurs bannières. Qu'ils sachent redevenir purement et simplement des Français.
Nous répéterons avec une variante cette belle parole de L'Hospital, si longtemps incomprise au milieu des fureurs du catholicisme et du protestantisme : « Otons ces mots diaboliques^ noms de partis et de séditions, luthériens,
huguenots, papistes; ne changeons pas le nom de chrétiens! »
Pour trancher les difficultés pendantes, L/Hospital avait trouvé le principe de la tolérance ; nous, nous mettrons en avant celui de la science.
21 février 1871.