‹ Les deux fousChapitre 11 sur 28 · SIR LES FOUS DES ROIS DE FRANCE. XXXI · texte numérisé non relu

SIR LES FOUS DES ROIS DE FRANCE. XXXI

France. Néanmoins maître (iiiillanme avait un l)on sens naturel qui lui fournissait des réponses (idmir(ible)i lorsqu'on l'interrogeait, et qui empruntait certaines expressions originales appartenant à lui seulement, dit le Perroniana.

Les pages et les laquais étaient continuellement en guerre avec maitre Guillaume, et celui-ci, cachant sous sa robe un bâton court qu'il appelait son oisel, les assommait de coups et criait au meurtre, comme si c'était lui qu'on frappait. Sa langue venait souvent a l'aide de son bâton, et il disait que, dans l'ordre du monde sublunaire, tandis que Dieu faisait les anges, le diable faisait les pages et les laquais. En général, maître Guillaume puisait tout son savoir ii deux sources très-ditlërentes, et pourtant également fertiles en burlesque : l'une, profane, était un ancien recueil de facéties du quatorzième siècle , léiniprimé dans le seizième, les Évangiles des Quenouilles; l'autre, plus orthodoxe en apparence, ne l'était pas plus au fond : les sermons des i)rédicatcurs de la Ligue, Rose, leiietit Feuillant, Feuardent, que maitre Guillaume avait entendus sauvenles fois , avaient de quoi défrayer les discours d'un fou, et l'emportaieut peut-être en bizarrerie sur l'éloquence triviale et comi(iue îles .Maillard et des Jieuot, ces fameux bouH'onsdela chaire catholique.

Les bons mots de maitre Guillaume qiie nous a conservés le Perroniana, ne méritent pas de l'être. Un jour, voyant [)asser le pourvoyeur du cardinal de Bourbon, 'a ciieval ei suivi d'un troupeau de moulons destinés à la maison du cardinal, il l'appehi le (irand-Motttonnier de folchos. Une autre fois, le comte de Soissons lui ordonna d'aller mettre bas ses chausses devant une compagnie de dames, et lui lit celte recommandation expresse: « Si l'on te demande qui t'a ai)pris cela, tu répondras : ("est ma mère ! » Un pareil ordre, il faut l'avouer, ne donne pas meilleure idée de la délicatesse du comte de Soissons que des munirsdn tenq)s. Néanmoins maitre Guillaume obéit, et les dames ne lirent (jue rire de son impudence, en lui demandant qui l'avait si mal instruit de la galanterie française : maîtreGiiillaume répondit qiu^ c'était le comte <le Soissons. Le comte menaça de lui faire donner les élrivières : " Fh ! non, non, je me trompe, dit le boulfon, c'est sa mère qui lui a appris cela! »

Le cardinal du l\M;ron, ii qui le rôle de badin aurait mieux convenu que celui de prince de l'Fglise, fil eapol mailre Guillaume, qui s'avisa de dire qu'il avait été dans l'arche de Noé avec sa iemnie et ses enfanls; car il était marié et songeait a ])erpétuer sou nom et sa race : « Vous nous la baillez bonne, lui dit le cardinal, il n'y avait dans l'arche que huit personnes, Noé, sa femme, ses trois (ils et les trois femmes des lils. Vous n'étiez pas Noé? — Certes non , reprit maitre Guillaume. — Vous n'êtes pas .sa femme? — Je ne le pense point. — Vous n'éliez pas non plus un des lils de Noé? — .Je m'en souviendrais, ce me semble. — Vous n'étiez pas davantage une des femmes des susdits (ils? — Oh ! je vous atteste que je ne le fus jamais. — Eh bien! vous n'étiez donc pas dans l'arche, ou vous êtes une bêle; car, a l'exception des huit personnes dessus nommées, il n'y avait que des bêles dans l'arche. — .le suis obligé de reconnaître que, quand on parle des maîtres, on ne se soucie pas de nommer les domestiques: or, j'étais un des domestiques du patriarche Noé. » Maitre Guillaume avait affaire à forte partie en tenant tête au cardinal du Perron, et le roi lui reprochait quelquefois de se déferrer facilemenl. Quoi qu'il en soit, maitre Guillaume daubait malicieusement sur les gens qui n'étaient pas ses amis, en les introduisant dans les visions qu'il racontait de sa prc'tendne descente

