BULLER, LE CAPITAINE, LE DOCTEUR
Bonjour, mon Capitaine.
LE CAPITAINE
Bonjour, Buller.
BULLER
C’est aujourd’hui votre fête de naissance.
LE CAPITAINE
Je le sais.
BULLER, d'un ton loyal et expressif.
Je vous la souhaite bonne, et de tout mon cœur.
LE CAPITAINE
Je le sais aussi.
A (5 T Ë S Ü, C O N Üi àÿ.
BüUER, hésitant.
Hier*.**
LE CAPITAINE
Eh bien ! hier?
Vous avez cassé votre belle pipe*
LE CAPITAINE, avec humeur.
Pourquoi m’en fais-tu souvenir? Quand la dou^ leur me tourmente, je ne suis pas le maître de. contenir mon impatience.
Ce que j’en dis n’est pas un reproche 5 — c’est une introduction.
LE CAPITAINE
Que Veux-tu dire?
B U L L E R, avec timidité.
Je viens d’acheter une pipe de bois cte noyer, avec un tuyau d’ébène ; — si mon Capitaine voulait me faire le plaisir d’accepter ce chétif présent. . * LE CAPITAINE, avec un air satisfait.
Voyons, mon ami, voyons.
Elle devrait être garnie en argent 5 — mais. * . * LE CAPITAINE.
Je te remercie.
B U L L E R, avec joie.'
Vous l’acceptez?
LE C A jp ï Ÿ À I N E.
Sans doute.
ri
5ü LES DEUX( FRERES,
BULLER, de même.
Et vous fumerez avec?
LE CAPITAINE
Certainement. ( il fouille dans sa poche. )
B U L L E R, d’un ton sérieux, et paraissant humilié/
J’espère que vous ne me donnerez rien pour cela.
LE CAPITAINE, retirant promptement sa main. Non, non. — Tu as raison.
B U L L E R , enchanté.
Vive mon Capitaine ! — Que la bigote achète maintenant des friandises avec l’argent qu’elle vous a volé, je....
LE CAPITAINE, l’interrompant avec un air étonné. Buller? que dis-tu là?
La vérité.
LE CAPITAINE
Encore?
BULLER
Cette femme là ne vaut rien.
LE CAPITAINE, fâché.
Tais-toi, je te l’ordonne.
BULLER
Rien n’est trop bon pour elle , et elle vous laisse manquer des choses les plus nécessaires.
LE CAPITAINE, très en colère.
Finiras-tu ?
BULLER
Ce n’est pas tout.