LUI
Mulot! C'était bien lui! Quelle chance pour La Limace de retrouver ce camarade au moment où il s'y attendait le moins.
La Limace rabaissa la visière de sa casquette sur ses yeux, pour ne pas que le copain le reconnût trop vite.
Mulot était hercule forain ; il avait fait partie des plus brillantes troupes de lutteurs ; mais c'était un indiscipliné, un révolté ; il n'avait jamais pu supporter un patron; pour Mulot, la vraie suprématie consistait dans la solidité des biceps; or, il n'avait trouvé chez aucun de ses imprésarios cette supériorité.
C'était un gaillard d'une carrure invraisemblable. Il mesurait 1".99; un de ses secrets désespoirs était de ne pas être arrivé à deux mètres.
A ce sujet, il accusait la nature de s'être montrée marâtre, tant il est vrai que personne n'est heureux de son sort.
Rond comme un muid, il portait encore allègrement son ventre ; l'obésité ne viendrait que plus tard.
Mulot avait trente-quatre ans.
La tête, chose rare chez un alcide forain, n'était pas par trop repoussante.
La face manquait de la bestialité traditionnelle.
C'est que Mulot ne justifiait nullement le dicton, quelquefois injuste et qui se compose de trois adjectifs : grand, fort et bête. Grand et fort, il l'était; bête, il avait oublié de l'être.
Aussi, en dehors de son esprit d'insubordination vis-à-vis des directeurs, la promiscuité avec les grossiers athlètes l'avait dégoûté du travail en commun, d'autant plus que Mulot était la paresse incarnée.
Ce colosse, qui aurait exécuté la besogne de trois ouvriers s'il avait utilisé sa force, n'avait jamais voulu apprendre un métier régulier.
Une fois par semaine, grâce à une tolérance administrative, il errait sur les boulevards extérieurs ; cela lui suffisait. Il logeait dans un garni où le patron lui faisait un crédit illimité.
Ce n'était pas que le commerçant fût terrorisé par l'hercule ; Mulot payait son gîte et sa nourriture, à des intervalles plus ou moins réguliers, mais qui prouvaient que tous les petits talents du colosse n'étaient pas exhibés sur la voie publique.
Superbe dans ses effets de torse, les bras croisés, mettant bien eu évi-
^iô
Son œil s'emplissait de visions, de rapines et de meurtres. (Page 551.)
dence les mancheltes de cuir et faisant saillir ses muscles en boule, il avait l'atlitude d'un géant qui ne regarde ses contemporains qu'avec une très vague commisération, tel Gulliver chez LillipuL
Le maillot était d'une blancheur douteuse ; la rhingrave de velours étoile d'argent avec une frange d'or avait perdu de son éclat.
Les guêtres en imitation de peau de tigre avaient un aspect lamentable.
Il était visible que Mulot, en admettant qu'il pratiquât la natation, ne sortait pas de prendre un bain dans le Pactole.
Sur un tapis, outrageusement reprisé, des poids en pyramide, un boulet
LES DtUX G0S?E3.
et un entonnoir prouvaient que l'artiste faisait tout ce qui concernait son
état.
Ces accessoires avaient servi ; Mulot après avoir porté un nombre incommensurable de kilogrammes à bras tendu ou avec les dents, venait de jongler avec les haltères.
Le musicien, un malheureux être barbu et chevelu comme un modèle qui a manqué sa vocation, avait, en soufflant bien fort, réussi à lancer la boule dans rcntonnoir que l'hercule brandissait.
Ce n'était pas tout, Mulot allait terminer par l'exercice du pavé.
Il était là, ce bon cube degrés, n'ayant l'air de rien tout d'abord; c'était pourtant lui qui était indispensable à l'apothéose finale.
Mulot continua son boniment, d'une voix aigrelette, qui jurait étonnamment avec la structure phénoménale de son propriétaire :
— Vous voyez bien ce pavé ? Eh bien 1 je vais le casser en deux, d'un seul coup..., à moins que quelqu'un de l'honorable société ne veuille mettre sa tête à la place...
— Allume ta pipe! dit La Limace pour faire rire ses voisins.