XXXH ESSAI HISTORIQI'E

aux enfers. Lorsqu'on adressait quelque |)ro])os déraisonnable en présence de Henri IV, il avait coutume i!e renvoyer l'interlocuteur îi maître Guillaume.

Ce l'ou d'office mourut vers 1605, quoique la Chronique des Favoris, publiée contre le connétable de Luynes vers 1621, nous montre maître Guillaume disant au roi: " l'arma lé! monsieur mon bon ami, j'aurais grande envie de lui larder les Icsses (au connétable) 'a grands coups d'épingles, pour me venger de la ])ension qu'il m'a rognée pour agrandir son beau-frère de Mous (Antoine de Villeneuve, marquis de Mons, qui avait épousé une sœur du connétable). » 11 ne faut tirer aucune induction de cette phrase, qui est purement épigrammatique, puisque le duc de Luynes est censé enrichir sou beau-frère avec les dépouilles d'un fou. Du vivant de maître Guillaume, sou nom avait servi de pseudonyme aux libellistesde la cour, qui écrivaient les vérités les plus hardies, et les distribuaient sous le manteau du boulfou de Henri IV: on imprima successivement plusieurs pièces satiriques en style burlesque: JU'poiise demaiire (juillimnie au soldai français (écrit protestant dcriloslal ) faile en présence de Henri IV, à l'onlainehlcau 160,"); les Conimandeinenls demaiire (ïuillaume; Inventaire des livres trouvés en la l>ihliotlié<iue de maître (iuillamne, etc.

Le nom de maître Guillaume devint en France aussi populaire (jue celui de Pascpiin a Rome; il autorisait les |iamp!ilets les plus mordants, et promettait d'avance (pie les coups de marotte ne seraient épargnés aux princi|»aux )>ersonnages de la cour; le litre de fou du roi équivalait a une entièie liberté pour un auteur, et l'on ne trouve pas, en clfet, que le Parlement ait sévi coulre un seul des uomiireux secrétaires de maîtietiuillaume, (jui fut, pour ainsi dire, le premier instigateur de la Fronde. On citerait plus de trente petits ouvrages, depuis 160i jus(|n'en I6:i2, dans lesquels maître (inilbunne a son franc parler et revient de l'autre monde dans le nôtre ])0ur dauber encore sur les fautes des hommes d'Ftatet sur les événements du temps. Mathurine parait souvent aussi dans ces rares et curieuses pièces, (]ui ont(iuelque chose du ton et de l'esprit révolutionnaires des lettres du Père Duchesne.

On ne placerait pas Angoulevent parmi les fous de nos rois, si une pièce imprimée au commencement du dix-septième siècle ne citait ce badin comme pensionné pai- la cour : « Eh! pauvre Mathurine, dit le Lunatique à nuùlre (iuillaume, pauvre Angoulevent, et tons tant que vous êtes de fous il chaperon et sans chapcu'on, où seraient vos pensions désormais? » Cet Angoulevent , qui prononçait un discours aux Etats dans la Satire Ménippée, avant que Rapin eût supprime'' ce morceau par un motif (|ue l'on ignore, y figure encore assez honnêtement, si ce n'est (pi'il monte sur le l>anr oit il était assis (sans doute à cause de sa petite taille), et s'efforce de parler malgré les interruptions de l'assemblée. C'était une espèce de fou qui courait les rues de Paris en habit lidicule pour justifier sa qualité de Prince des .S'o/.s;il se nommait Nicolas Joubert, et vivait des dons du roi et des seigneurs , qu'il divertissait par ses chansons et sqs sottises.

