acte premier
nous sommes un peu courts du côté de la nourriture; mais mon maître et sa fille vivent du même ordinaire que. moi ; et quand c’est l’amitié qui distribue les portions, on ne regarde pas si elles sont grandes ou petites.
Ils sont donc bien gênés ?
ANNE
Pardi! pour conserver sa place, il en a cédé les appoinlemens à celui qui l’exerce depuis sa maladie , et vous sentez bien. . . .
Sa fille doit être une grande charge pour lui.
ANNE
Elle? au contraire 3 c’est à son travail qu’il doit une partie de son entretien , et c’est par ses soins qu’il a recouvré la santé: oh! que de nuits elle a passées sans fermer l’œil !
Pauvre enfant !
Lorsque son père était si mal que nous perdions toute espérance , je la voyais se mettre à genoux dans tous les coins de la chambre. Elle pleurait, elle invoquait le ciel pour son père ; mais si-tôt qu’il appelait : Charlotte ? hé vite /elle séchait ses larmes, et feignait de reprendre un air serein, pour ne pas lui montrer son trouble.
Est-il parfaitement rétabli ?
Il, a bien encore un peu de toux ; mais le cher Docteur assure qu’elle se dissipera bientôt tout-àfait.
R A F F E R 3 avec amertume.
Le cher Docteur !
ANNE
Que voulez- vous dire ?
Il n’est pas tant son ami qu’on le croit l ANNE, étonnée.
Le docteur Blum ?
R A F F E R , avec confidence.
C’est lui qui m’empêche de terminer son procès.
A Tjl N E.
Que me dites-vous là? voilà quinze ans qu’il dure, ce maudit procès : quinze ans plaider contre un frère! et pourquoi encore? pour un petit jardin situé ici près , là , au bas de la montagne ; qui ne vaut pas. ....
J’aurais arrangé cette affaire à l’avantage de votre maître ; mais le Docteur qui veut servir le Capitaine, l’a empêché de me donner ses pouvoirs.
ANNE
Il devrait rougir, ce vieux Capitaine, si riche.
Il déteste son frère.
ANNE
Qui aurait dit cela , lorsque je soignais son en-