Mulot jeta un coup d'œil du côté de l'interrupteur ; il ne le reconnut pas dans le tas.
D'un geste circulaire, l'hercule fit reculer les gamins qui menaçaient à tout instant de détruire la symétrie du cercle.
Les moutards, les cheveux ébourin"és, le nez au vent, obéissaient respectueusement, ce qui ne les empêchait pas, une minute plus tard, de reconquérir les positions perdues.
— Eh bien ! mesdames et messieurs, poursuivit Mulot, pour voir un exercice comme jamais vous n'en avez vu, que seul peut se permettre un artiste tel que moi, je vais faire simplement appel à votre bonne volonté... Je ne vous demanderai pas les sommes fabuleuses qu'on exige avant de vous laisser pénétrer dans les théâtres ou dans les cirques pour vous montrer des choses que tout un chacun peut arriver à faire au bout de quelques leçons... Avec moi, il n'y a pas de battage, il n'y a pas de truquage, il n'y a pas d'escamotage. . . Tout un chacun pourra se rendre compte que je suis sincère et véridique... D'un seul coup de poing, je vais fendre ce pavé en deux... à seule fin de vous démontrer que rien n'est impossible à l'homme...
— Ce qu'il ne peut pas faire, il le laisse, repartit encore La Limace, de façon à être seulement entendu de ses voisins, qui se mirent de nouveau à rire en sourdine.
Mulot, qui n'avait pas lieu d'être satisfait de la recette réalisée jusque-là, fronça les sourcils.
Il sentait l'assistance toute prête à blaguer et il s"irrita, ne devinant pas
encore ce qui refrénait l'admiration naïve qu'il excitait généralement chez ses spectateurs ordinaires.
Il ne put dissimuler une grimace et voulut brusquer l'appel de fonds.
— Je vous prie donc, mesdames et messieurs, de m'encourager... Moi même, je vais me montrer très raisonnable... Pour vous montrer ce travail unique au monde... je vous demande la misérable somme de vingt sous... C'est pour rien !
Quelques badauds quittèrent le cercle, pressentant que la réalisation de ce franc durerait au moins quelques minutes. C'était le déchet prévu; chaque fois qu'un appel à la poche était fait, des gens s'en allaient, un peu honteux de ne rien donner, mais d'autres arrivaient pour les remplacer.
Un petit sou tomba, puis deux, puis trois.
— Il n'en manque plus que dix-sept, dit Mulot, de son ton le plus encourageant.
Et il fit signe au joueur d'orgue, qui recommença la valse du Petit Bleu. L'assistance fredonna le refrain, qui était alors célèbre ; un décime tomba.
— Plus que quinze ! cria Mulot, pendant que le musicien, sans se soucier de la mesure, tournait sa manivelle à tour de bras; mais il s'arrêta net, l'hercule lui avait fait un signe.
— Pour activer l'opération, reprit Mulot, vous me permettrez de faire le tour de la brillante assistance.
II saisit sasébille et la tendit ; il récolta trente centimes. Quand il arriva devant La Limace, celui-ci gonfla ses joues, haussa une [épaule et rendit ses jambes cagneuses pour ne pas être reconnu.
— Il manque encore douze sous, prétendit Mulot, qui trichait sans la moindre vergogne... AlloDfs ! Il ne sera pas dit que, dans un quartier aussi
! favorable aux arts, on rechignera pour arriver à la pièce blanche.
— C'est trop ! fit La Limace d'une voix de ventriloque. Mulot bondit.
— C'est trop I répéta-t-il... Eh bien ! j'offre vingt francs à celui qui [cassera le pavé à ma place.
— Ça y est! répondit Eusèbe.
Et il s'avance tout bossu, tout bancal, tout tordu, surexcitant la curio- , site narquoise de l'assistance et stupéfiant Mulot.
— Aboule le sig, dit-il à l'hercule.
— Comment ! balbutia Mulot, que la terreur commençait à envahir, .tu veux le louis avant d'avoir réussi?
— Je suis sûr de mon affaire.
La Limace saisit le pavé, le souleva et allait le projeter rudement sur lie sol.
Mulot l'arrêta.
— Qu'est-ce que tu fais là?
