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LES D1£UX FUSIONS

par le chef de la branche d'Orléans, jusqu'à extinction de sa descendance mule, auquel cas ils feront retour au domaine de l'Etat.

Ainsi gratifié, Louis-Philippe, ayant repris sa place dans la famille royale, soutien officiel du trône, justifiait, avec une. dissimulation et une fausseté qui sont les traits principaux de son caractère, le jugement porté par le premier président Mole sur les princes du sang à l'époque des troubles de la Fronde :

« Depuis cinq ou six siècles on peut dire que les princes du sang ont été les fléaux du peuple et les ennemis de la monarchie (1). »

Aucun incident, si significatif qu'il fût, n'ébranlait la confiance affectueuse de Charles X. En 1827, un des amis du duc d'Orléans, M. Cauchois-Lemaire, l'invitait dans une lettre rendue publique à jouer le rôle de Guillaume d'Orange en Angleterre. La correspondance de Bérenger avec Cauchois-Lemaire raconte en termes piquants quelle fut la suite d'ouvertures aussi indiscrètes :

a Monseigneur n'a pas été très satisfait d'abord. 11 sentait son incognito menacé, on murmurait autour de S. A. Enfin, le lendemain du joui- où la lettre parut, il y avait réunion de famille au château ; S. A. s'y rendit peut-être un peu embarrassée ; après les premières politesses, le Roi lui dit : « Eh bien, mon cousin, on vous adresse donc des Lettres? — Oui, Sire, et même l'auteur a eu la politesse de m'en envoyer directement un exemplaire. — Il y a des gens (c'est le Roi qui parle) qui ne sont jamais contents; ils ne savent ce qu'ils veulent ; on voudrait nous brouiller; mais on n'y parviendra pas.» (28 septembre 1827. )

(1) Mémoires de Talon, p. 450.

Peu de temps après, Louis-Philippe obtint encore l'appui de Charles X et de la duchesse de Berry dans une circonstance des plus délicates. Une longue et persévérante intrigue était menée par Talleyrand el la baronne de Feuchères pour assurer a l'un des Ois de Louis-Philippe la succession du duc de Bourbon. Talleyrand, dont le rôle a été si suspect à la mort du duc d'Enghien, avait servi d'intermédiaire entre Marie- Amélie et la femme avilie qui exerçait sur l'esprit du prince septuagénaire une honteuseinnuence. Certes, le duc de Bourbon ne soupçonnait pas le nom de ceux qui, dans l'ombre, s'étaient laits les artisans de cette négociation. Le souvenir de son fils était toujours vivant dans son cœur, et le nom seul de Talleyrand lui faisait horreur ; il écrivait de Londres à un de ses confidents le 28 juillet 1816 :

Je m'attends bien en revenant à regretter le repos dont j'ai joui ici, n'étant point exposé journellement à rencontrer les assassins de mon malheureux enfant, comme cela m'est arrivé plusieurs Cois. Hélas ! ils existent encore et nous ne possédons que ses restes, el l'on veut que nous perlions les décorations dont se parent ses bourreaux.

Le fait que Talleyrand avait pris part à l'arrestation d'Eftenheim comme ministre des Affaires étrangères du Premier Consul est absolument certain. Il est établi jusqu'à l'évidence par une lettre écrile et signée par lui, adressée au baron d'Edeishcim, ministre de l'Electeur de Bade, le 20 ventôse an XII. Le texte de cette lettre a été publié dans les Pagel papers. Sir Arthur Pagel était alors ambassadeur d'Angleterre à Vienne. Son fils, sir Augustus Paper, a publié en 1896, non pas ses Mémoires, mais sa correspondance — les lettres qu'il a écrites et reçues pendant sa carrière diplomatique. La lettre de Talleyrand au baron

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