Nicolas .loubert était singulièrement jaloux de son titre de Prince des Sots, et deux fois il en défendit les prérogatives devant le Parlement, qui lui donna gain de cause, en 1008 , après l'instruction et les débats d'un douille procès : le sieur d'Augoulevent , <]ui avait ('lé , par arrêt, maintenu et gardé dans sa possession et jouissance de la principauté des Sots et des droits appartenants à icelle . resta lU'opriétaire du droit d'entrée par la grande

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porte de l'hôtel de Bourgogne et du droit de préséance dans les assemblées des comédiens ; il fut en outre déclaré inviolable de sa personne, atleiidn la qualité de Prince des Sots, bien que ses créanciers eussent obtenu contre lui la contrainte par corps, et on lui donna mainlevée de sa loge d'honneur, qui avait été saisie par eux. Cette cause se plaida le jour du mardigras , et l'avocat maître Peieus ne manqua pas de s'égayer sur la profession de son client, en disant «qu'il était né et nourri au pays des grosses bêtes ; qu'il n'étudia jamais qu'en la philosophie des cyniques; que c'était une tête creuse, une coucourde (citrouille) éventée, vide de sens comme une canne; un cerveau démonté , qui n'avait ni ressort, ni roue entière dans la tête. » Cependant Nicolas Joubert pourrait bien être l'auteur d'un volume de poésies intitulé: Satires bâtardes et œuvres folâtres d'Angoulevent le cadet, 1015, pet. in-12 : ce recueil est fort rare , mais le mérite du poète ne l'est pas.

Angoulevent avait un rival formidable dans Bernard Bluet, comte de Permission , lequel, natif d'Arhères, au pays de Gex , était venu chercher lortune en France et implorer le grand empereur Théodose (Henri IV) ; mais le roi, qui se fût ruiné à vouloir pensionner tous les fous de son royaume, n'accorda pas de charge "a marotte aux sollicitations de ce bouffon qui avait porté la livrée du duc de Savoie et qui ne l'avait quittée que pour échapper aux mauvais traitements que le duc lui lit éprouver. Bluet d'Arhères fut donc réduit, pour ne pas mourir de faim, 'a mettre sa folie aux gages du public, et il parcourait les rues eu colportant des feuilles volantes qui contenaieni des prophéties, des prières et des extravagances aujourd'hui plus inintelligibles que jamais; quand ces feuilles d'impression formèrent la matière de plusieurs volumes, il les réunit sous ce titre unique : Recueil de toutes les (suvres de Bernard Uluet, d'Arliéres , comte de Permission , chevalier des ligues des treize cantons suisses, et ledit eomte de Permission l'ous avertit qu'il ne sait ni lire, ni écrire, et n'y a jamais appris, mais par l'inspiration de Dieu et la conduite des anges, et pour la Iwnlé et miséricorde de Dieu; et le tout sera dédié à haut et puissant Henri de Bourbon , roi de France, grand empereur Théodose, premier (ils de l'Eglise, monarque des Gaules, le premier du monde par la grâce, bonté et miséricorde de Dieu ; le premier jour de mai IGOO.

Cet étrange recueil, qu'on ne possède pas complet, et qui se composerait de plus de cent soixante-treize parties, était vendu par le comte de Permission lui-même , qui marchait fièrement, vêtu de boccasin incarnadin et coiffé d'un chapeau à plumes , avec l'épée au coté et le poignard à la ceinture. Il vivait encore en I60G , puisqu'il publia cette anuée-l'a son testament, aussi .singulier que les autres pièces de ses œuvres; et il eut, avant ce lemps-l'a, une querelle très-vive avec le sieur d'Angoulevent, comme on peut le supposer d'après la Surprise et fustigation d'Angoulevent, poi'inc héroïque adressé au cem te de Permission par l'archi-poëte des Poispilés, I G03 . in-8°. Nicolas Jouhert répondit 'a cette attaque, et Bluet répliqua sans relard : ce fut un échange de méchants vers et de pitoyable prose, auxquels succédèrent peut-être les horions. Ces deux fous se disputaient certainement la principauté de Sottie, ou du moins le pavé de Paris , qu'ils hatlaienl sans cesse en tous sens pour recueillir plus d'aumônes que d'applaudissements. Ils moururent enfin de misère, l'un et l'autre, en désespérant de l'avenir de la folie; mais déjà de plus grands fous avaient imaginé de commenter les œuvres du comte de Permission pour y découvrir la pierre philosophale !