— Eh bien ! je vais casser le pavé d'un seul coup... C'est ce que tu a; dit tout d'abord.
La galerie fut en liesse.
— Bravo, le tortillard ! Bravo, le bombé !... Allume ! allume !
Cela ne faisait pas l'affaire de l'irascible Mulot ; il allait empoigner rudement l'intrus, quand La Limace se redressant un peu et se tournant de trois quarts vers son ami, laissa tomber ce mot d'une éloquence toute particulière :
— Fourneau 1
Alors seulement. Mulot reconnut Eusèbe Rouillard et eut un grand geste d'ébahissement, pendant que ledit Eusèbe regagnait sa place et fournissait cette justification à la foule :
— J'ai voulu voir si son pavé n'était pas en pain d'épice, comme ceux du père Lapêche.
L'allégresse générale redoubla et les sous tombèrent bientôt avec un ensemble qui rassura les premiers souscripteurs. Mulot, tout joyeux, s'attendant à voir sa fortune prendre une face nouvelle, expédia son tour. La main enveloppée d'un mouchoir, il frappa à faux sur le grès qui se fendit en deux.
Pendant qu'on applaudissait, l'hercule ayant terminé sa grande représentation, enfila un misérable veston et coiffa une casquette graisseuse qu'il s'enfonça jusqu'aux oreilles.
Le musicien ramassait le matériel, qu'il était chargé de transporter en lieu sûr, son cachet l'obligeant à cette dernière corvée, qui le faisait suer à grosses gouttes.
— Ah ! mon vieux poteau ! s'écria Mulot en pressant joyeusement les mains d'Eusèbe Rouillard.
— Comme on se retrouve, hein ! fit non moins joyeusement La Limace.
— Quelle veine !
— Je me disais bien aussi que je finirais par remettre la patte sur un aminche.
— Et un vrai !
Ils furent bientôt installés à une table de marchand de vin, dans un cabinet.
Le garçon demanda ce qu'il fallait servir à ces messieurs.
— Un demi-setier d'eau-de-vie, commanda La Limace, après nous verrons.
Mulot fit mine de compter sa recelte ; d'un geste noble, Eusèbe l'arrêta.
— C'est moi qui casque, dit-il.
^- Non ! protesta Thercule ; tu es sur le trimard et moi je viens de turbiner.,. Il y aura de quoi déjeuner.
Eusèbe frappa sur son gousset, qui rendit un son argentin, et repartit de son ton le plus gouailleur:
— Je ne me nourris pas avec des pavés, moi ! J'ai l'estomac plus délicat. Mulot, un peu humilié, répliqua :
— Que veux-tu, on ne se met pas toujours ce que l'on voudrait sous la dent.
Il eut un regard un peu mélancolique et désabusé.
— Non, mais vrai, ce que je me gondolais, reprit La Limace, en t'entendant faire ton boniment aux pantes...
— Il y avait de quoi, soupira l'hercule.
— Je me disais : Voilà un garçon à la hauteur, qui a tout ce qu'il faut pour être rupin... A quoi s'amuse-t-il ? Je vous le demande.
— Faut bien boulotter.
— Tu es donc fauché ?
— Ne m'en parle pas! Depuis six mois je suis sur le tas.
— Il est temps que j'arrive pour te ramasser.
— Ma foi, prononça Mulot, j'étais en train de me demander si je ne ferais pas mieux de m'attacher mon moellon au cou et de piquer une tête dans la lance.
— Ton moellon... Ah malheur! ce n'est pas comme ça qu'il faut être moelleux... C'est en reprenant les flambeaux qui nous ont toujours réussi, chaque fois que nous avons fade.
Cette évocation des jours fortunés, jointe aux premiers eff'ets de l'alcool, alluma une étincelle dans les yeux chagrins de l'hercule.
— Tu sors du plan ? demanda-t-il.
— Pas le moins du monde... Tu ne m'as donc pas regardé? Est-ce que j'ai la frime d'un mec qui radine de Poissy?
— Le fait est que tu es reluisant.
— J'ai été faire un tour en province avec Fifi.
— Zéphyrine ! s'écria Mulot avec expansion, elle est toujours avec toi?
