III. Moyens employés. — Les moyens que le Comité
central de 1871 voudrait employer sont ceux qui, en 1703, ont rendu si tristement célèbres les Marat, les Robespierre, etc.
C'est la Terreur qui est l'idéal de MM. Assi et consorts.
IV. But. — Le but réel des meneurs, dissimulé successivement derrière ces cris :
Le 15 juillet: A Berlin!
Le 4 septembre : Vive Trochut
Le 2 7 septembre : Guerre à outrance!
Le 31 octobre : Commune!
Le 22 janvier : Trahison!
Le 26 février : Vengeance !
Le 3 mars : Fédération!
Le 19 mars : Comité central!
Le but réel, dis-je, des meneurs était celui de juin 1848 : Socialisme. Que de détours pour arriver à un but inavouable ! Pour nous , habitués à calculer la courbe des passions et des événements qu'elles engendrent, nous n'avons jamais, comme la plupart des journalistes, naïfs hier, aujourd'hui ahuris, proféré un seul de ces cris * .
1. C'est la vue très-nelte de ce qui pouvait arriver, si on manquait d'habileté, qui nous faisait écrire, dans notre brochure sur l'Europe, la France, et les Bonaparte, à propos des manisfestations tumultueuses : « Quels étaient Jes héros qui vociféraient ainsi ? Dû,s batailleurs effrénés ? Nullement, c'étaient les partisans de la
V. Puissance d'expansion. — Paris cerné p.r la Prusse, cerné par la France, ne peut révolutionner la France qu'au moyen de la Prusse, qui lui ferait expier bien chèrement sa perfide protection ! Paris s'est donné en 1871 le plaisir de méconnaître les élus de la nation, comme il l'avait fait déjà en 1848 (au nom du suffrage universel), en 1870 (à cause de leur indignité). — Il ne peut rien rontre l'Assemblée nationale, tant qu'elle se tient à une distance respectueuse de l'Hôtel-de-Ville.
VI. Fin probable. — Il est probable que ce mouvement, qui a commencé comme la Fronde (les traîneurs de canons), qui s'est développé comme la guerre des Armagnacs et des Bourguignons, se terminera comme Fronde, par la réintégration des pouvoirs légaux. Seulement après la Fronde, on avait eu la monarchie absolue ; après le Comité central, on aura la République parlementaire.
On le voit des huit révolutions parisiennes dont nous avons fait rénumération, il n'y en a qu'une qui n'offre avec la révolution présente aucun trait de ressemblance : c'est celle de 1830. La presse qui a fait la Révolution d 1830 a eu horreur de la Révolution de 1871. Cette ré pulsion est significative
Commune qui, pour renverser le Gouvernement, trouvaient politique de l'accuser de faiblesse et même de trahison. Or, In Commune i/aurait pas eu même de prétexte, si on eût procédé le i septembre) à l'élection d'une municipalité. •
Nous nous contentons aujourd'hui d'une simple indication. Depuis longtemps, nous étudions la maladie à laquelle Paris est en proie. Nous avons appelé cette maladie Yataxie. Les symptômes en sont graves, sinon enrayants. Elle peut avoir une terminaison fatale; elle ne saurait être longue : les émotions de toutes sortes que nous subissons depuis huit mois ne lui permettraient pas de durer.
Il n'est point de maladie qui n'ait un remède souverain. si ce remède est appliqué en temps utile. Qu'on le cherche. Qu'on se dise, par exemple : « A l'époque des Armagnacs, de la Fronde, de la Terreur, etc., les événements ne prirent une tournure funeste que parce que l'on ne sut pas s'aviser de tel ou tel dérivatif. Soyons plus habiles : nous serons plus heureux. »
Quel dérivatif pouvait-on donner à la crise actuelle avant qu'elle eût atteint sa période aiguë ? nous l'avions indiqué en temps etJieu. Maintenant que la période aigué a commencé, nous vous dirons ce qu'il faut faire pour éviter la mort.
25 mars 1871.