Le bon temps des fous en litre d'olfice était passé; il y avait d'ailleiiis à

XXXIV ESSAI HISTORigiE

la cour assez de gentilshommes qui ne dédaignaient pas de donner la comédie au roi et aux princes sans toucher les gages de bouffon; il y avait aussi une foule de gens de toutes conditions qui s'attachaient aux grands seigneurs pour les divertir par des bons mots. Tallemant des Réaux nous fait la biographie de plusieurs de ces fous libres qu'on rencontrait mendiant dans les antichambres du Louvre : c'était Lisette, filleule de la princesse de Conli, pauvre plie qui se mit à imiler Mathurine, et qui, sous prétexte de folie, portait des poulets; c'était le poète Neuf-Germain, qui étalait partout sa longue barbasse et sa figure hétéroclite; c'était maître Claude, argentier de l'hôtel Rambouillet, espèce de niais prétentieux, débitant mille àueries avec un sang-froid imperturbable; c'était Silésie, autre domestique de M. de Rambouillet, espèce de fou sérieux, qui ne trouvait aucune difficulté à l'Apocalypse , et forgeait les plus belles étymologies du monde, etc.

Les bouffons d'un ordre plus relevé n'étaient pas moins nombreux h cette époque : l'abbé de Bois-Robert égayait tellement le cardinal de Richelieu, que le médecin Citois ordonnait "a ce ministre malade une heure de Bois- Jîobert, comme il eût fait d'unedose de rhubarbe onde séné; Bautru, comte de Serrant, qui ne tarissait pas en fines reparties, fut pendant cinquante ans, dit Costar, les délices de tous les minisires, de tous les favoris, et généralement de tous les grands du royaume, et n'a jamais été leur flatteur. Tallemant des Réaux ajoute "a cet éloge : « On a remarqué que toute la race des Bautru est naturellement bouffonne. » Le parasite Montmaur, l'athée Desbarreaux, le burlesque d'Assoucy, le petit Scarron et le Gascon Cyrano de Bergerac, mettaient leur esprit li la torture pour prêter à rire aux riches et puissants protecteurs qui les pensionnaient en reconnaissance de leurs épitres et de leurs dédicaces.

Mais le dernier fou d'office qui ait touché pension du roi, en cette qualité, fut l'Angely : nous ne connaîtrions peut-être pas ce nom, si Boiîeau n'en eût fait une rime dans sa première satire. Brossetle, dans ses notes sur cette satire, et le Menagiana, ont rassemblé quelques traits de l'Angely, inférieurs h ceux qu'on attribue aux beaux-esprits de ce temps-lh. L'Angely était un valet d'écurie du prince de Condé, qui l'emmenait avec lui à l'armée, et qui s'amusait, entre deux victoires, des boutades ingénieuses et caustiques de ce plaisant, qu'on ne voit pas faire des prisonniers de guerre, 'a l'exemple des Chicot.

Après les campagnes de Flandre, le prince de Condé revint U la cour, en IGCO : l'Angely raccompagnait. L'Angely s'était rendu célèbre par ses ëpigrammes, qui sans doute n'épargnaient pas les partisans de Mazarin : le jeune Louis XIV voulut voir l'Angely, et, charmé de la malice que celui-ci mit dans ses réponses, il pria le prince de Condé de céder son bouffon à la couronne de France. L'Angely devint donc fou en titre d'office, deux ans avant que le titre de nain du roi fût supprimé à la mort de Balthazar Pinson : il assistait au dîner du roi et se tenait derrière le fauteuil de Louis XIV, comme dans une forteresse inexpugnable, d'où il lançait impunément la moquerie 'a pleines mains sur les assistants. « J'étais un jour, dit Ménage, au dîner du roi, où était aussi l'Angely, a qui je ne voulus point parler, afin qu'il ne dit rien de moi. »