— Eh bien! mon vieux, je crois qu'elle chercherait longtemps pour me remplacer avantageusement... On n'est pas joli, joli, mais on n'est pas une tourte... On ne fait pas les poids.
— Tu as raison de me chiner... Seulement, tu ne m'aurais pas rencontré si j'étais resté dans ma turne.
— Ça, c'est vrai !
— Une tient qu'à toi de me remettre dans le droit chemin.
— Je ne dcmamle pas mieux, réponclitLa Limace de son air bon enfant, cependant faudrait savoir si tu es toujours d'attaque.
Mulot montra ses bras robustes.
— C'est déjà quelque chose, je n'en disconviens pas, fit Eusèbe ; mais il faut que tu m'expliques pourquoi je te trouve dans une débine aussi noire.
— Yoilà : Tu as disparu subitement, je me suis trouvé tout désorienté. . . J'ai essayé un coup avec Polyte de la Glacière, Julot de la Villelte et Bastien de Montparnasse...
— Les quatre mousquelaires, quoi! goguenarda La Limace.
— Tu me croiras si tu veux, mon vieux, il n'y a pas eu moyen de marcher quinze jours... Il a fallu que je tape dessus pour avoir ma pari... J'ai cassé une quille à Polyte et unbrasà Julot...
— Et Bastien ?
— J'y ai bouffé le nez.
— Encore une drôle de nourriture !
— Après, j'ai voulu en donner une secousse avec le Rouquin de la Gaîté; il s'est fait paumer par la rousse du premier coup... Et puis j'ai eu affaire à un tas de gourdes... Tu comprends si je te regrettais, toi qui n'entreprends jamais rien à la flan... Si bien que de fil en aiguille, j'ai été forcé de demander un condé pour travailler, comme tu m'as vu tout à l'heure... Yoilà pourquoi tu as trouvé mézig dans la purée.
— Ah ! ma pauvre vieille ! fit La Limace, j'en ai la larme à l'œil... Seulement, en fait de purée, nous allons nous en appuyer une, avant de casser la croûte.
— T'es donc vraiment au sac?
— Probable ! répondit Eusèbe avec des effets d'homme arrivé en face d'un pauvre diable resté en route.
Il frappa sur la table et commanda deux absinthes.
— Pas trop, fit l'hercule en retenant la main du garçon qui s'apprêtait à verser.
La Limace eut un petit geste d'ébahissement ; la sobriété relative de son compagnon le surprenait, mais il pensa tout de suite à en tirer un résultat pratique :
— Mets-moi dans mon verre ce que tu aurais mis dans celui du camarade, dit-il.
Puis, s'adressant à Mulot :
— Alors, quoi ! tu n'as pas môme le courage de te rincer la dalle?
— Je ne suis plus porté là-dessus.
— Vrai! tu m'épates... Allons, voyons! secoue-loi un peu... ne reste pas affalé !
— Ne m'esbrouffe pas, supplia l'alcide... Parie-moi en camarade.
— C'est que je n'en reviens pas! Un gars solide comme toi!... Tu n'as donc plus de sang?
— Si, mon vieux, seulement il était temps que je te retrouve.
— Non, mais, je ne peux pas encore m'y faire... Un lascar comme ça!... Moi je suis petit, mais au moins, j'ai du nerf.
L'œil. de l'hercule s'alluma de nouveau.
— Ne crois pas que je bouderais devant la besogne, tu sais.
— On verra ça! Bien sûr que si tu devais rester toujours aussi estomaqué, je ne voudrais plus rien savoir de ce qui te concerne... Ça me contrarierait, parce que je n'ai jamais eu d'aminche plus solide au poste... dans le temps.
— On s'y remettra.
— Faut l'espérer, Mulot...
La Limace le regarda et se mit à rire.
— Ça commence à aller mieux... T'as déjà l'air moins sufToc[uc.
— Ce n'est pas tout ça, reprit l'hercule, est-ce que tu m'embauches ?
— Je vas en parler à Fifine.
— Oîi perches-tu ?
— Chez Courgibet, à Levallois... Tu viendras demain m'y voir. Mulot se frotta la tête avec un certain embarras.
