Révocation de l'Édit de JSantes. —Dragonnades
l'Allemagne. — Ces grands changements furent l'affaire d'un quart de siècle : 1688-1713.
Bientôt l'Angleterre et la Prusse, unies l'une à l'autre, battirent sur terre et sur mer la France et l'Autriche catholiques. Elles nous enlevèrent la première nos colonies, l'autre notre prestige militaire. (Traités de Paris et d'Hubertsbourg, 1763.)
Immédiatement après, vinrent les démembrements successifs de la Pologne (1772-1795). — On atteignit ainsi la Révolution française. Celle-ci frappa à tort et a travers, catholiques et protestants : Hollande, Angleterre, Autriche, Espagne, Piome, et même Russie. Toutes les puissances furent atteintes. L'ouragan passé, chacun recueillit ses membres épars. Mais les catholiques avaient le plus souffert (1 8 1 5). Ce fut le moment choisi par les Bourbons restaurés pour couver cette forme dernière du catholicisme politique : « le cléricalisme. » En Allemagne, le protestantisme se fortifiait par la conciliation dans l'union évangélique (1817, de ses principales sectes. L'Angleterre organisait sa conquête des Indes, tandis que l'Espagne perdait toutes ses colonies, et que le continent américain devenait le théâtre de la prépondérance de l'élément protestant.
Après 1830, la France se mit à réfléchir, et le roi Louis- Philippe conclut, en dehors de toute préoccupation religieuse, l'alliance anglaise. Sous le règne de Napoléon III, la politique française fut livrée au hasard et tiraillée en
tous sens. En tant que catholique, la France soutenait le pape; en tant que révolutionnaire, elle commençait le démembrement et la dislocation de l'Autriche. En moins de quinze années, on a vu, sous ce règne, le catholicisme frappé à deux reprises en Autriche et par contre-coup en Allemagne (1859-18 66, Solférino-Sadowa), atteint en Espagne par la révolution de 1 868 (chute de la reine Isabelle) ', en Italie par l'expropriation graduelle de la papauté, et enfm vaincu dans Rome même par l'entrée de l'armée italienne, la même année (1870) où la France succombait à Sedan, sous les coups de l'Allemagne protestante. Aujourd'hui, l'évolution est accomplie et le terrain manque au catholicisme, en tant que puissance politique. — Ce n'est pas seulement sous le rapport militaire, mais aussi sous le rapport intellectuel que les États catholiques sont les plus faibles.
L'instruction primaire y est à la fois rare et chétive, l'instruction secondaire arriérée, l'instruction supérieure ou défectueuse ou totalement absente. Ils sont aussi les plus divisés au point de vue moral2. Chaque ville, chaque
i. 11 y avait déjà été frappé on 18 39 par la chute des Carlistes.
2. Le catholicisme, dans ces États, est encore trop fort pour que leur régime intérieur puisse être conforme à ce que veulent la raison et la science, et l'esprit nouveau y est trop exigeant pour leur permettre de suivre au dehors une politique résolument catholique. 11 y a là comme deux lignes divergentes d'où résulte le décousu. Voilà pourquoi les nations catholiques sont, pour ainsi dire,
bourgade y est un foyer de passions religieuses et antireligieuses, dont l'antagonisme violent n'a absolument rien de commun avec la libre variété d'opinions individuelles qui n'est, dans les pays protestants, que la marque de la vitalité religieuse. L'Allemagne, il est vrai, contient en grand nombre des populations catholiques à côté de populations protestantes. Mais là même, l'écart qui sépare un catiiolicisme à tendances anti-infaillibiJistes d'un protestantisme gradué à l'infini, suivant les classes sociales et les degrés de culture, ne saurait se comparer à celui qui existe en France et en Espagne entre une orthodoxie fiévreuse, escarpée, sans cesse enquête de dogmes nouveaux, et une incrédulité brutale. Après tant de preuves, en veut on encore une? C'est dans les États catholiques que sont tous les volcans révolutionnaires qui, depuis un siècle troublent en Europe, la paix publique. C'est ces popula-
nouées. Il y avait eu pour la France, en 1815, comme un regain des traités de Westphalie marqué à l'intérieur par une réaction religieuse (Chambre introuvable, congrégation, instruction publique livrée au clergé), et au dehors par une nouvelle tendance à la prépondérance française (expédition d'Espagne, de Grèce, d'Alger, plan d'alliance avec la Russie pour rcconqiérir les provinces Rhénanes). Mais en rentrant dans les anciennes voies de la France catholique, la Restauration souleva, chez un certain nombre de Français, des mécontentements et des haines d'où sortit la révolulion de 18 30, qui, à son tour, ne satisfit à l'intérieur du pays l'esprii progressiste, qu'en affaiblissant la situation el le rôle delà France en Europe.
tions représentées par une certaine école comme Jes gardiennes des vrais principes qu'on voit selivrer à intervalles réguliers, à des accès de fièvre furieuse, à des orgies sauvages, immédiatement suivies de périodes mornes et somnolentes.
LA FiiAMii-;
Les éléments, dont se compose aujourd'hui la France,
peuvent tous se ramener aux suivants :
1° La nation proprement dite, avec ses différentes clasi. dans rlianine de ces classes Jes principales diver-
•> Les partis et les Prétendants:
39 La Chambre ;
4° Le Gouvernement.