Tout le monde le craignait, tant sa langue était piquante et envenimée; Bautru surtout, qui se posait en rival devant le fou d'office, servait de but continuel aux railleries de cet adversaire, qu'il n'aimait pas, et qu'il ne pou-

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vail léiluire au silence. " Un jour, raconte le Menagiana, l'Angely était dans une compagnie où il y avait déjà quelque temps qu'il faisait le fou : M. de Bautru vint a entrer; sitôt que l'Angely l'eut apei\u, il lui dit : «Vous venez bien h |)i'o|)OS, monsieur, pour me seconder, je me lassais d'être seul. 1) Cette saillie causa un vif dépit h IJaulru, qui y fut pourtant moins sensible que son frère le comte de logent l'avait été à l'interpellation de l'Angely en présence du roi : " Couvrons-nous, monsieur, cela est sans conséquence pour nous? » Ménage assure que INogent en eut nn tel chai/rin que eela ue conirihua pas peu à le faire mourir.

L'Angely ne larda pas 'a s'amasser du bien, grâce aux présents qu'il recevait des personnes qui riaient de ses bouffonneries ou qui achetaient son amitié : « De tous nous antres fous qui avons suivi le parti de M. le Prince, disait Marigny, un des bouflons du cardinal de Retz, il n'y a que l'Angely qui ait fait fortune. » En effet, lorsqu'il fut en faveur, ses parents, (pii étaient nobles et pauvres, le reconnurent et il se lit rêhabililer. On ne sait à ([uelie é|i(ii|ue il n)ourut, ou du moins déposa son sceptre de fou du roi. Boileau, dans sa satire des Adieux à Paris, composée vers IGGl, enviait [)resque le sort de l'Angely, auquel ne parviendraient jamais l'esprit le plus beau, l'auteur le plus poli.

IjCS llatleurs de cour avaient usurpé la place des fous d'office, qui n'eussent pas osé faire la grimace au soleil de Louis XIV; les grands seigneurs, tels que le duc de Roquelaure et le comte de Bussy Rabutin, qui se hasardèrent à railler la gloire du roi, furent envoyés en exil ou enfermés à la Bastille; on n'entendit plus les grelots de la marotte se mêler aux cantates triomphales de Quinault et de LuUy. Mais cependant les bouffons, que le roi chassait de saprésence, trouvaient une retraite auprèsdcs princes: le duc d'Orléans, frère de Louis XIV, avait dans sa maison la vieille Hébert, qu'on nommait la folle de Monsieur; Monseigneur, fils de Louis XIV, avait Maranzac, écuyer d'écurie, qui a fourni la matière d'un ana, et qui fut un véritable fou en litre d'office. Cette charge existait toujours de fait dans la maison royale; et si l'on recherchait avec soin les poètes, les abbés et les valets (|ui se sont partagé, jusqu'en 1789, la tâche défaire rire leurs augustes patrons, on ne trouverait aucune lacune dans les annales de la folie de cour.

Ces recherches nous conduiraient, en dernier lieu, au château de Versailles, où vivait encore, il y a peu d'années, un vieillard en cheveux blancs, entouré de vieux meubles, de vieux tableaux, de vieilles friperies et d'une multitude de relicjues des modes de Louis XVI, monuments du rôle qu'il avait joué sous ce règne : c'était le boulfon de Marie-Antoinette. Il nous montrait, en pleurant, quelques grains de café qu'il avait reçus de cette malheureuse reine, à laquelle il dit alors : " Je regrette pour la première fois (pi'une si grande reine ait la main si petite. » Versailles, vide de ses rois, avait conservé un fou de cour, comme une ruine vivante de l'ancienne monarchie.

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