— C'est que, dit-il, j'ai une ardoise chez lui.
— Tiens ! il ne m'en a pas parlé... Il a peut-être oublié. Le colosse parut se rassurer un peu.
— Tu crois ?
— En tout cas, tu n'as pas besoin de t'épater... Je lui dirai un mot... C'est rigolo ! il m'avait affirmé que je ne retrouverais plus personne à Paris... Je te répète qu'il t'avait oublié.
— Quand est-ce que nous allons recommencer à turbiner?
— Ça dépend de toi.
— De moi !
— Bien sûr... Depuis que je suis rentré, j'ai eu à m'occuper d'affaires de famille... Mais toi, tu es trop débrouillard, ou tu l'étais trop autrefois, pour ne pas avoir tiré quelques plans.
Mulot répliqua nettement, comme un gaillard qui tient à se réhabiliter:
— C'est vrai !
Le casseur de pavés n'était plus abattu; La Limace l'avait réconforté; il sentait revenir en lui l'audace du malfaiteur qui va se remettre en campagne.
Son œil s'emplissait de visions de rapines et de meurtres.
Eusèbe Rouillard, tout en buvant, observait ce changement de physionomie et s'en applaudissait.
11 retrouvait Mulot, un garçon un peu dur à mettre en train, mais
qu'on avait toutes les peines du monde à retenir quand il était dans la bagarre.
La Limace concevrait et Mulot exécuterait. Ils partageraient loyalement les bénéfices, ils s'étaient toujours fort bien entendus, fraternellement, déclarant tous les deux que l'honnêteté dans le travail était une certitude de réussite.
Ces deux gredins avaient une bonne toi aussi stupéfiante que réciproque.
Castor et Pollux du bagne, ils ne formaient pas une exception si extraordinaire qu'on le croirait, dans le monde du crime.
— A la bonne heure l reprit Eusèbe Rouillard avec joie, je te retrouve enfin !... Tu vas rattraper le temps perdu... Quand on est dans la mistoutfe, vois-tu, faut jamais jeter le manche après la cognée... Allons ! jaspine un peu... Dans quel quartier as-tu nourri le poupard?
— C'est loin!... répondit Mulot.
— En province?
— Dans le Calvados.
— Sacré farceur, va! nous qui arrivons de la Normandie... Tu ne pouvais pas nous prévenir?
— Est-ce que je savais, moi ?
— -Va toujours.
— Ça ne te déplairait pas d'y letourner?
— S'il y a réellement à faire, ça me botte... Dans le temps, quand j'avais les illusions de la première jeunesse, je m'imaginais qu'on ne pouvait pas grinchir en dehors des barrières... J'ai reconnu depuis que,^ pour des mecs à la redresse, la campagne n'était pas à dédaigner tant que ça... D'abord, il y a moins de concurrence... Le tout, bien entendu, côiïSTfeté'â'nè pas -y êfreTle son voyage.
— Sois tranquille !
— C'est gentil tout de même de ta part de m'avoir attendu... Tu ne te sentais pas de force tout seul ?
— Le morceau est trop gros.
— Même pour un hercule !
— Tu le verras quand tu y seras.
La Limace, bien qu'il n'eût pas à renouveler ses conditions d'association avec Mulot, voulut néanmoins qu'aucune équivoque ne subsistât.
— Dis donc, fit-il, est-ce que tu crois qu'il y aura du raisiné ?
— C'est possible, répondit tranquillement l'hercule.
Et il ajouta, lui aussi, pour bien établir la division du travail :
— Je m'en charge.
— Ce n'est pas que je canerais, s'il le fallait.
— On le sait.
Carmen était étendue sur le parquet, ^l'aye 658.)
— Mais ta poigne est plus solide que la mienne pour manier cet instrument-là.
— Ne te fais pas de bile, pour scionner, linguer ou suriner, je ne confierai la besogne à personne.
— ïu as raison, Mulot, on n'est jamais si bien servi que par soi-même.
— Quand partons-nous?
— Demain, si tu veux.
Et les deu.x complices retrouvés vidèrent leurs verres, après les avoir choque's l'un contre l'autre, en signe d'accord parfait.
Toi LES DI-UX GOSSES.